Film d'ouverture du FNC, La guerre est déclarée, magnifique ovni autobiographique de Valérie Donzelli, raconte de façon exceptionnelle le parcours de jeunes parents face à la maladie de leur fils.

Il y a quelques années, alors qu’ils formaient un couple à la ville, Valérie Donzelli (La reine des pommes) et Jérémie Elkaïm ont traversé une terrible épreuve. De fait, leur fils, à qui le film est dédié, souffrait d’une grave maladie. S’inspirant de cette expérience, Donzelli porte audacieusement à l’écran leur histoire. À tous ceux qui seraient tentés de tourner le dos à ce récit d’un bébé, Adam (César Desseix), atteint d’une tumeur cancéreuse au cerveau, sachez que La guerre est déclaréeest tout sauf un sombre drame impudique.

Tourné avec un appareil photo, à l’exception de la jolie scène finale en 35 mm, La guerre est déclarée emprunte au mélo, au cinéma vérité, à la comédie romantique, à la comédie dramatique et même à la comédie musicale. Eh oui, à mi-parcours, le couple Donzelli/Elkaïm, ici nommé Roméo et Juliette, se chantent la pomme avec les mots de Benjamin Biolay. Si cela surprend sur le coup, on se laisse presque aussitôt bercer par cette douce trêve en pleine guerre contre le cancer où le charabia des médecins (Béatrice De Staël, Anne Le Ny et Frédéric Pierrot) inquiète plus qu’il ne rassure.

D’une main de maître, Donzelli orchestre le tout sans jamais que les différents genres s’entrechoquent ou nuisent les uns aux autres. Au contraire, le film passe de l’un à l’autre avec tant de grâce, avec un ludisme si vivifiant qu’on ne peut que se laisser emporter dans ce tourbillon tonique raconté à la manière d’un conte urbain par trois narrateurs complices (Philippe Barassat, Pauline Gaillard et Valentine Catzéflis).

Et l’émotion dans tout cela? Toujours au rendez-vous, qu’elle soit en retenue ou à fleur de peau, elle nous frappe en plein coeur dès ce premier plan à l’hôpital. Si on a souvent la gorge étreinte ou la larme à l’oeil, cela ne veut pas dire que l’on ne sourit jamais ou qu’on n’éclate pas de rire par instants devant le cocasse de certaines situations, la justesse des répliques spirituelles ou la fantaisie conquérante de l’ensemble. Film au sujet douloureux, La guerre est déclarées’avère avant tout une éclatante histoire d’amour porteuse d’espoir à laquelle on ne peut résister.

Le 13 octobre, à 19 h, au Cinéma Impérial
Dans le cadre du FNC

En salle le 14 octobre

À voir si vous aimez /
50/50 de Jonathan Levine, Un heureux événement de Rémy Bezançon, Les chansons d’amour de Christophe Honoré


Voyez notre couverture du festival au www.voir.ca/fnc-2011

À mort la mort Critique par Voir - . Cote: 4

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