Jusqu’au 23 octobre, la fête se poursuit en beauté au 40e Festival du nouveau cinéma. Quelques recommandations.

Alors que le mouvement Occupy Wall Street appelle des milliers d’indignés à se mobiliser dans le monde entier pour dénoncer l’impunité des banques, le FNC propose un film inspiré d’un violent fait divers. Dans De bon matin, de Jean-Marc Moutout, l’excellent Jean-Pierre Darroussin incarne un employé de banque qui abat froidement deux de ses supérieurs (Xavier Beauvois et Yannick Renier) après que ceux-ci l’eurent humilié sournoisement. Construit en flashbacks, ce drame qui donne froid dans le dos offre une vision clinique d’un milieu impitoyable. (20 oct.)

Cinq ans après avoir prouvé une étonnante maturité derrière la caméra avec Away from Her, Sarah Polley confirme son talent avec l’émouvant Take This Waltz. Menant une existence tranquille avec son mari auteur de livres de recettes de poulet (Seth Rogen), une jeune femme (Michelle Williams) s’éprend d’un conducteur de rickshaw bohème (Luke Kirby). Mélancolique chronique de moeurs, Take This Waltzdépeint avec une lucidité désarmante les aléas de la vie de couple. (22 et 23 oct.)

Ours d’or et Ours d’argent des meilleures interprétations masculine et féminine à Berlin, Une séparation, d’Asghar Farhadi, illustre avec un rare souci d’authenticité la classe moyenne iranienne. Après que sa femme (Leila Hatami) lui eut demandé le divorce afin de pouvoir émigrer, un homme (Peyman Moadi) est contraint d’engager une aide-soignante (Sareh Bayat) dont le mari (Shahab Hosseini) est au chômage pour prendre soin de son père. D’un point de vue dénué de jugement, Farhadi fait du spectateur le témoin privilégié du système judiciaire, de la vie quotidienne et de la place de la religion en Iran, en plus de lui présenter des personnages féminins courageux et déterminés. (22 et 23 oct.)

Enfin, le FNC se termine sur une note bouleversante grâce au récit d’un Algérien ayant demandé l’asile politique qui devient le remplaçant d’une enseignante de sixième année s’étant enlevé la vie en classe. Magnifique adaptation de la pièce Bachir Lazhar d’Evelyne de la Chenelière, Monsieur Lazhar, de Philippe Falardeau, s’avère une fine réflexion sur le deuil. Aux côtés du formidable Fellag, les jeunes Sophie Nélisse et Émilien Nérons’imposent avec aplomb et naturel. (22 et 23 oct.)

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  • 22 octobre 2011 · 21h27 Robert St-Amour

    À défaut d’un rendez-vous avec Lars et son « Melacholia ». tel que je le souhaitais, c’est avec Marc André-Grondin ou plutôt « Mike » que j’ai eu rendez-vous au FNC 2011. Et ce rendez-vous, je l’ai bien apprécié. Marc-André personnifie de façon convaincante un jeune homme passablement « éteint » qui avec ses amis semblent avoir, tous les trois ensemble, autant de jugement qu’une poule. Et je m’excuse ici à toutes les poules du monde. Donc, ce jeune homme vit avec son père et son jeune frère dans une petite ville d’Alsace près des frontières de l’Allemagne et de la Suisse. Sans projet d’avenir, ni ambitions, il fera des rencontres qui changeront le cours de son histoire, mais là je m’arrête.

    Dans cette histoire, Lars Blumers, nous transporte d’habile façon, de situations loufoques qui font rire jusqu’à des situations pathétiques, sinon tristes. Tous les acteurs et les actrices contribuent à nous garder intéressés, avec une mention pour la superbe copine de Mike, interprétée par Christa Theret.

    Si vous le ratez au FNC, « Mike » mérite le détour s’il s’avérait qu’on le retrouve dans une salle commerciale prochainement.

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