Vendeur (Le)

Réalisateur
Sébastien Pilote

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Après un parcours remarqué dans le circuit des festivals internationaux, Le vendeur, remarquable premier long métrage de Sébastien Pilote, atterrit en sol québécois.

Dans Le vendeur, Sébastien Pilote poursuit sa réflexion sur l’aliénation causée par le travail qu’il avait entreprise dans le court métrage Dust Bowl Ha! Ha!, où un ouvrier cherchait une raison de vivre après avoir perdu son emploi. Pour Marcel Lévesque (Gilbert Sicotte), vendeur d’automobiles veuf, fou d’amour pour sa fille et son petit-fils (Nathalie Cavezzali et Jérémy Tessier), le travail, c’est toute sa vie.

"Je voulais un personnage qui ne soit ni noir ni blanc, explique le réalisateur, qui soit difficile à juger, de la même façon qu’on ne peut dire si, en tant que consommateurs dans notre société capitaliste, on est coupables ou non. Tout le monde l’est, je pense, car on participe à la destruction, à construire le mur vers lequel on se dirige. En même temps, personne ne l’est puisqu’il faut bien travailler. Je voulais montrer que c’est difficile de changer, impossible d’imaginer le monde autrement. C’est pourquoi le vendeur ne peut concevoir la fermeture de l’usine puisqu’elle a toujours existé."

Ainsi, pendant que Marcel vend des autos en plein coeur de l’hiver, la ville traverse un marasme économique: "Je voulais montrer le côté absurde de la vente d’automobiles, le côté aliénant de notre société. Je voulais montrer un être qui fait son travail, qui est le meilleur vendeur du mois depuis 15 ans, ce qui est une absurdité, comme si le temps était figé, glacé. Je voulais montrer toutes sortes de petites absurdités, comme cette fermeture temporaire de l’usine qui dure depuis 237 jours."

Pour rendre Marcel attachant, il fallait un acteur aimable même lorsqu’il joue un personnage qui ne séduit pas au premier abord: "J’étais content de travailler avec Gilbert; il y avait quelque chose d’intéressant à aller chercher dans son personnage de Jean-Paul Belleau, à en faire un sympathique crosseur, un charmeur ratoureux. J’ai aussi pensé à la manière qu’a Yvon Deschamps de parler à la troisième personne. Selon les sondages, avec les politiciens, les vendeurs d’autos sont la pire race; les gens ne les aiment pas, le métier est mal considéré. Je me suis dit que ce serait un beau défi que de créer un vendeur d’autos auquel on va s’attacher sans pouvoir dire si on l’aime ou non."

À voir évoluer Marcel, fier comme un pape au milieu de ses coéquipiers qu’il traite avec bienveillance et de ses clients qu’il surnomme "mon ami", c’est le souvenir de toute une génération d’hommes qui, malgré la modestie de leur travail, y amenaient une part de noblesse que semble vouloir saluer Pilote.

"Les vendeurs d’autos comme Marcel sont appelés à disparaître; aujourd’hui, ils sont aseptisés, suivent des cours, ont des méthodes de vente. Je carbure à la nostalgie, pour moi, c’est une inversion en douce du deuil. Il y a quelque chose d’à la fois plaisant et douloureux. Comme disait Michael Cimino: "Faire du cinéma, c’est inventer une nostalgie pour un passé qui n’a jamais existé." C’est exactement ce que je ressens quand je fais des films", conclut Sébastien Pilote.

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Le vendeur

Redoutable vendeur de rêve et de liberté, Marcel Lévesque (Gilbert Sicotte, au sommet de son art) règne tranquillement chez le concessionnaire d’où il scrute l’horizon enneigé. Tourné dans la région de Dolbeau-Mistassini, dont les grands espaces paraissent d’une suffocante beauté devant la stagnation du personnage principal, Le vendeur s’avère le bouleversant portrait d’un homme passant à côté de son existence. En peu de mots, hormis le baratin intarissable du vendeur, et en une suite de scènes semblables à des rituels, Sébastien Pilote esquisse avec subtilité et sensibilité les difficultés économiques auxquelles font face les entreprises, et les dommages collatéraux vécus par leurs employés. Alors que le récit se développe en douceur, presque imperceptiblement, bercé délicatement par la musique de Pierre Lapointe, Pilote entretient parfaitement le suspense jusqu’au poignant dénouement.

Conte d'hiver Critique par - 2011-11-10
Cote: 4

Vendeur (Le)
Réalisateur : Sébastien Pilote

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 1

  • 15 novembre 2011 · 22h36 Clément Désilets

    Un film qui nous questionne. J’en connais plusieurs qui ont trouvé le film « plate ». Pourtant, la vie de la plupart des personnes tournent autour de leur travail comme dans Le vendeur. Le travail à la longue devient une routine comme dans Le vendeur. Pour ma part, j’ai trouvé très réaliste le film car c’est un peu la vie de monsieur ou de madame tout le monde. J’en conclue donc que ceux qui n’ont pas aimé cette réalisation ont tout simplement une vietrop monotone à leur goût.

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