Adaptation d’un roman de Jean Lemieux, La peur de l’eau met en scène un tandem de policiers tellement risible et gaffeur (Pierre-François Legendre et Brigitte Pogonat) que l’on peine à embarquer dans ce thriller de Gabriel Pelletier. Tournant autour de l’assassinat sordide d’une riche héritière tourmentée (Stéphanie Lapointe), l’intrigue, très alambiquée, apporte son lot de personnages caricaturaux, dont un inspecteur pédant de Montréal (Normand D’Amour) et une blonde fatale (Isabelle Cyr). Jusqu’à la finale, tirée par les cheveux, le public sera secoué par quelques fous rires, sans doute involontaires. À la direction photo, Nicolas Bolduc évite, en ce lieu d’une grande beauté que sont les Îles-de-la-Madeleine, l’effet carte postale. Malgré certains angles discutables, il confère par moments une atmosphère glauque à souhait. Quant au charmant accent madelinot, celui-ci change étrangement d’un acteur à l’autre…
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L’accent madelinot change dans chaque municipalité…..et les acteurs de Montréal ont très bien fait leurs devoirs….c’est impossible d’être parfait!! Entoucas c’est mon opinion de fille des Iles!! Quels angles discutables?!?
ABSOLUMENT pas d’accord avec toi Manon ! Si tu as visité les îles, les accents changent en effet d’un village à l’autre et il y a beaucoup de gens qui viennent de l’extérieur. J’ai aimé le jeux des comédiens qui faisait pour une fois différent des formules et particulièrement aimé l’intrigue de la fin qui nous tenait aller jusqu’au bout ! Faudrait peut-être dorénavant hésiter un peu avant de massacrer gratuitement un film ma belle !
Un gars qui a visité et adoré les îles !
Vraiment pas d’accord non plus…
Mme Dumais, je trouve votre critique bien injuste… J’ai adoré le film qui m’a tenu en haleine jusqu’à la fin ! Les deux acteurs principaux Legendre et Pogonat ont très bien joué les anti-héros. La beauté des paysages était à couper le souffle…
Pour une fois qu’on a deux acteurs de la relève dans des rôles principaux, pourquoi ne pas les encourager ??? On ne veut pas avoir Patrick Huard et Rémi Girard dans tous les films quand même !
Mais vous êtes une jeune critique littéraire de la relève, alors on ne vous en tiendra pas rancune, mais nuances SVP…
Adapté d’un roman revisité du docteur Jean Lemieux, ancien médecin de famille aux Îles-de-la-Madeleine, le film présente une enquête policière bien ficelée. Elle nous happe dès les premières images alors que deux patrouilleurs, un homme et une femme, sont appelés sur le lieu d’un crime. On a découvert le corps mutilé d’une cégépienne, recouvert de coquillages sales. L’épithète a son importance comme pièce à conviction pour étayer la preuve du sergent André Surprenant. Policier local qui devra remettre la conduite de l’enquête à un inspecteur de Montréal, imbu de lui-même. Le film repose sur leur dualité. Chacun de leur côté, les deux hommes s’affairent à dénouer le nœud gordien. Inutile de dire qui va emporter ce bras de fer mené à l’insu du Montréalais.
On n’a pas oublié d’introduire ce suspense fort crédible dans un cadre madelinot et humain. On a intégré les pêcheurs au cœur d’un scénario reposant sur une mer qui est l’axe du dénouement d’une histoire de jalousie. On meurt par amour dans ce film. Le ON renvoie aussi à un suicide qui est à l’origine du crime. Ces assises du film ne tournent pas le dos à la vie privée. Le sergent Surprenant est le père d’une ado invivable, dont il a la garde. Comme cœur libre, il fait l’envie de sa collègue qui met tout en œuvre pour s’en emparer. Les amours tragiques côtoient l’amour tout court, un amour bien actif dans un contexte isolant comme peut l’être un archipel. Mais curieusement, le sergent Surprenant à la phobie de l’eau, d’où le titre du film. Caractéristique ajouté inutilement au roman.
Même si le matériel est touffu, le film n’est pas labyrinthique. Au contraire, il a été tourné par laisser transparaître une quotidienneté qui évite la morbidité. Il est permis de sourire entre deux respirations.
L’œuvre se caractérise par sa sobriété. Bien enracinée dans un terreau insulaire, elle ne cherche pas à se faire carte postale. Le bât blesse plutôt au plan de l’interprétation. Stéphanie Lapointe est fort peu crédible dans son rôle de victime, sans compter que l’on met trop en exergue les personnages déplaisants dans des encadrements sombres qui ne supportent pas le suspens. Pour obtenir un effet optimal, il aurait fallu réduire le film d’une demi-heure. Mais tout de même, les deux heures passent rapidement.