Albert Nobbs

Réalisateur
Rodrigo Garcia

Bande annonce

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Glenn Close brille en discret maître d’hôtel dans Albert Nobbs de Rodrigo García.

En 1982, Glenn Close joue sur scène un rôle qui la hantera durant des années, celui d’une femme se faisant passer pour un homme dans l’Irlande du 19e siècle. Près de 30 ans plus tard, elle réalise enfin le rêve d’incarner cet énigmatique personnage sous la direction de Rodrigo García (Nine Lives, Mother and Child).

"Je rêvais de faire ce film depuis 1982! Ce qui est bien, c’est que j’ai pu améliorer mon jeu durant toutes ces années, confiait-elle en entrevue au Festival de Toronto, mais je peux vous dire que c’est le rôle le plus difficile de ma carrière. Chaque soir, je ressentais la puissance de cette histoire simple résonner parmi le public. C’était phénoménal. Comment cet étrange personnage pouvait-il toucher autant les gens? Bien qu’elle amène à réfléchir, elle a quelque chose de comique. En fait, je dirais que par sa naïveté, son ignorance de la sexualité, Albert est un clown tragicomique, comme Charlie Chaplin, dont je me suis inspirée."

L’une des craintes de Close, qui jouait le rôle sans maquillage à l’époque, était de ne plus pouvoir être crédible au grand écran: "La scène, c’est comme un plan large, alors qu’à l’écran, on plonge dans votre âme. Notre plus grand souci, c’était de savoir à quel point il fallait montrer son visage tant c’est un personnage effacé exerçant un métier où l’on doit être invisible. À Los Angeles, j’ai rencontré Matthew W. Mungle, l’un des meilleurs maquilleurs d’effets spéciaux. Grâce à son travail subtil, je n’ai l’air ni d’un monstre, ni d’un extraterrestre."

L’une des principales inspirations a notamment été une série de portraits de femmes albanaises travesties en hommes parue dans le National Geographic: "J’étais fascinée par ces visages et c’est ce que j’ai tenté de recréer pour Albert. On a fait plusieurs essais et la première fois que je me suis vue en Albert, j’ai pleuré; ce n’était plus moi que je voyais dans le miroir."

L’actrice conclut: "Je crois que de tout temps dans les sociétés oppressées, comme l’Afghanistan, il y a eu une tradition du travestissement. Durant la guerre de Sécession, des milliers de femmes ont combattu en soldats. Comme Albert, plusieurs femmes se sont travesties afin de survivre."

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Albert Nobbs

Libre adaptation d’une nouvelle de George Moore (et non de la pièce de John Banville), Albert Nobbs propose un portrait peu nuancé et superficiel de la société irlandaise du 19e siècle. Ainsi, des riches clients de l’hôtel où évolue cette discrète femme travestie en homme (Glenn Close, également coscénariste et coproductrice) aux domestiques, chaque être semble pétri d’hypocrisie. De facture classique, par moments lourd, ce film à costumes de Rodrigo García, qui ne possède pas la finesse d’un James Ivory, parvient à toucher grâce à la prestation émouvante de Close. Cependant, Albert Nobbs fait sourire malgré lui puisque par instants, Close, grande rivale de Meryl Streep aux prochains Oscars, et Janet McTeer, truculente en peintre hommasse, évoquent Stan Laurel et k.d. lang perdus au pays de James Joyce.

Petit homme Critique par - 2012-02-02
Cote: 2.5

Albert Nobbs

Réalisateur : Rodrigo Garcia

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