Sous la direction de Daniel Auteuil, Astrid Bergès-Frisbey plonge dans l’univers de Pagnol en devenant La fille du puisatier.

Son nom ne vous est peut-être pas familier, mais vous vous rappelez sans doute avoir vu son gracieux minois aux pommettes saillantes dans Un barrage contre le Pacifique, de Rithy Panh, où elle incarnait la fille d’Isabelle Huppert, ou encore dans Pirates of the Caribbean: On Stranger Tides, de Rob Marshall, où elle jouait une sirène farouche. Entre ces deux aventures pour le moins différentes, Astrid Bergès-Frisbey s’est retrouvée dans le Midi où, sous la direction de Daniel Auteuil, elle a pu revisiter un personnage qu’elle avait exploré le temps d’une scène lors de ses études en théâtre.

"C’était la toute première scène que j’ai jouée, se souvient la jeune actrice rencontrée à Paris. Pour moi, c’était génial d’avoir la possibilité de m’exprimer à nouveau dans ce rôle, de le retravailler, car j’avais un souvenir désastreux de ce passage sur les planches. C’était aussi pour moi un bonheur parce que j’adore la langue de Pagnol."

Celui dont l’immense talent a été révélé grâce à son interprétation d’Ugolin dans le magnifique diptyque de Claude Berri Jean de Florette et Manon des sources s’est tourné naturellement vers Pagnol pour sa première réalisation. Au dire de celle qu’il a choisie pour prêter ses traits à La fille du puisatier, l’expérience fut concluante: "Daniel, c’est quelqu’un qui est tellement humble, qui va douter de ses capacités. Et puis d’un seul coup, il a pris le film à bras-le-corps. À partir du moment où il s’est explosé dans le rôle du puisatier, il a réussi à prendre les rênes en main. J’étais super admirative parce qu’il a absolument tout choisi dans le film: ses plans, ses acteurs, son montage, etc.

"Daniel a mis beaucoup de lui, de son histoire dans chacun des personnages. Il y a plein de situations qui lui rappelaient des choses de son enfance. Ça lui sortait des tripes de raconter cette histoire. Daniel s’est éclaté. Il se disait qu’il ne pouvait s’arrêter comme ça et qu’il allait s’ennuyer à ne faire que l’acteur. J’ai halluciné sous l’énergie qu’il donnait, quoi. Il était absolument partout. Il portait toute l’équipe comme un vrai chef d’orchestre. Le virus s’est introduit par intraveineuse tout au long du film. Là, ça y est, il est contaminé!" conclut Astrid Bergès-Frisbey.

Les frais du voyage à Paris ont été payés par Unifrance.

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La fille du puisatier

Fille chérie du puisatier (Daniel Auteuil), Patricia (Astrid Bergès-Frisbey) est courtisée par l’humble camarade de ce dernier, Félipe (Kad Merad), mais en pince pour Jacques (Nicolas Duvauchelle), le fils des bourgeois Mazel (Sabine Azéma et Jean-Pierre Darroussin). D’un charme suranné, voire anachronique, La fille du puisatier a de quoi ravir les nostalgiques de Pagnol, mais on aurait souhaité un tantinet de modernité sous le soleil du Midi… Dans les rôles créés par Raimu et Fernandel, Auteuil et Merad, qui parlent parfaitement "avé l’assent", s’avèrent savoureux et pittoresques à souhait. Dirigeant avec doigté ses acteurs, Auteuil propose une mise en scène très sage et enchaîne de jolies images d’Épinal à la gloire de Pagnol. On ne peut nier la sincérité de l’entreprise, mais la sincérité ne fait pas nécessairement de grands films.

Parfum du passé Critique par - 2012-02-02
Cote: 2.5

Fille du puisatier, La
Réalisateur : Daniel Auteuil

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