Mesnak

Réalisateur
Yves Sioui Durand

Bande annonce

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Avec Mesnak, Yves Sioui Durand livre un premier long métrage de fiction québécois entièrement produit par des autochtones.

C’est dans la foulée des premières représentations de sa pièce Hamlet-le-Malécite, qu’il a coécrite avec Jean-Frédéric Messier et présentée à l’été 2004, qu’Yves Sioui Durand a vu poindre à l’horizon la possibilité de passer à la réalisation de films de fiction: "Mais avant de faire la transition, raconte l’homme de théâtre, il me fallait acquérir de nombreuses connaissances sur la mécanique cinématographique et les possibilités de son langage. J’ai fait de nombreuses formations aux États-Unis, mais c’est surtout ma rencontre avec Robert Morin et Louis Hamelin, qui m’ont assisté dans l’adaptation de ma pièce, qui a été capitale pour ma transition vers le cinéma."

À l’image de la pièce, le film met en scène un jeune autochtone (Victor Trelles Turgeon) coupé de ses racines qui s’engage dans une quête identitaire lorsqu’il est appelé à la rescousse de sa mère (Kathia Rock), qui est sur le point d’épouser le meurtrier (Marco Collin) de son mari et dont il ne se souvient pas, lui-même ayant été adopté à l’âge de trois ans par des Blancs de la ville. Sur son chemin, il fait la rencontre d’Osalic (Ève Ringuette), une jeune Amérindienne qui rêve de quitter sa communauté et de se lancer sur les traces de ses ancêtres.

À travers ce parcours classique, Yves Sioui Durand aborde de nombreuses problématiques sociales qui touchent à la condition autochtone contemporaine et qui, espère-t-il, seront mieux reconnues à travers la fiction: "C’est pour cette raison que je n’ai pas voulu composer le portrait d’une communauté réelle, explique-t-il. Quand on passe à la fiction, c’est qu’on est capable de symboliser notre monde et de briser nos tabous."

"En ce sens, poursuit-il, mon passage au cinéma est un geste de résistance. Le cinéma est, historiquement, hanté par les Amérindiens. Le cinéma américain, surtout, a contribué à fabriquer un mythe qui est venu occulter complètement la réalité. Il faut sortir le cinéma amérindien de la marge tout en gardant cet esprit de résistance et de lutte qui nous permettra de déboulonner le mythe et de le réactualiser. Mesnak est peut-être le premier film autochtone québécois de fiction, mais il ne faut absolument pas qu’il soit le dernier."

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Mesnak

Même s’il aborde des problématiques sociales importantes et qu’il marquera l’histoire du cinéma québécois pour avoir été le premier long métrage entièrement produit par des autochtones, Mesnak demeure une proposition cinématographique aussi inégale que maladroite. Le manque de maîtrise et d’expérience d’Yves Sioui Durand se ressent à travers chacun des cadres qu’il a composés, et leur assemblage subséquent est d’une inconséquence si flagrante qu’il semble pratiquement improvisé. Reste le texte, que l’on devine chargé d’une sincérité et d’une justesse qui dépassent largement son interprétation, tantôt maladroite, tantôt franchement pénible, et qui donne lieu à de multiples ruptures de ton dont le film ne se remet jamais. Une tentative honnête, certes, mais entièrement insatisfaisante, qui rappelle que le cinéma est un art plus complexe et difficile à maîtriser qu’il ne le paraît.

Lutte et résistance Critique par - 2012-02-16
Cote: 1.5

Mesnak

Réalisateur : Yves Sioui Durand

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  • 2 mars 2012 · 15h21 Audrey

    Je joins ma parole à celle de ceux qui trouvent que le film aurait dû porter sur des aspects un peu plus positifs de la réalité des autochtones d’aujourd’hui. Bon, j’ai quand même su apprécier cette fenêtre ouverte sur leur univers tissé de drames et de détresse, puisqu’il ne faut pas nier les faits, mais il me semble qu’il y aurait des choses plus belles, plus touchantes et plus inspirantes à montrer au cinéma pour parler des Indiens de notre belle province, que de ramener sans cesse à la surface le négatif. Dans cette ligne de pensée, il faudrait peut-être songer davantage à ceux qui connaissent peu de chose sur les Améridiens ou qui les découvrent pour la première fois; pour un premier contact, ou pour une première impression, on repassera !!! Une méchante claque dans la face….! Je pense qu’il faudrait se décider enfin à focusser davantage sur le positif si on veut aider ce peuple à se défaire des étiquettes qu’on lui a collées et qu’il traîne derrière lui depuis des lustres…

    Honnêtement, aller « immortaliser » la misère des Premières Nations dans un film qui se voulait être le premier film autochtone fait par des autochtones, n’est-ce pas enfoncer encore plus profondément la stigmate défavorable ? N’est-ce pas, en d’autres mots, chercher à se définir (encore) à travers une éternelle douleur qui n’est que la conséquence d’événements historiques qui n’ont rien à voir, selon moi, avec toutes les vraies raisons qu’on peut avoir d’être fier d’être un Indien ???

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