Plus romantique que politique, Luc Besson raconte les années en résidence surveillée d’Aung San Suu Kyi et son histoire d’amour avec son mari dans The Lady.

Nikita, Leeloo, Jeanne d’Arc, Adèle Blanc-Sec, Aung San Suu Kyi: qu’elles soient issues de son imagination ou bien réelles, les femmes d’action sont omniprésentes dans l’univers de Luc Besson. "J’ai l’impression d’aimer les femmes et de les respecter à leur juste valeur. Au cinéma, on donne souvent de beaux rôles aux hommes et peu aux femmes. J’ai l’impression d’être un réalisateur équitable. On dit toujours le sexe fort et le sexe faible; moi, je suis assez intéressé par les forces du sexe faible et les faiblesses du sexe fort."

Pour la première fois dans sa prolifique carrière, c’est une actrice, Michelle Yeoh, qui a offert à Luc Besson un sujet sur un plateau d’argent, celui de raconter la vie d’Aung San Suu Kyi, activiste birmane opposée à la dictature militaire dans son pays.

"Je me suis senti investi d’une mission, se souvient-il au bout du fil. Il n’y avait aucun espoir, quand on a démarré le film, de la voir libre un jour. Elle était enfermée dans sa maison depuis 11 ans, on n’avait aucun moyen de contact, elle était dans un régime militaire très, très dur. On avait la mission d’être honnête, d’essayer de respecter la vérité au maximum sans y avoir accès. On se devait d’être vigilant en permanence."

Malgré le rôle politique que joue, depuis la fin des années 80, Aung San Suu Kyi, qui fut libérée pendant le tournage, The Lady se concentre surtout sur la vie intime et familiale de celle qui perdit son père, le général Aung San, à deux ans.

"C’est avant tout une grande histoire d’amour. On connaît l’image d’Aung San Suu Kyi comme leader politique, femme forte et assez dure, mais peu de personnes savent comment elle est devenue la femme qu’elle est aujourd’hui. Ce qui m’intéressait, c’était de la comprendre de façon émotionnelle."

Assignée à résidence par la junte birmane pendant plus d’une quinzaine d’années, la Dame, telle que la surnomme son peuple, fut entourée d’un climat de violence. Or, celle-ci se révèle assez peu présente dans The Lady.

"Elle n’a pas été édulcorée, se défend Besson. Ce qui m’importait, c’était de montrer que la junte birmane est violente. Il y a donc quelques scènes dans le film où l’on montre la violence que ces militaires ont en eux. Or, le film est vraiment sur Aung San Suu Kyi, ce n’était donc pas la peine d’en rajouter. On prenait le risque, en en rajoutant, de se faire taxer de partisanerie. Il fallait juste trouver le bon équilibre."

Film tourné en Angleterre et en Thaïlande, la réalisation de The Lady n’a certes pas été de tout repos pour Luc Besson et son équipe. Toutefois, celui-ci ne regrette rien: "Pendant le tournage, j’étais persuadé qu’un jour ou l’autre, on allait apprendre sa mort. En même temps, je pense qu’elle est immortelle, comme son père. On a bien fait de faire ce film, qui circule partout dans le monde et qui détient le record de toute la piraterie possible en Birmanie."

ooo

The Lady

Il y a fort à parier que les amateurs d’histoire et de politique demeureront sur leur appétit devant The Lady de Luc Besson. De fait, le scénario de Rebecca Frayn met plutôt l’accent sur la relation entre Aung San Suu Kyi (digne et gracieuse Michelle Yeoh, totalement investie dans son personnage) et son mari, Michael Aris (David Thewlis, d’une grande sobriété). En résulte donc un drame domestique où les personnages passent beaucoup de temps au téléphone à s’inquiéter l’un pour l’autre, davantage qu’un réel condensé des activités politiques de la lauréate du prix Nobel de la paix. Saluons toutefois Luc Besson d’avoir réussi à donner un souffle épique à ce drame romantique en temps de guerre et d’avoir maintenu une tension palpable du début à la fin.

La prisonnière de Rangoun Critique par Voir - . Cote: 2.5

Lady, The
Réalisateur : Luc Besson

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  • 2 octobre 2012 · 14h39 Normand Parisien

    La Dame (The Lady) est un film abordant la répression d’une junte militaire en Birmanie. Les forces démocratiques (les bons) s’opposent aux militaires (les méchants) dans ce film classé pour tous. Basé sur des évènements véridiques, le réalisateur Luc Besson nous offre son histoire sous la forme d’une cellule familiale qui se retrouvera séparée par des milliers de kilomètres. C’est très français comme présentation, car le cinéma américain aurait abordé ce sujet différemment.

    L’histoire est touchante d’un point de vue humain, mais les évènements politiques sont plus accessoires. Ces militaires ont la gâchette facile, le père de cette dame (Aung San Suu Kyi), qui est séquestrée à résidence (11 ans), a été éliminé suite à un coup d’état sanglant. Si elle reste en vie, c’est pour éviter d’en faire une autre martyre, comme son père, les généraux voulant éviter d’en faire une icône, comme cela a été le cas avec Che Guevara, sur un autre continent. C’est à classer dans les films répertoires. Mon évaluation : ***

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