65e Festival de Cannes : Moretti en autarcie
Cannes 2012

65e Festival de Cannes : Moretti en autarcie

Le redoutable Nanni Moretti préside le 65e Festival de Cannes. Qui trouvera grâce à ses yeux? Audiard? Haneke? Kiarostami? "Vous n’avez encore rien vu", dirait Resnais…

Au moment où paraîtront ces lignes, le 65e Festival de Cannes battra déjà son plein. Moonrise Kingdom, où Bill Murray croise Bruce Willis, de Wes Anderson, aura peut-être séduit les festivaliers lors de la soirée d’ouverture. Après tout, Première et Studio Ciné Live lui accordent quatre étoiles… À la conférence de presse du jury, Nanni Morettiaura sans doute mis le parterre de journalistes dans sa petite poche avec son esprit caustique.

Plus encore, l’un des films les plus attendus aura déjà eu son moment de gloire: De rouille et d’os de Jacques Audiard, lauréat du Grand Prix du jury en 2009 pour Un prophète. Dans ce mélo que l’on dit puissant, l’oscarisée Marion Cotillard affronte le grand espoir du cinéma flamand, le formidable Matthias Schoenaerts, découvert dans le percutant Bullhead de Michael R. Roskam. Les deux magazines ci-haut mentionnés lui ont attribué cinq étoiles. Décidément…

On attend aussi avec impatience Reality de Matteo Garrone, celui qui remporta le Grand Prix en 2008 pour Gomorra, saisissante incursion dans la mafia napolitaine. Cette fois-ci, il s’intéresse à la téléréalité à travers le destin d’un poissonnier de Naples (Aniello Arena) qui devient star du petit écran.

Dans cette 65e édition du plus glamour des festivals, on remarque qu’il n’y a pas que le président qui ait remporté une Palme d’or (La chambre du fils, 2001). De fait, s’y retrouvent The Angels’ Share de Ken Loach (The Wind That Shakes the Barley, 2006), Au-delà des collines de Cristian Mungiu (4 mois, 3 semaines, 2 jours, 2007) et Like Someone in Love d’Abbas Kiarostami, qui dut partager en 1997 sa Palme pour Le goût de la cerise avec L’anguille de Shohei Imamura. Cette année-là, le juré Moretti aurait tassé la présidente Adjani…

Celui qui a hors de tout doute provoqué le plus grand choc dans les dix dernières années avec Caché en 2003, mais remporta la Palme en 2009 avec Le ruban blanc, Michael Haneke, est de retour avec Amour, mettant en vedette Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Riva et Isabelle Huppert. On raconte que son plus grand rival serait le vénérable Alain Resnais, lauréat du Grand Prix en 1980 pour Mon oncle d’Amérique et Prix exceptionnel en 2009 pour Les herbes folles, qui propose Vous n’avez rien vu. Une compétition qui s’annonce palpitante.

Jusqu’au 27 mai