Grand Rail d’or à la Semaine de la critique, Hors les murs, de David Lambert, raconte une passion fulgurante entre deux musiciens.
Peu de temps après avoir été hébergé, une nuit de beuverie, par Ilir (Guillaume Gouix), séduisant barman et bassiste albanais, Paulo (Matila Malliakaris), jeune pianiste vivant avec sa petite amie couturière (Mélissa Désormeaux-Poulin, émouvante), abandonne tout pour se consacrer à son nouvel amour. Grand Rail d’or à la Semaine de la critique, ce premier long métrage de David Lambert (scénariste de La régate de Bernard Bellefroid) étonne par la justesse et le naturel avec lesquels il raconte ce coup de foudre entre deux hommes aux univers diamétralement opposés.
De fait, les scènes d’intimité entre Ilir et Paulo sont tour à tour torrides, sensuelles et d’une cocasse tendresse. Ainsi, après le désir brûlant, les nuits blanches, la routine s’installe doucement, Paulo réclamant de l’attention avec une moue enfantine tandis qu’Ilir, tentant de travailler, le regarde, mi-amusé, mi-exaspéré. Le couple prend ses habitudes, puis met du piment dans sa vie en se rendant au sex-shop, où travaille un énigmatique caissier d’âge mûr (David Salles). Si l’on a envie de suivre ce nouveau couple, avec ses hauts et ses bas, on n’embarque plus lorsque Lambert transforme ce huis clos romantique en drame carcéral.
Non pas que l’on refuse la rupture de ton, après tout, la vie du couple est complètement chamboulée, mais ce qui faisait la force de Hors les murs au premier acte ne fonctionne tout simplement plus. Hors de la chambre à coucher, les personnages semblent dépouillés de leur substance et peu nous chaut de savoir l’issue de leur passion.




