Michel Côté fait revivre le policier Pierre Gauthier sous la direction de Luc Dionne dans la suite cinématographique de la série-culte des années 90 Omertà.
En janvier 1996, deux personnages charismatiques, le policier Pierre Gauthier (Michel Côté) et le parrain de la mafia Giuseppe Scarfo (Dino Tavarone), prenaient d’assaut le petit écran dans l’inoubliable série policière Omertà , créée par Luc Dionne et réalisée par Pierre Houle. Portée par l’électrisante trame sonore de Michel Cusson, Omertà allait tenir les spectateurs en haleine pendant trois saisons, ces derniers devenus friands des démêlés entre la police et le crime organisé.
"Dans Omertà 1, 2 et 3, ce qui était important, c’était la découverte de la vérité, le réalisme, se souvient Michel Côté. Les gens ont appris que les policiers et le crime organisé se parlaient, que le crime était vraiment organisé. À l’époque, les policiers m’avaient dit qu’ils géraient bien ça parce que le crime était organisé et qu’ils avaient peur que s’ils éliminaient complètement l’organisé, le crime étant impossible à éliminer, il resterait le désorganisé, et lui, il ne peut pas se contrôler: il n’a ni éthique, ni honneur. C’est l’enfer!"
Dans cette suite cinématographique d’Omertà , on retrouve Gauthier à la tête d’une puissante agence de sécurité. À la demande de Tanguay (Michel Dumont), son ancien supérieur, il enquêtera sur un trafic d’or dirigé par Sam Cohen (Stéphane Rousseau) pour le compte du parrain de la mafia, Dominic Fagazi (René Angélil). Alors que Gauthier avait l’habitude de rigoler avec son collègue François Pelletier (Luc Picard), près de 15 ans plus tard, l’ex-policier paraît sombre, morose.
"J’ai reconstruit la psychologie du personnage en ajoutant dans mon oeil, pour mon plaisir personnel d’acteur, une peine d’amour. Depuis la mort de Gabrielle (Brigitte Paquette), il n’a pas refait sa vie amoureuse. Il ne fait pas de blagues, il est capable de répondre de façon percutante à Steve Bélanger (Patrick Huard), il a des blondes, mais il n’est pas heureux en amour. La seule femme de sa vie, c’est sa fille (Mélissa Désormeaux-Poulin). On remarque aussi que Pierre Gauthier n’est pas de bonne humeur là-dedans, même avant que toute la merde pogne. Il est éteint et la seule chose qui le tient, c’est son agence de sécurité qui est mieux équipée que la police."
Si Gauthier a la mine triste, une fois qu’il reprend le collier, c’est bien le personnage qu’on aimait à l’époque qui refait surface: "Il y a un élément qui est l’fun pour Gauthier et qui m’intéressait aussi, qui allait aussi avec ma vie, avec moi, c’est que non seulement il accepte la mission de Tanguay, mais il ne la confie pas à des agents hyper performants issus de la police, il se la confie à lui-même. Il remet sa veste de cuir, il aime ça aller sur le terrain; le patron lâche enfin son complet-cravate. Et fuck la déontologie! On n’accepterait pas ses méthodes de la part d’autres policiers, mais parce que c’est Gauthier, on l’accepte. Malgré tout, il représente la ligne droite", conclut Michel Côté, qui aurait bien aimé poursuivre cette aventure au petit écran.
En salle le 11 juillet




