Derrière ses airs de comédie joyeusement mal léchée, Ted, premier long métrage de Seth MacFarlane, créateur de la série animée culte Family Guy, cache les schèmes archi-usés de la comédie de l’homme-enfant.
On n’est pas entré dans la salle de ciné qu’on connaît déjà l’histoire de Ted. Un homme de 35 ans (Mark Wahlberg, énergique) doit choisir entre son ourson en peluche parlant (voix de Seth MacFarlane) et sa jolie copine (Mila Kunis, à l’aise). Une intrigue qu’on a vue des centaines de fois déclinée différemment dont, récemment, dans le joli The Muppets, de James Bobin.
Ici, MacFarlane troque les marionnettes multicolores et les chansons gaies contre un seul personnage au discours au ras des pâquerettes et dont les agissements trahissent un effarant syndrome de Peter Pan: mi-trentenaire, agissant comme si chaque jour était celui de la remise des diplômes à l’école secondaire.
On pourrait rapidement s’en lasser, mais Ted, cette peluche dotée de pouvoirs humains, charme à un point tel qu’on en oublie qu’il n’est qu’images de synthèse. Une scène de bagarre particulièrement réussie entre l’ourson et Wahlberg démontre d’ailleurs tout le génie technique derrière l’équipe menée par MacFarlane.
Dommage qu’on ait voulu tourner les coins ronds quand est venu le temps de créer un scénario digne de ce nom. Si la chimie, aussi saugrenu que cela puisse paraître, opère bien au sein du trio Wahlberg-peluche-Kunis, le slapstick devient rapidement répétitif, comme si l’on avait cru bon d’étirer la sauce indéfiniment, faute de nouvelles idées.





