Dix ans à peine après le lancement de la première franchise Spider-Man, Columbia Pictures fait table rase et remet les compteurs à zéro avec The Amazing Spider-Man.
Si les priorités de Columbia Pictures avaient été artistiques plutôt que financières, sans doute aurions-nous eu droit au quatrième chapitre de la franchise Spider-Man réalisé avec justesse par Sam Raimi. Selon le scénario initial, l’acteur Tobey Maguire aurait à nouveau revêtu son costume bleu et rouge pour cette fois se frotter au terrible Vautour. Or, trouvant les délais de production trop courts, Raimi s’est retiré du projet qui a vite pris le chemin de la filière 13.
The Amazing Spider-Man débarque ainsi sur nos écrans à titre de premier film d’une nouvelle franchise lancée 10 ans à peine après celle de Raimi. En agissant de la sorte, non seulement Columbia met-elle en péril la valeur à long terme de la première série – difficile de devenir culte sans créer un effet de rareté -, mais la compagnie s’assure également de la redondance du premier tiers de ce nouveau long-métrage réalisé par Marc Webb ((500) Days of Summer) qui signe ici son premier film d’action. D’ailleurs, c’est à croire que Webb s’est inspiré du travail de Raimi tant leurs réalisations se ressemblent. Disons que nous sommes à des milles du fossé entre les Batman très sombres de Tim Burton et ceux plus bédéesques de Joel Schumacher.
Résultat: on se retape la morsure d’araignée qui transforme Peter Parker, un étudiant introverti campé par Andrew Garfield (correct), en superhéros aux pouvoirs surnaturels. On le revoit apprendre à maîtriser ses nouvelles capacités. On revit le dilemme moral soulevé par la mort de son oncle Ben. Bref, l’histoire demeure la même à quelques différences près: les personnages de Harry Osborn et Mary Jane Watson ont été évacués, alors que Gwen Stacy (personnage inventé par Stan Lee et Steve Ditko en 1965 et joué par la ravissante Emma Stone) devient la copine de Parker.
Heureusement, Marc Webb a fait ses classes, et une fois l’histoire installée, on plonge avec plaisir dans une lutte opposant Spider-Man au Dr Curt Connors (Rhys Ifans) qui a la fâcheuse habitude de se transformer en Lézard. Les répits se font rares. Quelques scènes, dont un combat épique en plein collège, et le père de Gwen, un chef de police à la recherche de Spider-Man interprété avec humour par Denis Leary, ajoutent tout ce qu’il faut d’épices pour oublier la redite et plonger avec intérêt dans ce blockbuster estival.






