En transposant Omertà au cinéma, Luc Dionne prouve que toute bonne série télé ne fait pas nécessairement un bon film.
Attendions-nous vraiment avec impatience la transposition au grand écran de la série policière culte des années 90? Honnêtement: non! Pourquoi? Parce que nous avions déjà assez vu de séries chéries se transformer en bête parodie (Charlie’s Angels, Bewitched, 21 Jump Street) ou en un long épisode laborieux (The X-Files, The Simpsons, Grande Ourse) – inscrivez ici le nom qui vous plaît – pour réellement souhaiter la résurrection d’Omertà , réalisée à l’époque par le doué Pierre Houle et scénarisée par le non moins talentueux Luc Dionne.
Or, dans cette mouture cinématographique, point de Houle à l’horizon. Et c’est sans doute ce qui est le plus regrettable dans cette galère où Michel Côté, excellent interprète du tant aimé policier Pierre Gauthier, a à peine de quoi se mettre sous la dent. De fait, dans ce carnage, l’honneur d’avoir le rôle le plus viandeux revient à Patrick Huard, qui parvient à garder sa superbe même dans les moments les plus risibles de cette intrigue tarabiscotée.
La présence de Houle derrière la caméra aurait-elle pu sauver l’entreprise? Peut-être pas, mais au moins aurait-elle pu nous faire oublier le scénario fourre-tout, où semblent s’entasser péniblement 10 épisodes, en instaurant une atmosphère oppressante, inquiétante. Rappelez-vous comment celui-ci avait fait de Montréal une ville aussi troublante que le New York d’avant Giuliani. Avec Dionne (Aurore, L’enfant prodige) aux commandes, on donne dans la pornographie immobilière: vastes lofts de luxe, grands restos chics, bureaux high-tech. Même la musique de Michel Cusson, autrefois si atmosphérique et mémorable, n’est plus que l’ombre d’elle-même.
Alors que la haute stature du digne Michel Dumont se découpe à l’écran, on se prend à rêver que d’autres personnages de la série réapparaîtront. Hélas! On ne retrouve que celui de Paolo Noël, n’ayant jamais sonné aussi faux, qui joue les seconds couteaux auprès de René Angélil, aussi expressif qu’un mannequin du musée de cire de Madame Tussaud en parrain, et Stéphane Rousseau, dont la balafre ne suffit pas à faire de lui un vrai méchant de cinéma. Quant à Rachelle Lefevre, elle touche le fond dans une pénible scène de danse se voulant langoureuse. Bref, on ne doute pas une seconde que Luc Dionne avait encore bien des récits palpitants à raconter sur le crime organisé, mais peut-être aurait-il mieux fait d’écrire un roman.


De toute évidence, la production a misé sur de gros noms, des décors et bagnoles hors de prix mais, hélas, le rythme, la fluidité, l’enchaînement et la construction de l’intrique pêchent par leur évidente faiblesse. La mafia est incarnée par deux « petits vieux » laconiques, statiques et peu convaincants. Huard, faute de subtilité, en met trop et encore davantage. Le scénario est tortueux et à la limite du vraisemblable. Et on se demande comment la belle Rachelle réussit à faire croire à Rousseau qu’elle a du désir pour cette canaille sans envergure qui n’a pas plus de charme que monsieur Angélil, de la verve. Même Michel Cusson semble ici avoir trop cherché à faire du Michel Cusson. Et toute cette affaire de liens, de double-jeu, de manipulation, ça devient risible rapidement.
Bonjour,
Je me suis tapée le film hier et quand je dis tapée c’est un doux euphémisme. J’avais hâte de le voir et je me suis confortablement installée dans le confort de mon salon afin de pouvoir en profiter au maximum….OUTCH!!!!!
Si vous souffrez l’insomnie, au lieu de prendre cette merde de médicament et bien vous avez ici de quoi vous endormir naturellement. Bonne nuit!
Quoi dire! Je voulais me faire ma propre opinion. Décevant. Scénario décousu, Grands acteurs sous employés. Petit film…