Avec Savages, Oliver Stone signe un thriller sexy, tordu et violent, mais malheureusement pas à la hauteur de Natural Born Killers.

Deux copains inséparables, Ben, ex-soldat marqué par la guerre en Irak (Taylor Kitsch) et Chon, botaniste sensible et surfeur utopiste (Aaron Johnson), partagent tout. Ils divisent les revenus liés à la vente de leur production de cannabis de qualité supérieure et vivent une relation idyllique avec la même petite amie, O (Blake Lively). Leur combine évolue rondement, jusqu’à ce que la pègre mexicaine s’intéresse à leur produit. Ces dangereux et sadiques criminels tentent par tous les moyens de convaincre les Américains de travailler pour eux, allant jusqu’à kidnapper O. Ben et Chon risquent alors leur peau afin de sauver celle de leur bien-aimée.

Adaptation du roman homonyme de Don Winslow, Savages marque un retour au thriller sexy, tordu et violent pour Oliver Stone. Un genre qu’il avait exploré avec U Turn, mais d’abord transcendé avec son désormais culte Natural Born Killers. En renouant avec un traitement cinématographique et certaines manies (caméra nerveuse, images en noir et blanc et couleurs sursaturées par endroits) qui s’apparentent aux oeuvres précitées, le cinéaste donne ainsi l’impression d’être resté coincé au coeur des années 1990. En effet, on a parfois l’étrange sentiment de se retrouver devant le True Romance de Tony Scott, voire le Pulp Fiction de Tarantino, en particulier lorsque John Travolta, cheeseburger ou sandwich à la main, se montre le bout du nez dans un bref rôle plus ou moins similaire, à la différence qu’il incarne ici un flic corrompu plutôt qu’un tueur à gages en costard.

Si le film est teinté d’un humour cynique incorporé aux dialogues inégaux, Stone désire avant tout illustrer la violence d’un monde sans pitié. Une sauvagerie digne du cinéma d’horreur, qu’il n’hésite pas à montrer explicitement. Cette brutalité est d’ailleurs véhiculée à travers de vils personnages sans aucune morale campés avec un malin (et contagieux) plaisir par Salma Hayek et Benicio Del Toro.

Habillé d’une trame sonore omniprésente où l’on passe du hip-hop à l’électro, sans négliger quelques interventions empruntées au répertoire classique (coller un extrait d’une symphonie de Brahms sur une séquence de suspense s’avère un brin pompeux, et Stone est le énième réalisateur à employer de la musique classique lors d’une scène de torture), Savages demeure un thriller énergique parvenant à susciter l’intérêt jusqu’à la toute fin, même s’il faut subir deux versions du dénouement.

Sexe, drogue et carnage Critique par Voir - . Cote: 2.5

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