Produit par l’ONF, Bydlo, court métrage d’animation de Patrick Bouchard, précédera la comédie musicale For Love’s Sake de Takashi Miike à la soirée d’ouverture de Fantasia.

Alors qu’il est en première secondaire, Patrick Bouchard, réalisateur des remarquables courts métrages d’animation Les ramoneurs cérébraux et Dehors novembre, est initié au poème symphonique par une enseignante qui propose à la classe d’écouter Bydlo, quatrième des Tableaux d’une exposition de Moussorgski.

"Bydlo, qui signifie bétail en polonais, explique Bouchard dont le film concourt pour le Prix du meilleur court métrage québécois et figure dans la Compétition internationale d’animation à Fantasia, évoque un tableau de Victor Hartmann n’existant plus. Selon Moussorgski et d’autres artistes de l’époque, ce tableau représenterait un boeuf sous le joug tirant une charrette. Dans la pièce, on entend très bien le boeuf, sa lourdeur, sa puissance, on le sent s’approcher de nous. Bref, l’évocation est très forte."

Si forte soit-elle, cela ne suffit pas à en faire un scénario consistant. D’où l’entrée en scène de la scénariste Cynthia Tremblay, tel que le lui suggère la productrice Julie Roy: "En discutant avec Cynthia, on a eu l’idée du boeuf sortant de terre; pour moi, ça a été le point tournant qui m’a donné envie de faire ce film-là puisqu’il s’agit d’un fantasme d’animateur. Il fallait ensuite trouver un sens à tout ça: la charrette, la roue, l’épaule à la roue… On peut faire toutes les connexions faciles, mais c’est relativement simple à la base; au fond, c’est une allégorie de l’homme courant à sa perte."

Toutefois, le réalisateur saguenéen fait une mise en garde: "Bydlo n’est pas un film à message, son contenu est assez clair et à partir de ça, on peut créer des liens. Ces liens, ce sont des peurs liées à des incompréhensions de notre monde, à ma paternité peut-être. Je ne veux pas dire avec Bydlo de faire attention à ce qui pourrait nous arriver – notre monde est beaucoup plus complexe que ça. Quelque part, il s’agit d’un cauchemar et c’est dans cette optique-là que je le vois et que je le sens."

Plus épuré que ses précédents films, Bydlo n’en comporte pas moins une cinquantaine de personnages, lesquels vampiriseront l’énorme boeuf s’échinant à soulever la terre. Pour ce projet, Patrick Bouchard a utilisé la plastiline, matière plus fragile, plus lourde et plus grasse que la plasticine, dont on se sert souvent pour les moulages et qui réagit différemment à la lumière et permet de préserver la trace des mains de l’animateur.

"C’était super important qu’on voie la marque des doigts, je n’ai pas cherché à le cacher; ce serait une grosse erreur de ma part. Personnellement, je trouve ça magnifique – et pas parce que c’est moi qui l’ai fait. Il faut dire les choses comme elles sont, lorsque je finissais un plan et que je le regardais, je trouvais plaisant de voir chaque intervention. On sent le travail, le temps dans chaque plan, dans tout ce frétillement-là. Le fait de sentir ce labeur de l’animateur crée un lien super intéressant entre la forme et le fond."

Le 19 juillet, 18h30
Au Théâtre Concordia Hall

Le 22 juillet, 13h05
À la salle J.A. de Sève

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