Prix de la Caméra indépendante l’an dernier à Karlovy Vary, l’hilarant mocumentaire Sunflower Hour, d’Aaron Houston, a tout pour faire rougir les Muppets.

Feu roulant de gags évoquant l’esprit et l’humour de Christopher Guest (Best in Show, For Your Consideration), Sunflower Hour suit le processus d’audition de quatre marionnettistes déjantés (Amitai Marmorstein, Patrick Gilmore, Ben Cotton et Kacey Rohl) souhaitant faire partie d’une émission pour enfants créée par un producteur de films pornos et sa femme (Peter New et Johannah Newmarch).

En signant ce portrait si joyeusement irrévérencieux et décapant des émissions pour enfants, le réalisateur vancouvérois né à Notre-Dame-de-Grâce Aaron Houston aurait-il voulu se venger de Sesame Street? « J’ai grandi en regardant beaucoup de comédies britanniques, confiait-il lors d’un bref entretien l’an dernier. Dans ma famille, on peut rire de tout, rien n’est tabou. En regardant une émission de marionnettes avec ma fille que j’élève seul, j’ai remarqué que le nom du principal marionnettiste était écrit en gros caractères, qu’il avait donc un ego. Moi qui croyais les émissions pour enfants très pures, je me suis dès lors demandé comment étaient vraiment les êtres humains derrière tout ça. »

Patrick Gilmore en tête, qui incarne Leslie, le chrétien homophobe, la distribution du film est si naturelle que les comédiens semblent improviser: « Tout le film est scénarisé, mais nous avons improvisé beaucoup de scènes que nous n’avons pas gardées. Peut-être se retrouveront-elles sur le DVD; nous avons une quarantaine de minutes de matériel très drôle, mais cela aurait nui au rythme du film. L’improvisation a bien fonctionné puisque ce qui est difficile dans le mocumentaire, c’est de demeurer frais, spontané; en improvisant, les acteurs parvenaient ensuite à se concentrer sur le texte. »

Celui qui ne se cache pas d’être un fan de Guest avoue qu’à travers ce faux documentaire pétri de malaises, se dessine une caricature de la téléréalité: « Plusieurs ignorent que beaucoup de téléréalités sont scénarisées. Ce que je voulais faire avec l’équipe de documentaristes, c’est qu’ils créent les situations plutôt que de simplement observer; ils poussent les marionnettistes dans les situations les plus embarrassantes, les plus humiliantes, comme cela arrive de plus en plus dans les émissions de téléréalité. »

Le 7 août
À la salle J.A. de Sève, en présence du réalisateur et de l’acteur Amitai Marmorstein
À l’occasion de Fantasia

Les frais du voyage en République tchèque ont été payés par le Festival international du film de Karlovy Vary.

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