Len Wiseman signe une nouvelle mouture de Total Recall plus près de l’original de Paul Verhoeven que de la nouvelle de Philip K. Dick, la planète rouge en moins.
Parue en 1966, la nouvelle de Philip K. Dick We Can Remember It for You Wholesale (Souvenirs à vendre) consiste en une vingtaine de pages écrites dans un style assez concis, presque lapidaire. On y rencontre Douglas Quaid, modeste employé de bureau qui rêve d’avoir été agent secret sur Mars. En se rendant à Rekall, compagnie implantant des rêves dans la mémoire, Quaid découvre que ce fantasme est en fait une parcelle de ses réels souvenirs qu’on lui a volés.
Hormis quelques robots chauffeurs de taxi et vidéophones, bien peu d’éléments technologiques farcissent le texte de Dick. Pas plus que ne s’enchaînent de trépidantes scènes d’action. Et pas de faux triangle amoureux torturant le coeur du héros. Tout le contraire du pétaradant Total Recall de Paul Verhoeven datant de 1990, lequel mettait en vedette Arnold Schwarzenegger, Sharon Stone et Rachel Ticotin.
Dans cette version imaginée par Len Wiseman, l’homme derrière la saga Underworld, Colin Farrell reprend avec conviction le rôle créé par l’ex-gouverneur de la Californie, mais, avis aux fans du premier film, il devra se passer d’aller sur Mars afin de sauver l’univers. En revanche, à l’instar de Schwarzie, il se retrouve flanqué d’une fausse épouse (athlétique Kate Beckinsale, douce moitié de Wiseman) et d’une vraie flamme (musclée Jessica Biel).
En fait, cette nouvelle mouture ressemble davantage à ce que pourrait être un remake modeste de Blade Runner avec des réminiscences de Minority Report – Wiseman n’étant certainement pas un Ridley Scott ni un Steven Spielberg – qu’à un remake offrant de grandes surprises ou variations étonnantes. N’en demeure pas moins que le résultat s’avère satisfaisant et divertissant.
Déclinée en deux territoires, la Fédération unie de la Grande-Bretagne et la Colonie, l’esthétique de Total Recall est tour à tour d’une glaciale élégance aux discrets accents futuristes et d’une suffocante abondance d’inspiration asiatique en temps de mousson. Au coeur de ces décors impressionnants, Len Wiseman parvient à orchestrer avec assez de doigté une série de poursuites vertigineuses et de combats périlleux incluant autant de machineries lourdes que d’êtres humains. Et bien franchement, on n’en demandait pas plus de la part d’un remake estival.





