Présentant leur film en première canadienne lors du 16e festival Fantasia, Chris Butler et Sam Fell semblaient emballés que leur ParaNorman clôture l’événement montréalais dédié au cinéma de genre.
Ce second long métrage issu des studios Laika (Coraline) nous raconte l’histoire de Norman (Kodi Smit-McPhee), un garçon friand de films de zombies. Solitaire, il jure de pouvoir entrer en contact avec les revenants. Tandis que personne ne le croit, les choses prennent une tournure inquiétante lorsque son oncle ermite (John Goodman) lui apprend qu’il peut mettre un terme au sort jeté sur la ville par une sorcière assoiffée de vengeance. Avec l’aide de son voisin Neil (talentueux Tucker Albrizzi), Norman s’embarque dans une mission qui exigera courage et détermination.
Devant cet univers multipliant les références au cinéma d’horreur, les réalisateurs avouent avoir une affection pour le genre, mais Chris Butler, également scénariste, confesse qu’il en est complètement gaga. "Rendre hommage au genre était la principale raison qui me motivait à développer ce projet, mais notre intention n’était pas non plus de produire un film d’horreur pour enfants, se défend-il, nous voulions surtout créer une aventure amusante à la Scooby-Doo, tout en ayant quelque chose à dire."
À cet effet, le récit de ParaNorman aborde des sujets sérieux tels que l’intimidation et la mort. Chris Butler, qui signe sa première réalisation et qui a cogité le scénario pendant près de 10 ans, s’est projeté dans le personnage de Norman. "Je n’ai jamais communiqué avec les esprits, précise-t-il, mais je ne cadrais certainement pas dans le moule et je détestais l’école. Je désirais aussi traiter le phénomène de l’exclusion en évitant la lourdeur du propos, tout en le présentant du point de vue d’un jeune. J’ai horreur des films familiaux où le ton moralisateur est omniprésent. Je voulais éviter cet angle à tout prix. J’ai donc eu à me replonger dans mes souvenirs d’enfance."
Véritable travail d’équipe, la réalisation de ce film aura duré deux ans et demi. "La technique d’animation image par image est un processus méticuleux, mais les choses se sont faites assez rapidement", avance Sam Fell, qui compte déjà les titres Flushed Away et The Tale of Despereaux à son actif. Concernant sa collaboration avec son collègue, il ajoute: "La coréalisation est relativement fréquente dans le milieu de l’animation, nous prenions donc toutes les décisions ensemble. Nous avons fait en sorte que nos visions n’en donnent qu’une seule, et je crois que c’est exactement le résultat que nous avons obtenu."
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ParaNorman
Puisant aux sources du cinéma fantastique des années 80 auquel Chris Butler et Sam Fell rendent hommage, le résultat visuel de ce film d’animation image par image impressionne. Et bien que l’univers de Norman (Kodi Smit-McPhee) soit infesté de zombies, de fantômes et d’une sorcière qui a jeté une malédiction sur la ville du gamin quelques siècles auparavant, il se dégage étrangement du long métrage une douceur réconfortante. Empreinte de nostalgie, la production techniquement irréprochable s’avère cependant légèrement moins réussie quant au récit, dont le manque d’originalité et d’humour nous laisse parfois sur notre faim. Interprété par une distribution compétente et doté d’une musique efficace composée par Jon Brion qui évoque, lors de séquences plus inquiétantes, l’oeuvre de John Carpenter, ParaNorman possède son lot de moments touchants, ce qui le rend absolument charmant.






