Premier long métrage de Jake Schreier, Robot & Frank relate l’insolite amitié entre un cambrioleur à la retraite et son androïde ménager.

Récipiendaire du prix Alfred P. Sloan à Sundance, lequel salue les oeuvres traitant de science et de technologie, Robot & Frank, d’après le scénario de Christopher D. Ford, ravit davantage par l’émotion et les rires qu’il fait naître que par l’aspect science-fiction. En choisissant de camper son récit dans un futur rapproché, Jake Schreier ne met pas l’accent sur la technologie mais plutôt sur son impact dans la vie quotidienne. De cette façon, il explore de façon originale la solitude, la vieillesse, les relations familiales et, surtout, comment celles-ci sont éprouvées par la maladie d’Alzheimer.

Inquiet des troubles de mémoire de son père, Frank (Frank Langella), Hunter (James Marsden) lui procure un robot (voix de Peter Sarsgaard dans la version originale anglaise) qui pourra lui tenir compagnie et vaquer aux tâches ménagères. Malgré ses propres oppositions et celles de sa fille Madison (Liv Tyler), Frank s’attache au robot en qui il voit un complice potentiel pour cambrioler la bibliothèque du quartier où travaille la charmante Jennifer (Susan Sarandon) qui lui a dit qu’on allait bientôt se débarrasser des livres rares. Car Frank a beau souffrir de la maladie d’Alzheimer, il n’a pas oublié les casses exécutés alors qu’il avait encore l’esprit alerte.

Émouvant sans être tire-larmes, drôle sans être hilarant, Robot & Frank navigue avec aisance entre le drame et la comédie. Par sa petite taille et son air mignon, le robot donne, dès son apparition, l’impression qu’il s’agit ici d’un film s’adressant aux enfants – on est bien loin du HAL de 2001: l’odyssée de l’espace. Bientôt, à l’instar de Frank, on se laissera prendre par son humanité, et à travers les amusantes scènes entre l’homme et la machine, Schreier traduit avec délicatesse le désarroi d’un homme s’accrochant à ce qui lui reste de son passé.

Distillant un parfum mélancolique, Robot & Frank n’est pas un film nostalgique ni passéiste, mais à travers l’amitié insolite entre Frank et son robot, la mort du livre et l’hostilité de Madison envers le progrès, se devine une certaine inquiétude face à ce que nous réserve l’avenir. Tandis que Tyler et Marsden livrent une performance correcte, Langella et Sarandon offrent les plus beaux moments du film à chacune de leurs rencontres.

En salle le 24 août

L'aide-mémoire Critique par Voir - . Cote: 3

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