Words, The

Réalisateur
Brian Klugman et Lee Sternthal

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Premier long métrage de Brian Klugman et Lee Sternthal, The Words nous entraîne dans les méandres d’un récit dans un récit dans un récit…

Il y a quelques années, au Festival de Toronto, Jeremy Irons justifiait à la presse sa présence dans des navets sous prétexte qu’il devait payer les rénovations de son château. À le voir dans cette pompeuse et superficielle réflexion sur la légitimité d’une oeuvre, on dirait bien que ladite demeure nécessite encore bien des travaux et que la somptueuse série The Borgias ne rapporte pas tant que cela…

Écrivain à succès, Clay Hammond (Dennis Hopper, fatigué) lit à une foule conquise, où l’attend une potiche insistante (Olivia Wilde, artificielle), des extraits de son dernier roman. Intitulé The Words, ce bouquin raconte comment un jeune romancier new-yorkais (Bradley Cooper, sans consistance) doit composer avec le fait d’avoir volé un récit autobiographique à un vieil homme (Jeremy Irons, en subtil mode cabotin) dont il a retrouvé le manuscrit dans un porte-documents acheté par sa femme (Zoe Saldana, ravissante) à Paris.

Tourné à Montréal, présenté hors concours au FFM, The Words a été développé en 2000 au Sundance Filmmakers Lab puis terminé cette année. Douze ans de gestation pour Brian Klugman et Lee Sternthal, qui ont commis entre-temps le scénario de TRON: Legacy avant de signer à quatre mains leur première réalisation, mécanique et peu inspirée, paraissent bien longs par rapport à la minceur du propos.

De fait, ce n’est pas parce qu’il raconte trois niveaux de récit que le tandem propose ici une méditation profonde sur l’art, l’inspiration et la vie. Bien au contraire, chaque histoire, se révélant le faible écho de celle dans laquelle elle est imbriquée, se résume en une série de clichés sur la vie d’écrivain – ce qui a pour effet de nous faire douter grandement du talent de ceux rencontrés dans The Words.

Si ce n’était que de cela, on ne s’en plaindrait pas trop puisque ces récits gigognes se déroulent assez rondement. Là où le tout devient carrément risible, c’est lorsqu’on découvre la nature du prétendu chef-d’oeuvre du vieil homme: celui-ci s’apparente à un vulgaire mélo sirupeux campé dans le Paris d’après-guerre. Au final, on se retrouve devant trois récits cousus de fil blanc dont la conclusion, télégraphiée, n’en semble que plus maladroite et tirée par les cheveux.

En salle le 7 septembre

Voleur de vie Critique par Voir - . Cote: 2

Words, The
Réalisateur : Brian Klugman et Lee Sternthal

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  • 29 janvier 2013 · 16h29 Normand Parisien

    J’ai vu et revu ce film sur l’écran de mon téléviseur. J’ai bien aimé les images extérieures dans lesquelles j’ai cru reconnaître le Boulevard Métropolitain et le Pont-tunnel Louis Hippolyte Lafontaine. Il y avait aussi ces parcs montréalais et les images du Vieux-Montréal en plus du générique plein de noms francophones : ça, c’est des jobs pour des gens d’ici. Il faut tout de même faire preuve d’une certaine solidarité.

    Cette histoire de propriété intellectuelle n’est pas sans nous rappeler l’actualité judiciaire récente, alors que l’affaire Robinson se retrouve en Cour suprême, et fait couler beaucoup d’encre même dans le journal Voir. Ce manuscrit perdu et retrouvé quelques décennies plus tard sera la cause de ruptures amoureuses chez ces 2 écrivains. J’ai bien aimé l’image de ce manuscrit qui sera déposé sur la tombe de son auteur légitime. C’est un premier film qui me semblait fait sans prétention.

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