Dans Bienvenue parmi nous, d’après le roman d’Eric Holder, Jean Becker poursuit son exploration des amitiés improbables.

Après avoir vu deux de ses romans portés à l’écran, le premier de façon lamentable (L’homme de chevet d’Alain Monne), le deuxième de manière magistrale (Mademoiselle Chambon de Stéphane Brizé), Eric Holder a permis à Jean Becker de donner vie à Bienvenue parmi nous. Espérait-il que le résultat soit aussi mémorable qu’une certaine adaptation d’un roman de Japrisot?

Bien qu’il ait tout pour être heureux, une femme aimante (Miou-Miou, effacée), un ami sur qui il peut compter (Jacques Weber, truculent), le talent, la gloire et la fortune, Taillandier (Patrick Chesnais, imposant) n’arrive plus à peindre. Ayant fui le foyer pour mettre fin à ses jours, il croise la route de Marylou (Jeanne Lambert, Marceau ascendant Adjani), adolescente s’étant fait mettre à la porte par sa mère et son conjoint violent.

Sans surprise mais non sans charme, Bienvenue parmi nous s’inscrit dans la lignée des films gentils et bien intentionnés portant sur les amitiés improbables de Becker, tels Dialogue avec mon jardinier et La tête en friche. Bien tourné, bien écrit, bien joué, le tout se déroule sans fausse note, mais plus le récit avance, plus le spectateur attend vainement le coup de théâtre, la réplique qui tue, la scène d’anthologie dans cette trop sage et prévisible cavale en bord de mer.

Certes, il y a une telle scène, mais celle-ci est extraite de L’été meurtrier que Marylou regarde en pleurant. L’envie nous prend aussi de verser quelques larmes en souvenir du temps où Becker faisait encore du cinéma.

En salle le 28 septembre

Un peintre, sa muse Critique par Voir - . Cote: 2.5

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