Emma Watson et Ezra Miller se distinguent dans un drame adolescent inégal, The Perks of Being a Wallflower de Stephen Chbosky.
Roman publié au cours des années 90, The Perks of Being a Wallflower se voulait, à l’époque, une oeuvre abordant l’adolescence de façon crue et intimiste. Deux décennies et cinq générations d’iPhone plus tard, l’auteur du livre, le romancier et scénariste Stephen Chbosky, signe le scénario et la réalisation de l’adaptation cinématographique de son oeuvre-culte.
Le wallflower en question, Charlie (Logan Lerman), est un jeune reclus mal dans sa peau qui entame ses études au high school de son patelin, transpirant sa misère de vivre et le cliché dans le tapis. Dans un high school typiquement américain où le football est loi et les athlètes sont rois, l’adolescent découvrira l’amour, le sexe, les drogues, les amitiés qui durent toute une vie et… The Smiths.
À l’image de son héros, Chbosky s’initie lui aussi à un nouveau monde: la réalisation. Bien qu’il évite les pièges du tape-à-l’oeil, le cinéaste signe tout de même une oeuvre sobre qui souffre de certaines longueurs et, surtout, d’une surdose de narration alors que les images – et certains silences – sont suffisamment éloquentes. Bien que Lerman soit juste dans l’interprétation d’un timoré contenant tant bien que mal un lourd secret, Emma Watson resplendit dans un contre-emploi, une jeune fille aussi délurée que meurtrie, qui nous fait momentanément oublier la fameuse Hermione Granger de la série Harry Potter. Idem pour Ezra Miller (ténébreux dans We Need to Talk About Kevin) qui resplendit ici dans un rôle pourtant réchauffé: celui du meilleur ami rebelle.
Aussi à saluer, les performances de Paul Rudd (égal à lui-même sous le tweed d’un professeur de littérature attachant), Johnny Simmons et Mae Whitman (tous deux aperçus dans Scott Pilgrim vs. the World).
Tout comme dans le roman, la musique joue un grand rôle dans l’adaptation cinématographique (la bande de Charlie étant des fans des Smiths) et sert aussi à situer la période – les années 90 – de façon subtile. Bien que cliché à souhait, The Perks of Being a Wallflower demeure un film pour ados sympathique qui pourrait faire connaître, au passage, les jérémiades de Morrissey, les hits de Bowie et même The Rocky Horror Picture Show à une nouvelle génération.
En salle le 5 octobre





