Jusqu’au 18 novembre, les 15es Rencontres internationales du documentaire de Montréal offrent différents points de vue sur autant de réalités. Nos choix pour la première semaine.

Grandma Lo-Fi: The Basement Tapes of Sigrídur Níelsdóttir

d’Ingibjörg Birgisdóttir, Kristín Björk Kristjánsdóttir et Orri Jónsson

Elle possède une voix de crécelle, écrit des chansons dans une langue inventée et compose des airs désuets à l’orgue. Et pourtant, si les tympans peuvent être offensés, on ne peut résister au charme de cette adorable mamie qu’est Sigrídur Níelsdóttir. S’inspirant des collages colorés et naïfs de la prolifique auteure-compositrice-interprète (plus de 600 chansons en 7 ans de carrière!), le trio de réalisateurs signe un ludique et vibrant hommage à la Normand L’Amour en jupon islandaise. En résulte un bric-à-brac artisanal pimpant qui célèbre avec panache l’inventivité et la marginalité. (8 et 10 nov., précédé de Spinach & Sugar de Laura Laabs)

Tomorrow

d’Andrey Gryazev

Collectif d’artistes radicaux russes, Voina ferait passer les musiciennes de Pussy Riot pour des petites chattes dégriffées. Troublant. Accompagnés du bambin du couple central, ces soi-disant artistes se livrent au vol à l’étalage et au vandalisme. De sa caméra inquisitrice et nerveuse, le réalisateur les suit dans leur intimité et sur le terrain. Quant au spectateur, à lui de départager le vrai du faux dans ce qui défile à l’écran. Troublant et culotté. (8 et 11 nov.)

Wonder Women! The Untold Story of American Superheroines

de Kristy Guevera-Flanagan

Héroïne de bande dessinée créée dans les années 40 par l’inventeur de l’ancêtre du détecteur de mensonges (ce qui explique son célèbre lasso de vérité), Wonder Woman a bien malgré elle provoqué quelques commotions dans le rapport à l’image des jeunes filles et la représentation des femmes dans les médias. À travers les propos allumés et amusés de féministes et de la superbe Lynda Carter, incarnation télévisuelle de l’amazone, on retrace l’évolution des personnages féminins, des Charlie’s Angels à la Ripley d’Alien, en passant par Buffy the Vampire Slayer, et leur impact sur l’évolution des mentalités. Punché, sexy et intelligent, ce documentaire s’avère aussi instructif que divertissant. (9 et 11 nov., précédé de Meaning of Robots de Matt Lenski)

Occupy Love

de Velcrow Ripper

"All you need is love", chantaient les Beatles. Et si le mouvement Occupy qu’ont engendré les crises économique et écologique avait été à sa source une grande manifestation d’amour et de compassion? Partant de ce point de vue original et plein d’espoir, le réalisateur de Scared Sacred réexplique ces soulèvements généraux ayant fait frémir la planète. Allant au-delà des têtes parlantes, Occupy Love se révèle une ode magnifique à la solidarité doublée d’un témoignage précieux de notre époque. (10 et 11 nov.)

Mekong Hotel

d’Apichatpong Weerasethakul

Dans un hôtel sis au-dessus du Mékong, Apichatpong Weerasethakul prépare le tournage d’une romance mâtinée d’horreur. Au gré des flots du fleuve flottent dans l’air les notes d’une guitare nostalgique. Aussi déroutant et hypnotique que les fictions du réalisateur thaïlandais (Tropical Malady, Uncle Boonmee Who Can Recall His Past Lives), cet ovni combinant tout doucement documentaire, fiction, film d’art et d’essai a pour point d’ancrage les grandes inondations ayant dévasté la Thaïlande en octobre 2011. D’une insaisissable beauté. (11 et 17 nov., précédé de River Rites de Ben Russell)

www.ridm.qc.ca

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