Amour

Réalisateur
Michael Haneke

Bande annonce

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Magistral huis clos ayant valu à Michael Haneke la Palme d’or, Amour met en scène deux sublimes acteurs, Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant.

Hanté par le suicide d’une tante l’ayant élevé comme une mère qu’il a refusé d’aider à mourir lorsqu’elle fut frappée par la maladie, Michael Haneke signe un film austère et néanmoins bouleversant où il traite de la vieillesse, de la maladie et de la mort, Amour. Chronique d’une mort annoncée, ce huis clos, où brillent Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva, commence alors que des pompiers défoncent les portes d’un appartement bourgeois où ils découvrent le cadavre d’une femme.

«Je fais cela souvent dans mes films, expliquait le cinéaste rencontré au Festival international du film de Toronto, c’est un moyen d’enlever une fausse tension. Si le film commençait normalement, on se demanderait comment cela va se terminer; puisqu’on le sait déjà, on peut regarder le film plus calmement.»

Au cours du petit-déjeuner, Anne (Riva) est victime d’une attaque alors que Georges a quitté la table quelques instants. Peu après que la maladie eut frappé ce couple d’octogénaires, la vie reprend doucement son cours, tandis que l’état de madame décline graduellement.

«La maladie arrive toujours un peu comme cela, poursuit Haneke. C’est rarement spectaculaire, c’est la triste banalité de la réalité. Les catastrophes sont rarement spectaculaires, il n’y a qu’au cinéma qu’elles le sont. D’être spectaculaire serait une trahison de la gravité du sujet. Je voulais à tout prix éviter une sorte de misérabilisme qui est facile à faire avec un tel thème. Nous savons que ça peut être affreux, dégueulasse, mais ça ne vaut pas la peine de montrer cela, car ce n’est pas le thème du film. C’est un point de vue psychologique, pas documentaire. Je voulais éviter de réduire cela à un drame social; je laisse ça à la télé où on le fait tout le temps.»

«Il y a beaucoup de zones d’ombre dans le film, affirme Trintignant au bout du fil. Il y a une scène où l’on voit à l’intérieur des tableaux. Quand je lui ai demandé pourquoi, Michael m’a expliqué qu’il s’agissait d’une scène tellement dure que l’on voudrait sortir, et comme les personnages ne sortiront pas de l’appartement, c’était une façon d’aller dehors. Je lui ai posé plein de questions auxquelles il n’a pas voulu répondre, prétextant que c’était au spectateur de décider. C’est comme dans la poésie, il y a des choses qui sont inexpliquées, mais qui ajoutent du charme au sujet.»

Afin d’éviter les débordements d’émotion, Haneke exigeait des acteurs au cours de ce tournage, que Trintignant qualifie de pénible mais agréable, de retenir leurs larmes: «Je défendais mon personnage et Michael, son film. L’essentiel, c’était l’histoire; il avait une vue d’ensemble du film qui était sûrement meilleure que la mienne. Très vite, je me suis plié à ce qu’il me disait. Un acteur ne doit pas faire un numéro dans un film, c’est un collaborateur du metteur en scène au même titre que le chef opérateur, l’ingénieur du son ou le moindre machiniste.» 

En salle le 11 janvier

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