Dans Cornouaille, drame aux accents surnaturels, Anne Le Ny rend hommage au pays de ses ancêtres. 

Descendue de Paris à Quimper pour y mettre en vente la maison de sa tante dont elle est l’unique héritière, Odile (Vanessa Paradis) sera tôt assaillie d’images douloureuses du passé, la mort de son père (Damien Dorsaz), et recevra la visite d’un ami d’enfance (Samuel Le Bihan) qu’elle semble être la seule à voir. Retenu à Paris, son amant (Jonathan Zaccaï) tardera à se rendre compte de son trouble.

Aux antipodes du très beau film de Jalil Lespert Des vents contraires, émouvant portrait de facture naturaliste d’un homme endeuillé retrouvant la Bretagne de sa jeunesse, Cornouaille d’Anne Le Ny (Les invités de mon père) explore un sujet semblable en puisant du côté des contes et légendes celtiques. Si l’idée peut ravir sur papier, à l’écran, il en va tout autrement.

Entouré d’individus lui rappelant les rites et croyances funèbres bretons avec une insistance quasi obsessionnelle, le personnage qu’interprète Paradis, qui semble aussi égarée qu’Odile, avance laborieusement sur ce terrain brumeux où Le Ny l’entraîne. Alors que le spectateur se repaîtra de la beauté des paysages maritimes et du village pittoresque, il assistera, désolé, au joli ratage qu’est Cornouaille. De fait, Anne Le Ny, qui n’est pourtant pas dépourvue de sensibilité ni de talent, comme elle l’a prouvé avec le très réussi Ceux qui restent, jongle difficilement avec l’onirisme, le fantastique et le réalisme. Au final, on se retrouve devant un portrait de femme bancal à la conclusion télégraphiée.

Fantômes dans le brouillard Critique par - 2013-01-17
Cote: 2

Cornouaille

Réalisateur : Anne Le Ny

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