Couleur de peau - miel

Réalisateur
Laurent Boileau et Jung

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Le bédéiste d’origine coréenne Jung raconte sa vie au sein de sa famille adoptive belge dans le magnifique film hybride Couleur de peau: miel.

Né en 1965 en Corée du Sud, Jung, auteur du roman graphique paru en deux tomes Couleur de peau: miel, est l’un des quelque 200 000 jeunes Coréens adoptés à travers le monde dans les années suivant la guerre de Corée. Après avoir été retrouvé dans la rue, le petit Jung est pris en charge par un orphelinat pour ensuite être adopté par un couple belge, parents de quatre enfants, en 1971. Quelques années plus tard, le couple adoptera une fillette coréenne, au grand dam de Jung, en rupture avec ses origines.

«Quand un enfant a été abandonné puis adopté, il y a beaucoup de choses qui se passent inconsciemment, racontait Jung, rencontré au FIFEM où son film a récolté deux grands prix. Je parle de mon expérience personnelle, mais pour avoir souvent rencontré des adoptés coréens, on a à peu près tous la même histoire à raconter. C’est-à-dire que lorsqu’on arrive dans sa nouvelle famille, il faut oublier son ancienne vie. J’ai donc rejeté ma culture d’origine pour pouvoir m’intégrer à ma famille, et j’ai appris le français sans m’en rendre compte. Je n’arrive même pas à imaginer que j’ai un jour parlé le coréen.»

Évoquant brièvement son enfance malheureuse en Corée, Jung n’est pas toujours tendre à l’égard de ses parents adoptifs belges, notamment de sa mère, qui semble froide, distante, autoritaire, et avec qui il sera plus souvent qu’à son tour en conflit. «Beaucoup d’enfants ont le fantasme d’avoir été adoptés; or, comme je savais que je l’avais été, j’avais le fantasme de savoir qui étaient mes vrais parents, surtout ma mère biologique. Enfant et adolescent, si j’avais pu communiquer plus avec ma mère adoptive, peut-être que je n’aurais pas été dans les extrêmes. Les enfants adoptés ont besoin de beaucoup d’amour et sont dans la séduction tout le temps. On veut être des enfants parfaits et ceux qui n’y arrivent pas débloquent complètement, vont dans l’autre extrême. Ils deviennent alors difficiles et ingérables.»

Voyageant à travers le monde grâce à ce film, Jung reçoit aussi beaucoup de lettres de Coréens adoptés ou de leurs familles adoptives, mesurant ainsi leur détresse, laquelle lui est très familière. Selon l’artiste, il y aurait beaucoup de suicides. S’il se dit heureux aujourd’hui, Jung, pour qui l’art fut salvateur, ne cache pas la mélancolie qui continue de l’habiter.

«J’ai mis beaucoup de temps avant d’accepter mes origines, à me situer entre mes deux identités. J’y suis arrivé, heureusement pour moi! C’est à cela qu’il faut tendre dans la vie, l’acceptation de soi, sinon on est malheureux. Vivre dans le déni de ce que j’étais m’a rendu profondément malheureux parce que j’étais dans la colère, je ne comprenais pas pourquoi ma mère m’avait abandonné, pourquoi la Corée avait abandonné ses enfants. J’avais honte de mon pays d’origine. J’étais dans la colère et quand on est dans la colère, on est dans l’autodestruction. J’ai failli en mourir.»

Prendre racine

Refusant de faire une adaptation littérale de sa bédé, Jung, solidement secondé par le réalisateur Laurent Boileau, a privilégié une forme hybride, laquelle s'avère idéale ...

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Couleur de peau - miel
Réalisateur : Laurent Boileau et Jung

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