Ombline

Réalisateur
Stephane Cazes

Bande annonce

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Mélanie Thierry crève l’écran dans le bouleversant drame carcéral Ombline, premier long métrage de Stéphane Cazes.

Il y a une dizaine d’années, alors qu’il souhaitait tourner un film sur la maternité, Stéphane Cazes apprenait par sa mère l’existence des bébés élevés en prison. De fait, en France, une détenue peut s’occuper de son enfant jusqu’à ce qu’il ait 18 mois. Dès lors, pendant deux ans, l’aspirant réalisateur enseigna aux détenues.

«Stéphane a eu le témoignage de toutes ces femmes et il a voulu en faire, peut-être pas une lettre d’amour, mais un portrait afin qu’il reste quelque chose de cette expérience. Une façon de dire à ces femmes qu’elles existent et qu’on ne les oublie pas», explique au téléphone Mélanie Thierry, qui tient le rôle d’Ombline, jeune femme incarcérée à la suite d’une violente altercation et qui se découvre enceinte.

Afin de se préparer pour le rôle, l’actrice a pour sa part offert des cours de théâtre en prison durant 15 jours: «Ce stage en prison m’a énormément nourrie, aidée. J’étais assez flippée de rencontrer des détenues. Je croyais qu’elles allaient être violentes, agressives avec moi; en fait, j’ai rencontré des filles géniales, cultivées, drôles. Je suis tombée sur un beau groupe, les détenues n’étant pas toutes comme ça. Il y a des nanas qu’on ne peut pas approcher parce qu’elles sont trop violentes.»

Lors du tournage dans une vraie prison, l’actrice qu’on a pu voir dans Le dernier pour la route de Philippe Godeau et La princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier a constaté les difficiles conditions carcérales et les relations tendues entre les prisonnières et les gardiennes de prison.

«Ombline reflète vraiment la réalité de la vie carcérale en France. C’est même assez proche du documentaire. On est certes dans une fiction, mais tous les faits sont réels. Le film prend un peu parti pour les détenues; il n’offre pas un portrait gratifiant pour les matonnes ou l’administration pénitentiaire. Ce n’est pas manichéen puisqu’il faut bien qu’il y ait un peu de bien et un peu de mal partout, sinon ce serait trop facile de donner le beau rôle aux détenues.»

Elle poursuit: «Quand on tournait dans les vrais mitards, je me demandais comment on pouvait en sortir vivant. Au bout de cinq jours dans un mitard, une personne équilibrée devient complètement dingue. C’est immonde! Les femmes y nourrissent une haine et lorsqu’elles sortent, elles sont encore plus agressives. On a l’impression que le système est fait pour que les gens replongent. Ça me révoltait, quoi!»

À écouter les propos de l’actrice, il semble que ce court séjour en prison l’ait remuée: «Ce qui m’a vraiment sauté à la figure et déstabilisée énormément, c’est que je pouvais m’y retrouver demain. Le passage est très facile, il suffit de tomber amoureuse du mauvais mec au mauvais moment et tout d’un coup, le destin bascule. Par inconscience, par amour ou dans un moment d’égarement, notre monde peut basculer et on se retrouve derrière les barreaux. C’est très violent.»

Ombline

Si le drame carcéral de Stéphane Cazes n’atteint pas les sommets du prodigieux Un prophète de Jacques Audiard, Ombline n’en demeure pas moins une émouvante ...

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