Dans la maison

Réalisateur
François Ozon

Bande annonce

+ Sur la fiche →

Kristin Scott Thomas incarne une bourgeoise fascinée par une famille modeste dans l’hilarant Dans la maison de François Ozon.

S’inspirant librement de la pièce Le garçon du dernier rang de l’Espagnol Juan Mayorga, François Ozon livre une réflexion sur la création et l’éducation… et le voyeurisme. Ainsi, à travers les compositions françaises d’un élève (Ernst Umhauer), un professeur blasé (Fabrice Luchini) reprend-il goût à l’enseignement en développant une fascination presque morbide pour la famille de la classe moyenne (Denis Ménochet, Emmanuelle Seigner et Bastien Ughetto) qui y est décrite.

D’abord choquée, sa femme galeriste (Kristin Scott Thomas) ne pourra plus se passer de ces récits se terminant invariablement par la mention «à suivre»: «Son dégoût est vite vaincu par la curiosité! On est voyeur, on est curieux de l’autre», lance l’actrice britannique rencontrée au Festival du film de Toronto.

«Le peu de gens que je connais qui écrivent sont des observateurs, mais je crois que nous le sommes tous, poursuit-elle. Moi-même, je regarde les gens, leur façon de s’asseoir. Il y a une différence entre vampiriser et observer. Il ne faut pas oublier la part d’invention, de création. Dans le film, c’est névrotique, car toute l’histoire est une infiltration, une manipulation. L’élève ment à cette famille, se présente sous de faux prétextes. On sent que c’est un enfant mal dans sa peau.»

À un point du récit, le personnage de Luchini avancera que l’art ne nous apprend rien. «François s’est amusé à mettre cela dans la bouche de ces bourgeois un peu amers. Dans cet univers d’intellectuels bourgeois, ce qui est vulgaire et de mauvais goût devient exotique. Elle vend des tableaux immondes avec des phallus partout que c’en est ridicule. Je crois que nous apprenons de l’art. Et je suis sûre que François pense la même chose.»

En se projetant dans le quotidien banal de cette famille, les époux bourgeois, qui ferment les yeux sur leurs travers, se prendront de passion pour elle, sans se soucier d’abord des conséquences de cette intrusion dans son intimité. Toutefois, ils seront loin de se douter que les récits de l’adolescent, vrais ou faux, auront un impact sur leur destinée.

«Le comportement du couple me fait penser à celui des spectateurs de téléréalité; quand ils regardent ces trucs, ils y voient des gens se comporter de façon affreuse. Ils adorent ça et en parlent aux autres, car on adore observer la fragilité humaine. C’est le niveau zéro du spectacle. Ce que montre François, c’est qu’elle est seule, et lui, obsédé par son travail. C’est moderne, non? Et ce manque d’enfants, c’est tout de même touchant. Bien que François décortique de façon assez cruelle les statuts sociaux des protagonistes, il y a dans le film une émotion, une tendresse.»

Dans la maison

Qu’il adapte une pièce de Fassbinder (Gouttes d’eau sur pierres brûlantes), de Robert Thomas (8 femmes) ou de Barillet et Grédy (Potiche), François Ozon se ...

Cote de Voir Lire la critique
Lire la critique

Dans la maison
Réalisateur : François Ozon

Partagez cette page

+ SUR LE MÊME SUJET : , , , , , ,

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel

Concours

+ Concours →