Mère Teresa (2): le doyen de théologie donne du crédit à l’étude

26 février 2013 18h21 · Daniel Baril

Suite à l’incroyable tempête médiatique suscitée par l’article de Serge Larivée et ses collègues sur les « côtés ténébreux de mère Teresa » (voir Mère Teresa: quand les faits dissipent l’odeur de sainteté), la Faculté de théologie et de sciences religieuses (FTSR) de l’Université de Montréal a reçu de nombreux appels et courriels qui ont amené le doyen, Jean-Claude Breton, a faire une mise au point sur le blogue de la Faculté.  En gros, le commentaire donne du crédit aux trois chercheurs ainsi qu’à leur interprétation des faits. En voici l’essentiel:

« Ces professeurs ne sont pas de la FTSR, mais ils ont la compétence requise pour faire le travail qu’ils ont accompli.

Quel est le sens de la recherche qui a mené à cet article? Les auteurs s’en expliquent et ils cherchaient des témoins d’altruisme dans le monde actuel. Mère Teresa leur était apparue un modèle possible, mais qui n’a pas bien survécu à un examen un peu plus serré.

Que dit cet article au sujet de Mère Teresa? Pas grand-chose de plus que ce qui était déjà connu, puisqu’il reprend des études déjà publiées pour proposer son point de vue. Les questions soulevées au sujet de Mère Teresa circulent déjà depuis de nombreuses années et reçoivent une attention plus ou moins attentive, selon les convictions préalables des personnes.

Est-ce une bonne recherche? La recherche est meilleure que le laisse entendre les articles qui en parlent. On pourrait reprocher peut-être l’emploi abusif d’un mot ou l’autre, mais en général, le texte se défend bien et pose des questions sérieuses à envisager dans tous les cas où on veut accorder la sainteté de façon précipitée. »

Voilà qui devrait faire taire les accusations lancées aux trois universitaires mettant en cause leurs compétences pour aborder un tel sujet et leur attribuant des intentions pas très catholiques. Il est très difficile de déboulonner des mythes et les réactions vives et intempestives autours de cette affaire, même l’étonnante surprise manifestée par les médias devant ce qui était pourtant de notoriété publique, montrent que les croyances sont souvent bien plus fortes que les faits. Notre cerveau est ainsi fait et préfère les interprétations qui créent du sens plutôt que la plate réalité.

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 13

  • 26 février 2013 · 20h25 johanne labonté

    C’est quand même assez surprenant d’apprendre une telle nouvelle. Personnellement, je ne fais plus confiance en rien. L’argent n’était pas pour le vatican ni pour les maisons de religieuses mais bien pour les malades. Je suis très déçues.
    J’espère qu’elle ne sera pas déclarée sainte. J’espère de tout coeur.

  • 27 février 2013 · 10h28 Mathilde

    Mais c’est vraiment n’importe quoi ! Vous n’allez quand même pas croire ces idioties ??

    • 8 juillet 2013 · 23h44 Denis Lussier

      Si la souffrance d’une personne est bénéfique pour son salut éternel, alors je crois bien que sœur Thérésa s’en est mis de coté pour son salut terrestre. Maintenant, imaginez tous ces milliers de souffrants la regardant du haut de leur salut céleste et la remerciant de tout cœur de les avoir laisser mijoter dans d’ignobles souffrances temporelles! Que c’est donc beau! On devrait fermer nos hôpitaux! On sauverait ÉNORMÉMENT d’argent, et ils, pauvres malades, ils iraient tous au ciel! C’,est KAFKAYEN!

  • 28 février 2013 · 00h56 Michel Lacroix

    Je serais curieux de savoir si d’autres théologiens aprouvent le doyen de théologie de l’université de Montréal.Peut-on se fier à un seul théologien?Daniel Baril qui a écrit cet article est laïque et peut-être athé aussi.Alors je crois qu’il adhère automatiquement à la personne qui a les mêmes opinions que lui.

    • 28 février 2013 · 15h12 Daniel Baril

      Au moins trois théologiens font partie du comité d’experts à qui l’étude a été soumise avant publication.

  • 28 février 2013 · 14h37 Bernard Leblanc

    Avec un groupe j’ai passé trois jours à décortiquer les principales allégations du prof Larivée qui est un athée notoire, pour découvrir que les principaux objets concernant cette recherche dont-il nous parle sont présentés de manière biaisée pour ne pas dire carrément alambiquée. En tout cas de ce qui est sortie dans les médias.

    Il est symptomatique de retrouver les lignes directrices d’une vaste opération de calomnie lorsque dans nos propres recherches nous tombons sur des sites Anarchistes,Communistes, Libre-Penseurs- Athées qui diffuse allègrement ces
    allégations depuis des années.

    Je pourrais prendre un des exemples les plus évidents. L’affaire du «don» de l’homme d’affaire américain Catholique Charles Keating qui dix années plus tard a été condamné pour malversation économique.

    Je vais exposer ici succinctement cette affaire qui a été étalée hors de son contexte par les protagonistes de la sois disant recherche.

    La «PREMIÈRE» question que l’on doit se poser est : Il y a-t-il eu un procès
    d’intenté contre Mère Teresa à ce sujet? À ce que je sache non!

    Le «don» de Charles Keating était arrivé à point nommé pour la construction d’un centre d’aide pour lépreux et sans que Mère Teresa n’ait sollicité qui que ce soit.

    L’anecdote qui est rapportée à ce sujet, est que des années plus tard, des
    journalistes sont venu voir Teresa pour l’informé de la fraude de Charles
    Keating et lui ont demandé si elle allait rembourser le don?

    Surprise par cette nouvelle, elle aurait répondu oui et qu’elle le ferait devant eux. Alors ils l’auraient suivit et une fois dans le centre elle aurait dit :«voici c’est à
    vous»! :

    Il n’y a eu aucune action légale d’entreprise contre Mère Teresa!… Pourquoi y en aurait-il eu?

    En plus, malgré que Mère Teresa est offert que l’on prenne l’édifice pour se payer, personne n’a bougé à ce sujet. Reste à savoir pourquoi?

    Le don de Charles Keating a été fait dans les années 80, et La faillite de celui-ci est advenue autour de 1991.

    10 ans plus tôt, donc au cours des années 80, Mère Teresa a passé au travers une attaque cardiaque à Rome en 1983, au moment d’une visite au Pape Jean Paul II. Ensuite une seconde attaque en 1989, où elle a reçu un pacemaker artificiel. En 1991, après une bataille contre la pneumonie alors qu’elle est à Mexico, elle se retrouve encore avec des problèmes de cœur.

    À ce moment là elle offre sa démission de la tête des Missionnaires de la Charité», mais les sœurs font un vote secret et le résultat fait qu’elle demande à Teresa de demeurer à la tête de l’ordre.

    C’est dans cet atmosphère qu’est arrivé cette histoire de lettre qu’elle aurait envoyé au procureur pour qu’il soit indulgent envers Charles Keating. La sœur a à ce moment là a 81 ans et est malade.

    Charles Keating avait nul autre qu’Alan Greenspan pour conseiller et ses amitiés
    étaient du genre présidents des USA sans parler des sénateurs. Alors on
    imagine bien que le bonhomme était dans la piscine aux requins et qu’il était en sursis économique comme toutes les organisations américaines.

    Ce peut-il que Charles Keating ait fait parvenir message trompeur à la sœur
    Teresa? Voilà la question!

    On peu imaginer qu’un homme désespéré comme tout les joueurs compulsifs peuvent être manipulateurs et mettre dans le trouble tout leurs entourages toujours dans l’espoir qu’ils pourront se refaire à temps pour éviter le pire.

    Alors en ce sens là, le don qui avait été fait 10 ans plus tôt à l’ordre des Sœurs de la Charité qu’a-t-il à voir avec l’écroulement des entreprises de Keating 10 ans plus tard?

    Pourquoi le chercheur Larivée laisse croire à une intention malveillante de Mère Teresa?

    Entre relater des faits et faire des amalgames hors contextes il y a tout une
    marge.

    • 28 février 2013 · 16h55 Daniel Baril

      Le débat gagnerait à connaître vos sources puisque vous ajoutez des éléments nouveaux dont le professeur Larivée serait surement heureux de prendre connaissance. Selon ce que rapporte Chatterjee dans Mother Teresa, the Final Verdict (Meteor Books 2003), le procureur général du district de Los Angeles, Paul Turley, aurait demandé à Teresa de rendre l’argent volé par Keating, mais cette requête est demeurée lettre morte.

    • 28 février 2013 · 21h27 Bernard Leblanc

      Monsieur Baril

      Vous me parlez du procureur alors que j’ai parlé de journalistes. Mais si vous voulez parler du procureur, et bien il est clair qu’il a donné une réplique personnelle à la lettre de la sœur de 81 ans. Ce n’était pas dans un cadre légal sinon il n’aurait eu qu’à faire saisir la léproserie si la sœur avait été coupable d’un crime. Vous voyez bien à quel point c’est stupide de s’attarder là-dessus. Pour moi il est clair que Charles Keating a manipulé cette personne âgée sans défense..

    • 1 mars 2013 · 09h39 Daniel Baril

      Personne n’accuse Teresa d’escroquerie ou d’usage illégal d’argent sur ce point. Ce qui lui a été reproché, c’est de ne pas avoir rendu l’argent d’un don provenant du détournement de fonds de petits épargnants. Vous dites qu’elle offert sa léproserie en échange et c’est cet élément qui semble nouveau puisqu’il n’est pas rapporté dans les sources consultées par les trois auteurs. Par ailleurs, Teresa a tout de même intervenu par lettre devant la cour pour prendre la défense de Keating accusé de ce détournement.

    • 1 mars 2013 · 12h36 Bernard Leblanc

      Mr. Baril

      Le procès d’intention est un sophisme consistant à condamner les actes d’une personne en lui prêtant des intentions inavouables et condamnables. Le caractère invalide de ce raisonnement vient du fait que les intentions ne sont pas prouvées, voire invérifiables. Elles constituent donc une prémisse insuffisante.

      Cela dit, il y a un document qui est sortie sur Charles Keating et qui nous donnes le portrait de l’entourage de cet homme. J’ai prêté attention pour savoir si on parlait de Mère Teresa étant donné que l’on traite du sujet qui est supposé avoir un lien avec elle et je n’ai rien entendu ou lu qui en fasse mention. Comme une distraction est possible, peut-être que de votre côté en lisant et en écoutant ce qui est proposé vous trouverez.
      http://www.rue89.com/campagnes-damerique/2008/10/07/scandale-
      keating-larme-fatale-dobama-contre-mccain

    • 1 mars 2013 · 16h31 Cécile Laroche

      Bonjour, comme je suis contente de vos commantaires de votre défense pour Mère Thérèsa. Je ne peux croire qu’on décende si bas pour dénigrer de cette faç on une sainte au si grand coeur, pleine d’altruisme, qui a consacré sa vie aux pauvres, aux plus démunis de la société.J’aime Mère Thérèsa, j’admire cette femme au coeur si grand. Ceux qui la dénigrent, que font-ils pour aider leurs semblables, les pauvres. Prendraient-ils dans leurs bras des enfants défigurés par la maladie, la malnutrition, On peu se fier à Jean-Paul11 qui l’ appréciée et qui l’ canonisée. Merci encore de l’avoir défendue et je suis pleinement d’accord avec vous.

  • 28 février 2013 · 23h31 Bernard Leblanc

    Comme on s’en doute, des documents sur Mère Teresa sont à profusion sur le web.

    Il y a évidemment des documents d’allégeance chrétienne. Il y a des documents neutres, mais aussi beaucoup de documents athées et anticatholique ( Les plus virulent selon moi sont de Christopher Hitchens).

    Alors selon notre allégeance ont peut choisir un point de vue.

    Pour le besoin de mon propos j’ai choisi un document qu’un athée que je connais, m’a proposé.

    http://lci.tf1.fr/science/2002-10/controverse-sur-miracle-mere-teresa-4895136.html

    Controverse sur le « miracle » de mère Teresa le 10 octobre 2002 à 18h12
    Le procès en béatification de mère Teresa, la religieuse de Calcutta décédée en 1997, donne lieu à un curieux retournement de situation : des médecins occidentaux évoquent une guérison qui ne peut pas être expliquée scientifiquement tandis que leurs homologues du Tiers-Monde défendent une thèse rationaliste.

    Guérison soudaine et inexpliquée

    Septembre 1998. Monika Besra une Indienne de 30 ans, se meurt d’un cancer à l’abdomen. Hospitalisée chez « les Missionnaires de la Charité », et transportée dans la chapelle de la clinique. (…) A son réveil, dans la nuit du 6 septembre, Monika Besra s’aperçoit qu’elle ne sent plus de douleur et que la tumeur a disparu, selon le journal. Une guérison soudaine et inexpliquée que constatent deux médecins indiens, rapporte l’hebdomadaire.

    (…) La congrégation a consulté une commission médicale, composée de médecins laïcs ou non croyants. Laquelle a conclu qu’il s’agissait d’une guérison ne pouvant pas être expliquée scientifiquement.

    (…) Mais certaines autorités médicales indiennes contestent toute intervention divine dans la guérison de la jeune femme. La direction de l’hôpital Balurghat (dans l’Etat du Bengale de l’Ouest) a indiqué que Monika Besra avait d’abord été soignée pendant un mois, en juin 1998, pour une méningite tuberculeuse. La tumeur avait alors été détectée lors d’une échographie.

    « Les médicaments administrés pour la tuberculose l’ont guérie de sa tumeur, et non pas un miracle », selon le gynécologue Ranjan Mustafi.  »
    -=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=–=–=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-
    La question que je pose est : pourquoi en septembre 1998. Monika Besra cette Indienne de 30 ans qui a 5 enfants s’est elle rendue chez « les Missionnaires de la Charité », si le gynécologue Ranjan Mustafi dit que les médicaments administrés pour la tuberculose l’ont guérie de sa tumeur. ( Je ne suis pas médecin, mais n’est-ce pas un cas de chirurgie?)

    J’ai lu dans d’autres dossiers qu’il n’est pas rare que l’Église Catholique subit de fausses accusations par des hindous radicaux pour des questions politiques.

    Cela dit, on prétend que le couple hindou raconte qu’il n’y a pas eu de guérison, que c’est un canular certains disent même que le couple a obtenu une somme d’argent pour jouer le jeu.

    (Si s’était le cas nous pourrions dire qu’ils ne respectent pas le contrat.)

    Mais heureusement des journalistes ont interrogé le couple. Nous avons un article du magazine Time par exemple. On apprend que le mari hindou ne croît pas au miracle.

    Par contre la jeune femme est certaine d’avoir été guérie miraculeusement.
    Monica still believes in the miracle but admits that she did go to see doctors at the state-run Balurghat Hospital. « I took the medicines they gave me, but, »she insists, « the locket gave me complete relief from the pain. »
    Monica quietly tends to her five children and does not appear to take issue with his use of the first person plural. All she knows is that she has been healed.

    http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,364433,00.html#ixzz2M9OMHrb9

    On peu lire dans un autre article le témoignage de la jeune femme, indienne, qui a été recueilli par Saverio Gaeta pour l’hebdomadaire catholique italien « Famiglia cristiana »

    http://www.famigliacristiana.it/

    http://www.zenit.org/fr/articles/la-rue-du-bac-et-le-memorare-qui-obtiennent-des-miracles

    Qu’a dit le prof Larivée à propos du miracle? Il a réduit l’affaire à un mal de ventre ! Et si je ne me trompe pas il l’a dit lors de l’émission de Denis Lévesque du mardi 26 février.

  • 1 mars 2013 · 12h55 Michel Lacroix

    Pourquoi n’y aurait-il pas un débat entre les pro-Mère Teresa et les anti- Mère Teresa?Ce débat pourrait se faire dans une université.A moins que l’on ait peur de faire des débats au Québec?

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  • Daniel Baril
    Anthropologue de formation (M. Sc. anthropologie biologique) et militant laïque de longue date (Mouvement laïque québécois, Intellectuels pour la laïcité, Association humaniste du Québec), Daniel Baril commente dans ce blogue les évènements en lien avec la laïcité et la religion sous l'angle du rationalisme et de la théorie de l'évolution. Il a été pendant 23 ans journaliste à l'hebdomadaire Forum de l'Université de Montréal

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