Blogue de Daniel Thibault Le Hashtagueur RSS
Cofondateur de TSPC. Coauteur de Mirador. Cogéniteur de quatre enfants. Visiblement incapable de faire quoi que ce soit par moi-même. Retrouvez-moi sur Twitter @danielthibault
Dans la Presse de ce samedi 31 mars, on apprend que le Québécois est à la fois pour la hausse des frais de scolarité… et pour la négociation. Comment est-ce possible? Comment le Québécois peut-il dire une chose et son contraire? Comment a-t-il pu voter pour René Lévesque et Pierre Elliott Trudeau en même temps? Comment peut-il être aussi mêlé? C’est parce que le Québécois est appelé à se promener en gougounes et en Kanuk dans la même semaine. Voilà pourquoi.
Hier, je me suis fendu d’une montée de lait, j’ai encore une veine qui pompe sur le front. Laissez-moi vous en expliquer l’origine. D’abord, un peu d’histoire. Après la Deuxième Guerre mondiale, l’Occident a fait à divers degrés l’expérience de l’État-providence. Appuyé entre autres sur les théories de John Meynard Keynes, qui établissent que l’État peut et doit jouer un rôle dans l’économie, l’Ouest a connu une ère de prospérité sans précédent, les Trente Glorieuses. Une nouvelle catégorie sociale est née: la classe moyenne — oui les jeunes, elle n’a même pas 100 ans! Les blessures infligées par les fléaux du début du siècle ont suscité une solidarité généralisée. La création d’un filet social pour les plus démunis tombait sous le sens. Mais voilà: comme toute expérience humaine, elle a eu ses arrogances. L’État s’est montré gourmand, siphonnant jusqu’à 90% des revenus des plus nantis (voir la chanson Taxman des Beatles). La guerre était déclarée. La victoire s’est profilé pour les ennemis de Keynes lorsqu’une autre école économique, dite École de Chicago, a prédit avec succès l’épisode de stagflation des années 70. Le monétarisme postulait que l’intervention de l’État dans l’économie était nuisible. Il a eu raison cette fois. Le [...]
Le budget conservateur a été rendu public. La hache est tombée. Première mesure annoncée, l’abandon de la cenne noire. Ignoble manoeuvre de relation publique pour mettre l’accent sur l’accessoire plutôt que sur l’essentiel. Car c’est l’abandon de la décence qui est servi dans ce budget. Pas autre chose. On attaque les personnes âgées, on attaque les chiens de garde de l’environnement, on attaque la recherche. Un budget intitulé «Emplois, croissance et prospérité» où l’on supprime 19 200 emplois, c’est une insulte à l’intelligence. J’en entends qui me dise: Radio-Canada, c’est son pain, c’est son beurre, normal qu’il joue la vierge effarouchée. Je ne suis pas vierge, alors je vous envoie paître. Car ce budget s’inscrit dans une perspective plus large. Il est à mettre en relation avec le printemps étudiant. Il est dans la mouvance de ce que j’appelle l’austérité sélective. Les finances publiques sont en difficulté? On nous crie qu’il faut faire notre juste part. Mais pourquoi cette impression tenace que c’est à la classe moyenne/pauvre qu’on demande les sacrifices? Les entreprises sont-elles mises à contribution? Les plus riches sont-ils mis à contribution? Non. Si tu n’as pas de lobbyistes, tu paies. Aussi simple que ça. Je rêve de [...]
Rien de plus désagréable que de se faire accuser de mauvaise foi. J’ai mes convictions, mais je ne suis pas une huître. J’aime à croire que j’ai les mêmes valeurs que Jésus: la fraternité, l’humilité, le ski nautique. C’est pourquoi je tente ici cette exercice de compréhension de l’Autre. Et rien n’est plus Autre pour moi que le Conservateur. Le Conservateur m’apparaît comme un être plein de contradictions. Ça tombe bien, les êtres les plus riches sont souvent les plus complexes. Et de la richesse, les idéologues conservateurs en ont à revendre. Creusons un moment ces contradictions de surface pour découvrir la cohérence des profondeurs. Le Conservateur aime la guerre et il aime la famille. Ce qui ne manque pas d’étonner, car la guerre est un important exterminateur de familles, c’est statistiquement prouvé. Comment aimer son fils et vouloir le conscrire à la fois? C’est ici qu’une nuance s’impose: le Conservateur aime SA famille. Celle des autres l’importune légèrement, je le comprends, j’ai des voisins bruyants moi-même. L’antinomie, donc, n’est qu’apparente: le Conservateur déclare la guerre et il la délègue. Le Conservateur n’aime pas non plus le sexe. Encore là, il y a contradiction, la famille procédant plus souvent qu’autrement d’une relation [...]
J’ai commencé à être actif sur Twitter lors des dernières élections fédérales. Pour une seule et unique raison: je voulais faire tout ce qui était en mon possible pour empêcher Harper d’être élu majoritaire. Quel échec. J’arrive justement de renouveler ma prescription de Prozac. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. À la veille du budget destructeur que les conservateurs s’apprêtent à dévoiler ce jeudi, il faut se mettre à l’oeuvre sans tarder pour miner leur crédibilité. Sous des prétextes fallacieux, ces gens vont exiger de nous de déchirants sacrifices. Démontrons qu’ils n’ont aucune légitimité pour le faire. L’angle que j’avais adopté lors de la campagne de 2011 était simple: chaque jour de la campagne électorale, je publiais un scandale conservateur. Il y a eu 36 jours de campagne, j’ai trouvé sans peine 36 scandales (NOTE: les scandales 5 et 16 se recoupent, distraction de ma part; par contre, il y a eu un «bulletin spécial», ce qui monte le total à 36). Les voici: JOUR 1 : Bev Oda http://bit.ly/f8Y70v JOUR 2 : Outrage au Parlement : http://t.co/ziJp5KJ JOUR 3 : 4 conservateurs ont violé la loi électorale http://t.co/8sl9WdE JOUR 4 : Un ancien des commandites au parti conservateur :
Twitter est une créature avec ses codes et ses lois qui peuvent sembler rebutants aux nouveaux utilisateurs. Ce blogue ayant une relation synergique avec la chose, j’ai cru de mon devoir de démystifier la bête. Ne me remerciez pas, je suis scénariste et ce sont vos taxes qui paient mon salaire. AVATAR: L’image qui te représente. L’avatar de base est un oeuf. L’avatar vraiment de base est un chat ou un chien. ÉPICURIEN: les trois quarts des gens qui fréquentent Twitter sont des épicuriens, donc probablement des obèses, ce qui explique qu’ils se cachent derrière des avatars de chats ou de chiens. ABONNÉ: Un abonné, c’est quelqu’un qui te suit. Contrairement à Facebook, CE N’EST PAS UN AMI. Si tes abonnés sont également tes amis dans la vraie vie, il y a de bonnes chances que ton avatar soit un oeuf. RT: Abréviation de retweeter. Le Saint-Graal du gazouilleur. Quand ton message est retweeté, ça veut dire qu’un abonné le partage avec ses propres abonnés. Tu es une mégastar quand tu tweetes: «Je viens de me décrotter les ongles d’orteils, ça fait du bien» et que tu obtiens 100 RT et plus. #: ou hashtag, ou mot-clic. Ce signe précède [...]
Les gaffes commises sur les médias sociaux sont légion. Moi-même, il m’est arrivé de malencontreusement publier des photos de ma coloscopie sur Facebook en croyant les envoyer en privé à un ami médecin. C’est la fois où j’ai remercié le ciel de ne pas être Brad Pitt car vous imaginez la gêne, sans compter les désagréments mondiaux qu’aurait suscités la publication de cette photo à la une du People. Cette semaine, deux vedettes du commentariat de combat ont vu leur coloscopie étalée en public: Richard Martineau et Stéphane Gendron. Le mot «coloscopie» n’est évidemment pas choisi au hasard, car on a litéralement vu ce qu’ils avaient dans le ventre. Et ce n’était pas très ragoûtant. D’abord, Stéphane Gendron a fait une crise d’apoplexie verbale sur Facebook. Après que les étudiants ont bloqué le Pont Champlain, il les a traités d’«estie de morveux de puants sales» et réclamé un lynchage, rien de moins. Notez le mot «puant» et constatez que l’allégorie coloscopienne fonctionne toujours. Ensuite, Richard Martineau s’est fendu d’un tweet acerbe ayant pour but, j’imagine, de casser le mouvement étudiant d’une botte imparable. Il a écrit: «Vu sur une terrasse à Outremont: 5 étudiants avec carré rouge, mangeant, buvant de [...]
Je ne suis pas l’auteur de cette initiative. Je suis déçu de moi. http://richardmartineau.ca/
La manifestation du 22 mars est un succès. Pas de violence, un nombre record de participants. De quoi être fier. Jean Charest pliera-t-il après cette impressionnante démonstration de mobilisation collective. Impossible. Il s’est peinturé dans le coin par son intransigeance même. Alors quoi après? Tout porte à croire que le gouvernement compte sur l’épuisement du mouvement. Et cet épuisement se définira en terme médiatique. Quel résonance aura le mouvement dans les médias dans les jours, semaines qui vont suivre? Dans quelle mesure donnera-t-il l’impression d’être vigoureux? Le problème ici, c’est qu’une manifestation ayant regroupé 200 000 personnes, c’est comme la sortie de l’album Thriller de Michael Jackson qui vend 40 millions de copie. À moins de rééditer l’exploit, les événements subséquents, même s’ils obtiennent un succès relatif, donneront l’impression que le succès est loin derrière. Pensons au mouvement Occupy. Le démantèlement a eu lieu lorsque les médias s’en sont désintéressés. La grogne a été minime. Travail accompli. Maintenant, que pensez-vous que les étudiants vont devoir faire pour se faire entendre, médiatiquement parlant? Des coups d’éclat. Bloquer des ponts. De la casse même. Bref, la position rigide du gouvernement va fort probablement provoquer une radicalisation du mouvement. Et la population va [...]
Aujourd’hui, manifestation importante contre la hausse sauvage des frais de scolarité. Ma position en 140 caractères est simple : un gouvernement corrompu n’a pas la légitimité d’exiger des autres des sacrifices. Surtout des moins nantis. Cette manifestation débutera à 13h au coin de la rue Peel et du boulevard René-Lévesque Ouest. Beaucoup de monde sont attendus. Par la police entre autres. C’est pourquoi il est important de se conformer à certaines consignes de sécurité. Je propose donc le hashtag #Manifestation101. Allez-y de vos conseils. Ou de vos recommandations aux policiers, on n’est pas regardant. Le moment est historique. À vos tweets, citoyens!!!
S’abonner au blogue
Catégories
- Divers (6)
- Gastronomie (1)
- Humeur (4)
- Scène (1)
- Société (14)
Archives
- avril 2013 (1)
- septembre 2012 (1)
- août 2012 (2)
- juin 2012 (1)
- mai 2012 (1)
- avril 2012 (3)
- mars 2012 (12)



