Après le film, l’opéra!

17 décembre 2012 11h14 · Opéra de Montréal

photo: Fort Worth Opera

 

L’Opéra de Montréal poursuit sa 33e saison en frappant un grand coup : la création québécoise d’un des chefs-d’œuvre de la scène lyrique du XXIe siècle, un drame poignant basé sur une histoire vraie. Dead Man Walking raconte la rencontre improbable entre une religieuse passionnée et un criminel auteur d’un meurtre crapuleux. Le récit bouleversant de Sœur Helen Prejean, adapté au cinéma avec succès a valu à Susan Sarandon l’Oscar de la meilleure actrice en 1995. En 2000, le dramaturge Terence McNally, déjà connu des amateurs d’opéra pour sa pièce Les leçons de Maria Callas, réécrit l’histoire pour en faire son premier livret d’opéra. Le compositeur américain Jake Heggie le met brillamment en musique, signant un œuvre à la fois complexe et mélodieuse, où la modernité n’exclut pas l’accessibilité. Pas étonnant que cette drame de courage et de passion ait été repris près de 30 fois depuis sa création. À laSalle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, les 9, 12, 14 et 16 mars 2013, 19 h 30.

Sur scène, devant et derrière les barreaux, une distribution entièrement canadienne, où l’on reconnaît plusieurs anciens membres de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal. Dans le rôle de Sœur Helen, la mezzo Allyson McHardy, très en demande sur les scènes du monde entier. À ses côtés, une autre étoile confirmée, le baryton Étienne Dupuis qui endosse l’uniforme de prisonnier du criminel Joseph De Rocher. Autour d’eux, nous entendrons Kimberly Barber (la mère de Joseph), Chantale Nurse (Sœur Rose), Mariateresa Magisano (Kitty Hart), Mia Lennox Williams (Jane Boucher), Aidan Ferguson (Sœur Catherine), John Mac Master (Father Grenvil), Thomas Goerz (Owen Hart), Alain Coulombe (George Benton), Kurt Lehmann (Howard Boucher) et Philip Kalmanovitch (un policier). L’Orchestre Métropolitain et le Chœur de l’Opéra de Montréal seront sous la direction du chef britannique Wayne Marshall. Alain Gauthier règle la mise en scène, dans des décors de Harry Frehner et Scott Reid, ce dernier se chargeant aussi des costumes. Éric Champoux éclaire le tout.

Crime et châtiment

Les scènes de prison abondent à l’opéra, de Fidélio au Dialogues des Carmélites, en passant par Faust et Billy Budd. On y rencontre aussi des exécutions, la plupart du temps en coulisses – celle du rôle-titre de Andrea Chénier – mais parfois aussi sur scène, comme celle de Cavaradossi dans Tosca. Mais jamais un opéra n’était allé aussi loin que Dead Man Walking. Depuis l’horrible double meurtre horrible du prologue jusqu’à la scène de l’exécution par injection, d’une froideur clinique insoutenable, la mort est présente sur scène. À la fin de la première représentation à San Francisco, des spectateurs pleuraient sans retenue.

Jamais non plus un compositeur n’avait osé situer son œuvre aussi proche du moment présent. Toutes les morts mentionnées plus haut se situaient dans un passé historique lointain, voire dans un monde imaginaire. Mais Jake Heggie choisit un thème lourd, digne de la première page du journal d’aujourd’hui ou du téléjournal de ce soir. La réalité sur scène rejoint la réalité dans la rue : le soir de la première, à l’extérieur du War Memorial Opera House, dans la rue Van Ness, des opposants à la peine de mort tenaient une veille aux flambeaux. Sœur Helen est allée les rejoindre après le baisser du rideau.

Une étrange histoire d’amour

photo: Fort Worth Opera

 

Malgré l’importance du propos, Dead Man Walking demeure une œuvre de théâtre musical absolument vivante et passionnante. La mélodie est présente aussi dans l’œuvre, que ce soit par l’hymne gospel qu’on entend au début et à la fin de l’opéra, la chanson populaire qui joue à la radio pendant le prologue, de même que les vibrantes envolées lyriques des arias dignes des compositeurs du bel canto. Les ensembles (duo, sextuor) qui émaillent l’œuvre contribuent à en faire une expérience éminemment satisfaisante pour l’amateur d’opéra. C’est seulement au moment de l’exécution que l’orchestre va jusqu’au silence, comme si le pouvoir d’expression de la musique atteignait là sa limite.

Dead Man Walking n’est pas un pamphlet anti peine de mort, ni une œuvre de propagande, malgré les prises de positions très fermes de la femme qui l’a inspirée. C’est un drame qui saisit les nuances et les subtilités, voire l’humour, à l’intérieur et tout autour de son puissant thème central. C’est aussi une histoire d’amour d’un genre nouveau, qui se termine par le « Je vous aime » que lance Joseph De Rocher mourant à Sœur Helen.

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Présentation

En grande première québécoise, une œuvre phare et forte de l’opéra d’aujourd’hui, acclamée partout dans le monde, et un vibrant plaidoyer contre la peine de mort. L’histoire vraie de Sœur Helen Prejean, qui a inspiré le film primé aux Oscars, est ici mise en scène par l’une des étoiles de la mise en scène lyrique canadienne, Alain Gauthier.

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