Neuraxis: s’arracher la peau de la face

8 février 2010 16h48 · Dominic Tardif

Peu de chanteurs peuvent afficher autant de bonhomie en conjurant leurs disciples à «s'arracher la peau de la face», qu'Alex Leblanc, musculeux et charismatique leader de Neuraxis, figure de proue du death métal québécois, assourdissant depuis 1994 et de passage au Bar Le Magog vendredi dernier.

Comptant sur de nouveaux venus à la batterie et à la basse (aucun membre de la première mouture de Neuraxis n'est encore de l'aventure, ce qui en fait en quelque sorte la Bottine souriante du métal), la formation a offert une sélection de pièces empruntant à ses différentes époques, pris les demandes spéciales beuglées par de dévoués fans et offert une nouvelle chanson.

Contrairement à certains de ses contemporains, Neuraxis arrive à déployer sa technicité avec âme, dans une posture dénuée de toute affectation et de tout artifice. Un pied de nez à la froideur de Cryptopsy et compagnie auquel l'humour et le palpable plaisir de Leblanc et sa bande n'est pas étranger.

Moment fort et captivant: Leblanc divise le public en deux et lui demande de s'aligner contre le mur pour mieux entrer en collision lors de l'attaque de la dernière chanson du spectacle. «Comme le gars dit dans Gladiator: "At my signal, unleash hell", pis ceux qui veulent pas trasher, qu'ils aillent s'asseoir au bar.» Ce que je fis, soulagé de m'éloigner de l'odeur de sueur, pas moins prégnante parce que compréhensible.

À l'urinoir avant le concert, un métalleux, simple spectateur, confiait à un compatriote: «Ça fait presque deux mois que je n'ai pas fait de shows.» À la lumière de l'intensité du circle pit déclenché, l'emploi du verbe faire n'avait rien d'abusif.

Neuraxis

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  • 9 février 2010 · 19h16 anonymous

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Dominic Tardif
Dominic Tardif vit à Sherbrooke. Il collabore à Voir Estrie et à Voir. Il s'intéresse à la musique et à la littérature.

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