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	<title>Commentaires sur : Je bêche donc je suis : Agriculture urbaine et recherche d’authenticité</title>
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		<title>Par : Élise Desaulniers</title>
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		<dc:creator>Élise Desaulniers</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Jun 2012 20:59:50 +0000</pubDate>
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		<title>Par : Léon Trudel</title>
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		<dc:creator>Léon Trudel</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Jun 2012 17:34:39 +0000</pubDate>
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		<description>J&#039;aimerais obtenir les coordonnées de la Mme qui loue des chèvres aux USA.

Nom du commerce:
Endroit  ville &amp; état : 
Nom de la Mme : 

Merci,</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;aimerais obtenir les coordonnées de la Mme qui loue des chèvres aux USA.</p>
<p>Nom du commerce:<br />
Endroit  ville &amp; état :<br />
Nom de la Mme : </p>
<p>Merci,</p>
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		<title>Par : Beauvoir</title>
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		<dc:creator>Beauvoir</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 May 2012 15:46:23 +0000</pubDate>
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		<description>Cynisme délirant. Vous avez lu un article, vous vous y êtes reconnue, alors à vous d’assumer sans nous projeter vos propres insécurités devant votre quête d’« authenticité ».</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Cynisme délirant. Vous avez lu un article, vous vous y êtes reconnue, alors à vous d’assumer sans nous projeter vos propres insécurités devant votre quête d’« authenticité ».</p>
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		<title>Par : Ianik Marcil</title>
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		<dc:creator>Ianik Marcil</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 May 2012 01:47:50 +0000</pubDate>
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		<description>La recherche de l&#039;«authenticité» (je mets entre guillemets parce qu&#039;elle n&#039;est qu&#039;un signifiant sophistique qui cherche l&#039;assentiment dans le discours) est un des avatar les plus puissants du capitalisme consumériste contemporain. Dans ce petit texte, Lipovetsky pose particulièrement bien le problème, à mon sens:

«La société d&#039;hyperconsommation est paradoxale : tandis que triomphent le culte du nouveau et la logique généralisée de la mode (image, spectacle, séduction médiatique, jeux et loisirs), on voit se développer, à rebours de cette espèce de frivolité structurelle, tout un imaginaire social de l&#039;authentique. On en constate chaque jour les effets : c&#039;est la quête des &quot;racines&quot; et la prolifération des musées et des écomusées (pas une petite ville qui n&#039;ait son écomusée, comme ce musée de la Crêpe de Bretagne). C&#039;est le culte du patrimoine, avec ses quartiers réhabilités, ses immeubles ravalés, ses hangars reconvertis ; sans parler du succès des brocantes, un des loisirs les plus prisés des Français. C&#039;est, aussi, la mode du vintage. La logique de l&#039;authentique innerve de nombreux secteurs, y compris alimentaires avec ses appellations d&#039;origine protégée qui assurent le consommateur de l&#039;authenticité des produits. 

On n&#039;en finirait pas, à vrai dire, de recenser toutes les manifestations de cette soif d&#039;authenticité. Il faudrait parler également du développement touristique des voyages dans des contrées &quot;sauvages&quot; ou de l&#039;intrusion du &quot;parler vrai&quot; dans le politique, ainsi que du succès des discours et référenciels identitaires. Le retour du religieux y participe, en ce qu&#039;il fait signe aux &quot;vraies&quot; valeurs contre la société frelatée, gouvernée par l&#039;éphémère, le superficiel et l&#039;artifice. L&#039;immémorial contre l&#039;impermanence : les deux mouvements, bien sûr, se nourrissent, la poussée du frivole favorisant celle de l&#039;authentique.

Cet imaginaire naît de l&#039;anxiété liée à la modernisation effrénée de nos sociétés, à l&#039;escalade technico-scientifique, aux nouveaux périls pesant sur la planète. Il traduit une nostalgie du passé qu&#039;on idéalise, d&#039;un temps qui ne se dévorait pas lui-même, mais où l&#039;on savait mieux vivre. une illusion, sans doute, qui s&#039;accompagne d&#039;un regard critique sur notre univers insipide, stéréotypé, où sont éradiqués la sociabilité et les sens et où règne en revanche la dictature du marché et des marques. L&#039;authentique compense par sa chaleur, ce défaut de racines et d&#039;humanité. C&#039;est un imaginaire protecteur qui évoque un monde à l&#039;abri de ces désastres.

Cette soif d&#039;authenticité traduit-elle une pensée rétrograde, une revitalisation de l&#039;esprit de tradition ? Nullement : elle correspond à l&#039;épuisement de l&#039;idéal du bien-être tel qu&#039;il s&#039;est construit au cours des Trente Glorieuses en même temps qu&#039;une nouvelle exigence de mieux-être à l&#039;heure où la voiture, la télé, la salle de bains sont diffusées dans toutes les couches sociales. L&#039;authentique n&#039;est pas l&#039;autre de l&#039;hypermodernité : il n&#039;est que l&#039;une de ses faces, l&#039;une des manifestations du nouveau visage du bien-être, le bien-être émotionnel chargé d&#039;attentes sensitives et de résonances culturelles et psychologiques. Un bien-être au carré, non plus simplement fonctionnel, mais mémoriel et écologique, qualitatif et esthétique au service de l&#039;affirmation de l&#039;individualité. Ironie des choses : le culte de l&#039;authentique qui remonte à Rousseau, et qui a nourri la contre-culture, via Heidegger, s&#039;est développé dans les années 1960-1970 contre le bourgeoisisme et les conventions &quot;oppressives&quot;. Nous n&#039;en sommes plus là : délesté de toute portée protestataire, le culte de l&#039;authenticité apparaît comme la nouvelle manière de rêver et d&#039;acheter de l&#039;Homo consumericus contemporain.»

Gilles Lipovetsky
«La fièvre de l&#039;authentique» in : Jérôme Garcin, Nouvelles mythologies, Seuil, 2007 p. 107.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>La recherche de l&#8217;«authenticité» (je mets entre guillemets parce qu&#8217;elle n&#8217;est qu&#8217;un signifiant sophistique qui cherche l&#8217;assentiment dans le discours) est un des avatar les plus puissants du capitalisme consumériste contemporain. Dans ce petit texte, Lipovetsky pose particulièrement bien le problème, à mon sens:</p>
<p>«La société d&#8217;hyperconsommation est paradoxale : tandis que triomphent le culte du nouveau et la logique généralisée de la mode (image, spectacle, séduction médiatique, jeux et loisirs), on voit se développer, à rebours de cette espèce de frivolité structurelle, tout un imaginaire social de l&#8217;authentique. On en constate chaque jour les effets : c&#8217;est la quête des &laquo;&nbsp;racines&nbsp;&raquo; et la prolifération des musées et des écomusées (pas une petite ville qui n&#8217;ait son écomusée, comme ce musée de la Crêpe de Bretagne). C&#8217;est le culte du patrimoine, avec ses quartiers réhabilités, ses immeubles ravalés, ses hangars reconvertis ; sans parler du succès des brocantes, un des loisirs les plus prisés des Français. C&#8217;est, aussi, la mode du vintage. La logique de l&#8217;authentique innerve de nombreux secteurs, y compris alimentaires avec ses appellations d&#8217;origine protégée qui assurent le consommateur de l&#8217;authenticité des produits. </p>
<p>On n&#8217;en finirait pas, à vrai dire, de recenser toutes les manifestations de cette soif d&#8217;authenticité. Il faudrait parler également du développement touristique des voyages dans des contrées &laquo;&nbsp;sauvages&nbsp;&raquo; ou de l&#8217;intrusion du &laquo;&nbsp;parler vrai&nbsp;&raquo; dans le politique, ainsi que du succès des discours et référenciels identitaires. Le retour du religieux y participe, en ce qu&#8217;il fait signe aux &laquo;&nbsp;vraies&nbsp;&raquo; valeurs contre la société frelatée, gouvernée par l&#8217;éphémère, le superficiel et l&#8217;artifice. L&#8217;immémorial contre l&#8217;impermanence : les deux mouvements, bien sûr, se nourrissent, la poussée du frivole favorisant celle de l&#8217;authentique.</p>
<p>Cet imaginaire naît de l&#8217;anxiété liée à la modernisation effrénée de nos sociétés, à l&#8217;escalade technico-scientifique, aux nouveaux périls pesant sur la planète. Il traduit une nostalgie du passé qu&#8217;on idéalise, d&#8217;un temps qui ne se dévorait pas lui-même, mais où l&#8217;on savait mieux vivre. une illusion, sans doute, qui s&#8217;accompagne d&#8217;un regard critique sur notre univers insipide, stéréotypé, où sont éradiqués la sociabilité et les sens et où règne en revanche la dictature du marché et des marques. L&#8217;authentique compense par sa chaleur, ce défaut de racines et d&#8217;humanité. C&#8217;est un imaginaire protecteur qui évoque un monde à l&#8217;abri de ces désastres.</p>
<p>Cette soif d&#8217;authenticité traduit-elle une pensée rétrograde, une revitalisation de l&#8217;esprit de tradition ? Nullement : elle correspond à l&#8217;épuisement de l&#8217;idéal du bien-être tel qu&#8217;il s&#8217;est construit au cours des Trente Glorieuses en même temps qu&#8217;une nouvelle exigence de mieux-être à l&#8217;heure où la voiture, la télé, la salle de bains sont diffusées dans toutes les couches sociales. L&#8217;authentique n&#8217;est pas l&#8217;autre de l&#8217;hypermodernité : il n&#8217;est que l&#8217;une de ses faces, l&#8217;une des manifestations du nouveau visage du bien-être, le bien-être émotionnel chargé d&#8217;attentes sensitives et de résonances culturelles et psychologiques. Un bien-être au carré, non plus simplement fonctionnel, mais mémoriel et écologique, qualitatif et esthétique au service de l&#8217;affirmation de l&#8217;individualité. Ironie des choses : le culte de l&#8217;authentique qui remonte à Rousseau, et qui a nourri la contre-culture, via Heidegger, s&#8217;est développé dans les années 1960-1970 contre le bourgeoisisme et les conventions &laquo;&nbsp;oppressives&nbsp;&raquo;. Nous n&#8217;en sommes plus là : délesté de toute portée protestataire, le culte de l&#8217;authenticité apparaît comme la nouvelle manière de rêver et d&#8217;acheter de l&#8217;Homo consumericus contemporain.»</p>
<p>Gilles Lipovetsky<br />
«La fièvre de l&#8217;authentique» in : Jérôme Garcin, Nouvelles mythologies, Seuil, 2007 p. 107.</p>
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		<title>Par : Yvon Roy</title>
		<link>http://voir.ca/elise-desaulniers/2012/05/09/je-beche-donc-je-suis-agriculture-urbaine-et-recherche-d%e2%80%99authenticite/#comment-119</link>
		<dc:creator>Yvon Roy</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 May 2012 17:16:00 +0000</pubDate>
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		<description>Il faudra que vous goûtiez mes tomates, très chère, je ne sas pas si c&#039;est l&#039;ego que j&#039;y mets, mais elle sont délicieuses. :)

Outre le goût, Je jardine pour retrouver la lenteur d&#039;un rythme plus propre à la vie, par la contemplation que le végétal propose, aussi pour montrer à mon fils le temps nécessaire à produire de la nourriture, enseignement intéressant pour un enfant qui grandit en ville, avec comme seul spectacle maraîcher habituel, un comptoir de légumes. Il y a aussi toute la symbolique associée au geste de plonger ses mains dans la terre pour lui demander sa pitance, forme de prière, en quelque sorte, et qui est nourrissant d’un point de vue émotif et philosophique.

Par contre, le point de vue d&#039;Andrew Potter, lui, est enfant d’un cynisme bien contemporain, justement... Il confond tout, d&#039;une certaine manière: l&#039;humain est toujours à la recherche de modernité, et la modernité change de forme. Aussi, le potager, anciennement répandu, puis presque disparu, revient pour des raisons différentes: de la simple survie alimentaire, il prolifère maintenant sous la forme d&#039;un lien à son alimentation disparu brièvement, mais utile pourtant à l’équilibre psychique, qui carbure aux symboliques, on le sait —en ce sens, le jardinage est devenu une modernité thérapeuthique—, mais aussi à travers une recherche du goût qui se perd dans le légume des hypermarchés. 

Merci d’avoir posté ce texte, c’était un plaisir d’y répondre et de partager ma vision du potager. J’imagine qu’elle ne représente pas obligatoirement celle qui tisse la nouvelle tendance, mais bon…

Au plaisir,

Yvon</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Il faudra que vous goûtiez mes tomates, très chère, je ne sas pas si c&#8217;est l&#8217;ego que j&#8217;y mets, mais elle sont délicieuses. <img src='http://voir.ca/elise-desaulniers/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Outre le goût, Je jardine pour retrouver la lenteur d&#8217;un rythme plus propre à la vie, par la contemplation que le végétal propose, aussi pour montrer à mon fils le temps nécessaire à produire de la nourriture, enseignement intéressant pour un enfant qui grandit en ville, avec comme seul spectacle maraîcher habituel, un comptoir de légumes. Il y a aussi toute la symbolique associée au geste de plonger ses mains dans la terre pour lui demander sa pitance, forme de prière, en quelque sorte, et qui est nourrissant d’un point de vue émotif et philosophique.</p>
<p>Par contre, le point de vue d&#8217;Andrew Potter, lui, est enfant d’un cynisme bien contemporain, justement&#8230; Il confond tout, d&#8217;une certaine manière: l&#8217;humain est toujours à la recherche de modernité, et la modernité change de forme. Aussi, le potager, anciennement répandu, puis presque disparu, revient pour des raisons différentes: de la simple survie alimentaire, il prolifère maintenant sous la forme d&#8217;un lien à son alimentation disparu brièvement, mais utile pourtant à l’équilibre psychique, qui carbure aux symboliques, on le sait —en ce sens, le jardinage est devenu une modernité thérapeuthique—, mais aussi à travers une recherche du goût qui se perd dans le légume des hypermarchés. </p>
<p>Merci d’avoir posté ce texte, c’était un plaisir d’y répondre et de partager ma vision du potager. J’imagine qu’elle ne représente pas obligatoirement celle qui tisse la nouvelle tendance, mais bon…</p>
<p>Au plaisir,</p>
<p>Yvon</p>
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