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	<title>Élise Desaulniers &#187; Divers</title>
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		<title>La madame aux chats</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jun 2012 18:38:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Élise Desaulniers</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a quelques années, un ami m’a mise en garde. J’étais en voie devenir une « madame aux chats du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelques années, un ami m’a mise en garde. J’étais en voie devenir une « madame aux chats du Plateau ». Ce genre de fille qui semblent avoir plus d’affection pour les félins que les humains et qui vont mourir célibataire dans leur 4 ½ rempli de poil. Heureusement, j’ai depuis intégré un peu de peau à ma vie poilue, mais je demeure l’amie des chats.</p>
<p>Bien que je sois l’amie des chats, je suis surtout l’amie de mes chats. Je ne me suis jamais vraiment intéressée au sort des autres, à l’espèce. Il y a suffisamment de « vraies » madames aux chats pour ça. C’est plutôt les animaux d’élevage qui ont retenu mon attention, ceux qu’on ne voit pas et qu’on mange dans l’indifférence.</p>
<div id="attachment_78" class="wp-caption alignleft" style="width: 298px"><a href="http://voir.ca/elise-desaulniers/files/2012/06/sb.jpg" ><img class="size-full wp-image-78" src="http://voir.ca/elise-desaulniers/files/2012/06/sb.jpg" alt="" width="288" height="314" /></a><p class="wp-caption-text">Une partie de mon cheptel</p></div>
<p>J’ai même souvent donné comme exemple de notre schizophrénie morale le fait que nous traitons beaucoup mieux les animaux domestiques que les animaux d’élevage. Vrai, mais la situation des animaux domestiques au Québec est critique. C’est Lise Bergeron qui m’a ouvert les yeux. Lise est journaliste et bénévole à la SPCA. Elle a signé un article sur le drame qui se vit quotidiennement dans le refuge pour animaux dans un <a target="_blank" href="http://www.ababord.org/spip.php?article1244" >numéro récent d’À Babord</a>. Je l’ai rencontrée au lancement. Après cinq minutes de discussion, mes yeux tout juste ouverts étaient remplis de larmes. Et je n’avais même pas bu.</p>
<p>Les chiffres parlent d’eux-mêmes. <strong>On compte 500 000 abandons d’animaux domestiques par année au Québec, dont la moitié l’été, autour du premier juillet. Là-dessus, 80 % seront euthanasiés. Quand on se compare, on se désole : nos cousins français n’en abandonnent « que » 100 000.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Question de contrat</h3>
<p>Dans <em>La Presse </em>cette semaine, l’éditorialiste Mario Roy <a target="_blank" href="http://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/mario-roy/201206/21/01-4537295-le-jour-d.php" >rappelait ces faits troublants</a> et soulignait avec justesse que la relative insensibilité des Québécois dénote « une ignorance du “contrat” signé avec les quelques espèces qui se sont liées à nous — et nous à elles — au fil des millénaires, lequel impose l&#8217;obligation morale de bien les traiter. »</p>
<p>Ces animaux que nous avons domestiqués, ils font partie de notre société. Nous avons une responsabilité collective de nous en préoccuper. Ce n’est pas parce que j’achète des fraises biologiques que je suis dispensée de m’intéresser au sort des travailleurs agricoles exposés aux pesticides. Et ce n’est pas parce que je traite bien mes chats que je suis dispensée de m’occuper de ceux qui sont abandonnés. Je suis, à mon tour, devenue bénévole à la SPCA il y a un peu moins de deux mois.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Situation intenable</h3>
<div id="attachment_82" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://voir.ca/elise-desaulniers/files/2012/06/Alanna-Devine-and-dog-pic.preview.jpg" ><img class="size-full wp-image-82" src="http://voir.ca/elise-desaulniers/files/2012/06/Alanna-Devine-and-dog-pic.preview.jpg" alt="" width="300" height="273" /></a><p class="wp-caption-text">Alanna Devine de la SPCA Montréal</p></div>
<p>J’ai passé quelques minutes avec Alanna Devine, directrice du Bien-être des animaux à la SPCA de Montréal. Alanna est probablement l’avocate qui a le bureau le moins chic en ville : la SPCA est pauvre, toutes les ressources sont utilisées à sauver des animaux. Entre nous, un gros chien aveugle dont j’ai oublié de noter le nom. Alanna le garde temporairement et s’apprêtait à l’amener chez l’ophtalmo.</p>
<p>Avant de mettre les pieds à la SPCA, j’avais l’impression qu’il s’agissait d’une sorte d’organisme para municipal ou gouvernemental. Mais il n’en est rien. La SPCA ne dépend que des dons du public pour fonctionner. Contrairement aux fourrières comme le Berger Blanc, des entreprises privées qui font du contrôle animalier, la SPCA a pour objectif de protéger les animaux. Les fourrières éliminent les animaux au plus bas coût possible (<a target="_blank" href="http://www.bergerblanccruaute.com/fr/berger-blanc-cruaute-investigation.html" >on se rappelle le reportage de Radio-Canada…</a>) et la SPCA fait tout pour sauver la vie des animaux.</p>
<p>Dans les contrats de service qu’elle signe avec les arrondissements, la SPCA demande un engagement ferme d’éducation et de sensibilisation. Elle cherche à prévenir le problème à la source : les animaux errants qui sont amenés sont tous stérilisés. Ce qui ne règle pas le problème d’abandon d’animaux : certains jours, une trentaine de personnes attendent en ligne au comptoir pour laisser leur animal. Chaque matin, on trouve des chats empilés devant la porte. Quotidiennement, c’est de 40 à 50 chats qui sont amenés. Et malgré toutes les campagnes de sensibilisation, la SPCA reçoit 15 % plus d’animaux que l’an dernier.</p>
<p><strong>Cette semaine, 300 chats attendent d’être adoptés. Et les camions de déménagement ne sont pas encore arrivés.</strong></p>
<p>Une situation intenable, surtout que l’euthanasie est la dernière solution envisagée. Des animaux sont là pendant des mois. Je peux en témoigner : à chaque visite, je retrouve mes félins préférés. Alors que le Berger Blanc euthanasie 80 % des animaux qu’on lui apporte, la SPCA doit mettre fin aux jours d’un peu plus de 30 % des chats et de 10 % des chiens qui lui sont confiés.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3> 300 chats, 300 cages à laver</h3>
<p>Pour s’occuper de tous ces animaux, la SPCA compte sur le travail d’une centaine d’employés et de plus de 300 bénévoles, comme moi. Chaque semaine, je me rends à l’Annexe, le refuge d’urgence de la SPCA où je lave des cages et donne quelques caresses à la centaine de félins en attente d’une nouvelle famille. Premier constat, les animaux sont bien traités. Malgré des ressources limitées, on essaie de rendre le lieu le plus agréable possible. Certains chats partagent même de grandes pièces où ils peuvent courir et jouer. Chaque chat a sa place et on essaie de lui rendre la vie la plus agréable possible. J’ai mes préférés. Dont cette petite femelle qui entre systématiquement dans toutes les cages que je nettoie pour être flattée. Ou un gros mâle gris qui veut toujours être le premier à tester une litière fraichement nettoyée. Le plus difficile est de ne pas les adopter.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Ignorance et irresponsabilité</h3>
<p>Pour Alanna Devine, l’ignorance des maîtres est la source de la majorité des abandons. Les gens adoptent des chiens et ne connaissent pas les besoins de l’animal, ne prennent pas le temps de l’éduquer et n’ont pas de temps à lui consacrer. Le chien fait alors des bêtises à répétition. On l’abandonne donc avec des excuses qui laissent songeur : « il pète les plombs… » Oui, mais il a passé sa journée dans une cage!</p>
<p>Trop de maîtres sont également irresponsables. Ils ne font pas stériliser leurs animaux. Stériliser son chat coûte cher, des bébés, c’est cute. Et finalement, ce n’est plus cute. On apporte les chatons à la SPCA ou on les laisse devenir des chats errants qui vont à leur tour se multiplier. La SPCA a calculé la vitesse à laquelle se multiplient un chat non stérilisé et ses chatons.</p>
<p>1re année = 3 portées = 12 chatons</p>
<p>2e année = 144 chats</p>
<p>3e année = 1728 chats</p>
<p>4e année = 20 736 chats</p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/2kUctEWahxc" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe></p>
<p>Une solution ? À New York, des cliniques de stérilisation font le tour des quartiers et offrent leurs services à bas prix. L’Idée est géniale, mais au Québec, l’implantation d’un tel projet demeure difficile&#8230; <a target="_blank" href="http://www.protegez-vous.ca/affaires-et-societe/chiens-et-chats-quand-la-sterilisation-a-bas-prix.html" >Protégez-vous en parlait récemment</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Pour agir</h3>
<p>Ce week-end, des centaines d’animaux abandonnés vont venir remplir les cages que je viens tout juste de nettoyer. Qu’on soit une madame aux chats ou pas, on a le devoir moral de s&#8217;en occuper.</p>
<ul>
<li>On peut évidemment venir en adopter. Ils sont nombreux sur <a target="_blank" href="http://www.petfinder.com/index.html" >Petfinder</a> à attendre une nouvelle famille. Si on n’est pas prêt à faire le grand saut, pourquoi ne pas devenir simplement <a target="_blank" href="http://www.spca.com/?page_id=66&amp;lang=fr" >foyer d’accueil temporaire</a> ?</li>
<li>La SPCA cherche toujours des bénévoles. Au <a target="_blank" href="http://www.spca.com/?page_id=7&amp;lang=fr" >siège social</a> ou <a target="_blank" href="https://www.facebook.com/pages/Montreal-SPCA-Emergency-Shelter/178533658712" >au refuge d’urgence</a>, comme moi.</li>
<li>Finalement, on peut aussi faire <a target="_blank" href="https://don.spca.com/donation/checkout.php?donation_id=9e6ad4134df93b7976bf998209253411&amp;show_credit_card=yes&amp;id_type=donation_id&amp;id_value=9e6ad4134df93b7976bf998209253411&amp;language_c=FRENCHQC" >des dons</a>.</li>
</ul>
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		<title>Le niveau minimal</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Mar 2012 19:25:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Élise Desaulniers</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Je viens de voir passer ceci dans mon fil de nouvelles : Ce n&#8217;est pas une blague mais bien le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je viens de voir passer ceci dans mon fil de nouvelles :</p>
<p><img class="alignnone" src="https://fbcdn-sphotos-a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash3/559402_10150687801349194_123811819193_8950610_148913012_n.jpg" alt="" width="462" height="576" /></p>
<p>Ce n&#8217;est pas une blague mais bien le libellé d&#8217;un appel d&#8217;offres gouvernemental qu&#8217;a publié la <a target="_blank" href="https://www.facebook.com/sdgq.ca" >Société des designers graphiques</a> sur sa pages Facebook. Je sais bien que c&#8217;est des termes techniques pris hors contexte et que c&#8217;est une pratique généralisée. Mais dans ce cas-ci, le résultat me semble particulièrement consternant, surtout quand on sait que l&#8217;appel d&#8217;offre aurait pu être fait différemment. On parle de design ici, pas d&#8217;asphalte ou de tapis de souris. L&#8217;idée de voir les même critères appliqués dans l&#8217;embauche de fonctionnaires me fait sourire&#8230;</p>
<p style="text-align: center">***</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>En complément d&#8217;info (copié d&#8217;un commentaire de <a target="_blank" href="https://www.facebook.com/cgingras" >Christian Gingras</a>) : Cet appel d&#8217;offre relève de la Loi sur les contrats des organismes publics. Selon cette loi, les contrats attribués au terme d&#8217;un appel d&#8217;offres peuvent l&#8217;être sous trois formes différentes: </em></p>
<p><em>1. Prix le plus bas, sans évaluation de la qualité (il faut alors que l&#8217;appel d&#8217;offres soit très précis quant aux biens ou services demandés); c&#8217;est généralement ce qui est utilisé quand il faut acheter du papier ou des trucs du genre. </em></p>
<p><em>2. Prix ajusté selon la qualité, où un comité donne une note sur 100 à différents critères décrits dans l&#8217;appel d&#8217;offres, pour en arriver à une note globale de qualité. Le prix est alors ajusté en fonction de la note de qualité obtenue. Selon cette méthode, un soumissionnaire avec un prix plus élevé pourrait obtenir le contrat si sa note de qualité est proportionnellement plus haute que celle de ses concurrents. </em></p>
<p><em>3. Prix le plus bas, si la qualité obtient une note minimale. Ce que ça veut dire dans les faits, c&#8217;est que la qualité est évaluée par un comité. Au terme de cette évaluation, les soumissionnaires qui n&#8217;ont pas obtenu une note minimale de qualité(généralement 70%) sont éliminés. Des autres qui restent, c&#8217;est le prix le plus bas qui l&#8217;emporte. Le contrat pourrait donc être donné à une entreprise qui a obtenu 72% au niveau de la qualité par rapport à une autre qui a obtenu 94%, même si la différence de prix n&#8217;est que de 2$. C&#8217;est probablement la méthode la moins utilisée mais elle est tout de même tout à fait valide. C&#8217;est celle-là qui a été utilisée dans cet exemple. </em></p>
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