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Carnage

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  • Cote de Voir3.5
  • PaysPologne, France, Allemagne
  • Année2011
  • Sortie DVD20 mar 2012
  • Durée1h20
  • GenreComédie
  • ClassificationGénéral
  • RéalisateurRoman Polanski
  • Mettant en vedetteJodie Foster, Christoph Waltz et Kate Winslet
  • Site officielwww.sonyclassics.com/carnage
  • Sommaire

    Les parents de deux garçons s’étant bagarrés se rencontrent pour en discuter de manière civilisée. Cependant, la situation dégénère à un point tel que cela ressemble plus à un règlement de comptes qu’à une discussion.

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  • 6 janvier 2012 · 01h31 Jimmy Chartrand

    Carnage: les exigences de la démence

    Une banalité ne peut certainement pas apporter une bonne idée. D’où la logique même qu’une autre (et une autre) banalité devra inévitablement s’enchaîner.

    Politesse oblige, puisqu’il n’y a que les grandes personnes qui savent apparemment se conduire, séance de bonne manière entre les Longstreet et les Cowan, histoire de régler de manière civilisé ce que des jeunes ont stupidement débuté. Lire ici: régler ou tenter de régler à l’amiable une mauvaise dispute qui s’est terminée vraisemblablement en coups et blessures.

    Le fait est toutefois que sous la pression, l’impression, l’image et l’allure, rien n’est plus dégénéré qu’un être confiné qui veut bien paraître. Dans un huis-clos des plus habile, tel un oignon, chacun des quatre personnages qu’on s’amuse à laisser se confronter dans la relation amour-haine la plus sympathique qu’on aie pu voir depuis longtemps, se dévoile et se laisse se presser le citron jusqu’à pisser la vérité de tous bords tous côtés.

    De cela, Polanski ne démontra pas l’ultime façon de rendre cinématographique ce qui au départ était théâtral. Puisque les deux formes d’art sont distinctes, les tiques de la mise en scène, aussi soignée peut-elle être, s’en fait encore ressentir. (Parlez-en aux Doubt de ce monde). Toutefois, bien concentrée et penché sur son microcosme, aussi divin les textes peuvent-ils êtres, à la manière de Musée haut, Musée bas, mais avec un succès beaucoup plus considérable, le cinéaste émérite laisse donc toute la place à ses quatre têtes d’affiche se défoncer littéralement dans une dévotion envieuse à leur éclaté personnage.

    Coups bas sur coups bas à l’aide de gestes, postures, regards et emplacements réglés au quart de tour, on laisse la situation apparemment contrôlé se dégénérer dans la démesure la plus grandiloquente. Plus noir que gras, le rire est ainsi omniprésent, au point de nous faire mal (au joue) et de par moment nous empêcher littéralement de respirer, le fou rire ne voulant plus nous quitter, compte tenu de la finesse des dialogues et des observations.

    C’est qu’ici à travers cette élégance apparente on se moque de la haute, on laisse le peuple se bidonner pendant que les bourgeois s’entre-déchirent, entre ménage, mais également dans leur propre ménage. Prêts à tout pour virer tout sans dessus-dessous.

    On ne réinvente pas la sauce et les tiques de l’obligation sont prévisibles, mais ô combien apprécié, surtout dans toutes ces tactiques qui ramènent toujours dans la pièce fatidique. Dès lors, le carnage a lieu, mais c’est loin d’être le spectateur qui le subit, ce, à son plus grand plaisir.

    Si Christoph Waltz et Kate Winslet, fidèles à leur habitude, sont tout simplement parfaits du début à la fin, on ne peut cacher la présence d’un John C. Reilly dans une grande forme, parfait contraste à l’élégance et mouton noir de cette belle réunion, alors qu’à l’opposé parfaite, Jodie Foster, possède l’évolution émotionnelle la plus décapante du quatuor, revenant ici dans une forme pratiquement révolutionnaire compte tenu de son The Beaver qu’elle nous avait fait subir il n’y a pourtant pas si longtemps.

    Film de performances donc, alors que les quatre interprètes de feu (n’ayons pas peur des mots), s’approprient avec maestria les textes sacrés de Yasmina Reza, qui longtemps après l’écoute laisse résonner la sagesse bien salé et sucré de sa pièce de théâtre Le dieu du carnage.

    On devra peut-être admettre que cette « simple » adaptation ne pourra être considéré comme un « véritable » Polanski, mais ce sera simple: en terme de divertissement, on aura difficilement vu mieux dans le plus proche présent. Et en terme de comédie, rares sont celles qui nous auront autant dilaté la rate.

    Donc pour toutes ces raisons et parce que ça se savoure de son début jusqu’à sa toute fin du haut de sa courte, mais endiablée heure et vingt, on ne pourra que saluer l’effort et surtout, le célébrer avec l’enthousiasme le plus pressant.

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