
3
2 cotes
Intouchables
- Cote de Voir3
- PaysFrance
- Année2011
- Sortie13 avril 2012
- Sortie DVD18 décembre 2012
- Année112 min.
- GenreComédie dramatique
- ClassementGénéral
- RéalisateurOlivier Nakache, Éric Toledano
- Mettant en vedetteOmar Sy, François Cluzet, Anne Le Ny
- Sommaire
Un Noir issu d'une cité défavorisée est engagé comme aide-soignant par un milliardaire tétraplégique. Par son sans-gêne, le jeune ex-détenu met du soleil dans la vie de l'entourage coincé de son employeur, qui à son tour l'aide à résoudre ses problèmes familiaux.
Articles
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12 avril 2012 · Manon Dumais
Édition : estrie, gatineauottawa, mauricie et montrealTouche pas à mon pote
Reposant sur la recette éculée du tandem dépareillé, Intouchables fonctionne dangereusement tant la chimie opère magnifiquement entre François Cluzet, parfait ...
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5 avril 2012 · Manon Dumais
Édition : estrie, mauricie, quebec et montrealUne paire d'as
Succès phénoménal en France, Intouchables, d’Éric Toledano et Olivier Nakache, met en scène François Cluzet et Omar Sy, lauréat du César d’interprétation masculine, en impayable duo dépareillé.


Intouchables: feel-good movie roulant
Eric Toledano et Olivier Nakache sont-ils devenus les ambassadeurs du feel-good movie français? Dure à dire, mais tout en respectant les bases mêmes du genre, ils tissent ici avec Intouchables un succès instantané d’une grande efficacité qui va droit au coeur en étampant un savant sourire aux lèvres.
Certains diront que c’est d’un cul-cul-isme « gnan gnan », mais qu’importe, si la volonté du film ne se lie pas toujours avec la plus grande subtilité qui soit (le désir intense de toucher au plus haut front opère quand même) il faut dire qu’heureusement le film ne s’enfonce pas entièrement dans le sentimentalisme comme son introduction le laissait croire, livrant un film agréable et sympathique à l’image de la bouillante complicité qui a lieu entre les incorrigibles François Cluzet et Omar Sy.
Amoureux des groupes/familles atypiques qui se créent malgré tout ce qu’on pourrait croire au départ, le tandem Toledano-Nakache récidive, et après le camp de vacances et la famille dysfonctionnelle, voilà qu’on se lance dans la solidarité qui se tisse auprès de l’entourage de Philippe, paraplégique d’à peine quelques années qui semble avoir perdu toutes raisons de vivre. Amitié atypique, l’excentrique Driss qui n’a que bien peu d’ambitions, enchaînant les mauvais coups et la vie de troubadour, provenant pratiquement de la rue, se retrouvent malgré lui dans une situation particulière et apprendra rapidement à oui, se redonner espoir, mais également à redonner vie à son nouvel ami.
Certes ce revirement de mode de vie ressemble à tant d’autres films. D’ailleurs, on pense rapidement au récent The Bucket List et pas seulement pour le duo blanc-noir et la présence d’une richesse sans fin provenant d’un des deux partis, mais aussi parce qu’il y a cette idée de « vivre un peu comme la première fois », les poussant à exécuter peu à peu des désirs, des actions, des façons d’agir comme s’ils allaient mourir demain. C’est de façon d’ailleurs qu’au-delà de ses messages le film fait d’abord et avant tout rêver, un aspect qu’on retrouve habituellement beaucoup plus dans le cinéma hollywoodien type plutôt que français, ce qui n’est pas négligeable à mentionner.
Belle morale, sentiment affranchissant, l’un aide autant l’autre à changer et à voir au-delà, etc., oui, on donne certainement dans le grand classique, mais le tout est d’une grande efficacité, surtout parce que la distribution s’amuse probablement autant que nous sinon plus, et aussi parce que les réalisateurs ont un sens inné de l’humour visuel, burlesque même par moment, qui leur promet de grands rires, souvent plus efficaces que les dialogues qui sont parfois un peu forcé dans leurs gags à défaut de faire sourire. Comme c’est leur habitude, leur trame sonore joue dans la cours des grands et on enfile d’excellents tubes qui donnent envie de se déhancher et se laisser aller (September et Boogie Wonderland de Earth, Wind and Fire! Feeling Good de Nina Simone), allant parfaitement de paire avec le film en général.
Et au-delà du duo de protagoniste qui livrent des performances aussi senties (quelle bonheur de voir que Sy trouve enfin un grand rôle qui épouse ses grandes capacités après toutes ses années à le voir reclus à de petits rôles de soutien), il y a bien sûr Anne Le Ny, agréable et l’irrésistible Clotilde Mollet qu’on ne semble pas avoir autant reconnu que dans son mémorable rôle de Gina dans Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Il y a même cet alléchant clin d’oeil à Tellement proches par le biais d’un cameo de l’amusante Joséphine de Meaux (qui y avait une mémorable relation avec Sy justement) qui rappelle que le film aurait bien pu avoir le même titre.
Mais bon, parce que le malade n’est pas mourant, seulement désespéré, le film évite le larmoyant et le décompte vers l’inévitable. Oui, l’idée d’un certain deuil est présent et on essaie légèrement de toucher des aspects sociaux par le biais du personnage de Driss à qui on a voulu insuffler une certaine histoire (sa famille, d’où il vient, etc.), mais là encore, si ça brise légèrement le rythme, ce n’est jamais envahissant, juste nécessaire ou presque.
On trouve donc un film d’une grande facilité, mais aussi avec un grand coeur, loin d’être aussi manipulateur que d’autres tentatives du genre. Un beau petit baume pour le coeur qui touche autant qu’il fait rire aux éclats, de quoi comprendre l’immense succès qu’il a eu en France, parce que tout le monde a déjà rêvé de vivre comme s’ils n’avaient plus rien à perdre.