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Monsieur Lazhar
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27 octobre 2011 · Manon Dumais
Édition : estrie, gatineauottawa, montreal, mauricie et quebecAu revoir, les enfants
Mettant en vedette le formidable Fellag, Monsieur Lazhar, de Philippe Falardeau, d’après la pièce Bashir Lazhar d’Evelyne de la Chenelière, propose une fine réflexion sur le deuil.




Tout y est, le thème, le rythme, la justesse de ton, la prestation des comédiens. Bien amenée, l’histoire suscite quant à elle un intérêt maintenu jusqu’à la fin. Ayant le deuil comme propos principal, le film nous conduit à la rencontre de deux identités opposées réunies par un même drame, l’un caché vécu de manière très intérieure, l’autre qu’on tente d’exorciser plus ou moins maladroitement. La force de monsieur Lazhar réside dans sa finesse, tant celle du personnage que celle du réalisateur. Dans sa quête, monsieur Lazhar trouvera chez ses nouveaux élèves la souffrance en partage et saura mieux que quiconque comprendre ses jeunes endeuillés qui,en retour, répondront en toute délicatesse à sa sensibilité en dépit de leur manière directe.
Dans une société souvent déconnectée des liens humains par souci d’efficacité, dans un monde où l’argument « Ce n’est pas mon problème », met souvent fin aux discussions et nous affranchit tous de nos responsabilités, Philippe Falardeau a subtilement réussi à ancrer la sensibilité des personnages évoluant dans un univers très vraisemblable. S’en dégage un profond attendrissement émulateur d’une réflexion non moins profonde.
Félicitations à Philippe Falardeau et à toute son équipe. Je viens de visionner ce superbe film, et c’est l’un des meilleurs que j’ai vu depuis longtemps. Il est fort heureux que « Monsieur Lazhar » ait été choisi pour représenter le Canada aux Oscars cette année, parce qu’il y a de fortes chances qu’il se rende, à tout le moins, jusqu’aux finales. Les comédiens sont excellents, en particulier, le rôle principal joué de façon magistrale par Fellag, ainsi que les deux enfants qui ont très bien joué leur rôle, malgré le fait qu’ils n’avaient que douze ans.
Les principaux reproches que je peux faire vont d’abord pour la pellicule qui fait déjà vieillotte (et oui, on voit un code barre en permanence sur l’écran à moins que ce soit la lentille du projecteur du cinéma qui en soit responsable), un jeu trop appuyé de la part des enfants et de Simon en particulier, ce qui nous rappelle constamment la présence de la caméra, on est loin du documentaire ENTRE LES MURS de Laurent Cantet dans lequel les enfants, dû à la présence prolongée de la caméra dans la classe, en avaient fait abstraction et se comportaient de façon plus naturelle.
Heureusement qu’il y a Danielle Proulx et FeIlag qui apportent au film leur présence très convaincante et compensent pour la faiblesse du jeu des enfants.
Il faut dire que les autres actrices, Brigitte Poupart et Francine Ruel font de leur mieux avec le peu de texte qu’elles ont à dire, ce qui me permet de souligner la pauvreté des dialogues dans certaines scènes comme celles où on est en présence de Brigitte Poupart (une collègue) et de Fellag (Monsieur Lazhar), à moins que le non-dit dans ces scènes veuille évoquer des attentes à caractère épidermique qui, malgré cela, m’apparaissent moins probables dans ce contexte endeuillé.
Quant à la scène finale, malgré qu’elle se déroule sous un certain couvert littéraire, elle m’a paru expédiée.
Il y a quelques allusions pertinentes quant à certaines caractéristiques du milieu scolaire, comme le comportement des parents qui défendent leurs enfants même si ces derniers ont des conduites reprochables, la terminologie pédagogique à caractère alambiqué (compétences transversales ou déterminant plutôt qu’adjectif), l’interdiction stricte de toucher aux enfants sous peine de poursuite juridique, enfin, l’aspect vétuste et la triste décoration des écoles en général.
Somme toute, un film modeste dont les intentions sont sans doute valables sur les plans humain et social, je pense en particulier à la scène où le juge révèle à Monsieur Lazhar son statut de réfugié politique, mais est-ce suffisant pour le couronner déjà le meilleur film canadien de l’année ?
Le film est certainement touchant et le jeu d’acteur excellent (particulièrement impressionnant de la part des enfants, surtout la petite blonde).
La première scène est accrocheuse et commence le film sur une note intrigante qui nous embarque rapidement dans l’histoire. Par contre, quelques clichés typiques de films se déroulant dans une école auraient pu être évités: l’élève studieuse et chiante avec les parents hyper-protecteurs, le rondelet qui se fait intimider, le chouchou du prof, le « tannant » qui cherche à faire rire la classe, les élèves qui répondent en choeur aux questions et aux dictées de façon attentive… Cela enlevait du réalisme au film et ça m’a déçue.
Aussi, tout comme une des critiques précédentes le mentionnait, j’ai trouvé la fin très précipitée, comme si on avait manqué de temps.
C’est un film qui mérite certainement d’être vu, mais j’aurais préféré le louer en DVD que le voir au cinéma.