2.5

4 cotes

Woman in Black (The)
en version française : Dame en noir (La)

HoraireBande-annonceArticles

  • PaysRoyaume-Uni
  • Année2012
  • Sortie DVD22 mai 2012
  • Durée1h40
  • GenreHorreur
  • Classification13 ans et +
  • RéalisateurJames Watkins
  • Mettant en vedetteCiarán Hinds, Janet McTeer et Daniel Radcliffe
  • Site officielwww.womaninblack.com
  • Sommaire

    Un jeune avocat doit se rendre dans un village reculé afin de prendre en charge la succession d’une cliente. Il y découvrira des habitants terrorisés par une mystérieuse Dame en noir, une revenante semblant vouloir se venger de quelque chose.

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  • 2 février 2012 · 00h57 Jimmy Chartrand

    The Woman in Black: frayeurs automatiques

    Film de sursauts efficace aux limites du possible quant au fait qu’il lui est tout simplement impossible de réinventer quoique ce soit, on le rangera pour les fans finis du récent Insidious, qui verront en cet essai une confirmation d’un renouveau certain du genre horrifique sur le déclin. Les autres n’y verront que quelques bonnes frousses dispersées..

    The Woman in Black, adaptation d’un roman qui en a vu d’autre, est donc un retour à quelque chose d’un peu plus conventionnel pour le britannique James Watkins qui s’était aventuré dans les eaux sombres de Eden Lake pour son premier long-métrage, sorte de Funny Games pour les pauvres. Ce n’est donc pas surprenant que c’est à Jane Goldman qu’on aie fait appel pour le scénario alors qu’elle a participé qu’à des films au grand succès inespéré, sans pour autant jamais se lancer de grandes ambitions, parmi lesquels on compte X-Men: First Class, The Debt, Kick-Ass et le plus-que-sympathique Stardust, tous quatres s’avérant des dérives de sources bien précises que ce soit une franchise lucrative provenant de BD, un film israélien, une BD méconnu ou même un classique comme The Princess Bride. Ainsi départie de Matthew Vaughn qui aime carburer à la vitamine, retrouvant un sentimentalisme plus près de The Debt, la scénariste se permet ici de prendre plus de temps pour placer les situations et miser sur l’ambiance plutôt que sur l’histoire qui, de toute façon, ne nous intéresse jamais vraiment. Qui fait les meurtres, pourquoi, quand ils auront lieux? Bref, on s’en lasse rapidement.

    Du coup, de ce film de fantômes, d’esprits, de malédictions et de maisons hantées typiques, il faut bien trouver une raison de voir le film. Histoire de mousser un peu le projet, quoi de mieux que de sortir des sentiers battus une vedette inespérée, en l’occurence Daniel Radcliffe, et lui offrir ici son premier rôle post-Harry Potter (December Boys ne comptant pas..). Résultat: intérêt assuré.

    Toutefois, arrive avec cet élément le défaut majeur du film. Si on avait toujours des réserves quant au « talent » incertain du jeune homme, on ne trouve aucunement ici d’illuminations prêts à nous prouver qu’au fond ce n’était que le personnage qui le limitait. Au contraire, après avoir passé une décennie à défendre avec plus ou moins de nuance le même ti-gars avec les mêmes maudites obsessions, il est désormais impossible de s’enlever de la tête ce qui nous a hanté si longtemps. Du coup, toujours troublé, Radcliffe est incapable de nous sortir son ancien personnage de lui-même, celui dont on n’ose plus prononcer le nom, semblant toujours à la recherche de sa baguette, d’un sort pour l’aider ou même de sa cicatrice qu’on s’attend à voir réapparaître sur son front à tout moment. Après tout, on a même conservé les yeux bleux pour ne déstabiliser personne.. De plus, si son air inquiet donne l’impression qu’il craint une apparition de Voldemort à tout instant, on doit avouer que peu représentant de sa jeune vingtaine, l’acteur n’a aucunement le physique d’un homme assez âgé pour avoir un enfant d’un bon âge, en plus de nous jouer la carte du mari(!) endeuillé. Ça ne fonctionnait pas dans l’épilogue de la franchise qu’il a chérie pendant si longtemps et c’est toujours aussi incohérent.

    Du coup, comme cela fait figure du point de départ, difficile donc d’embarquer complètement dans la proposition.

    Que reste-t-il alors? Il reste l’ambiance, soit, ce qui fonctionne presque entièrement à plein régime. Situé dans les temps anciens à l’aide d’une savante reconstitution d’époque, on nous plonge dans le gris, le bleuâtre et la noirceur et on n’a pas peur de nous faire ressentir les choses par les attentes les plus évidentes, mais toujours aussi efficaces. Mieux, comme le tout concerne des enfants, ceux-ci nous fout les jetons et ils sont entourés de jouets terrifiants qui le sont encore plus quand on les représente de milliers de gros plans incessants. Ais-je dit en plus qu’ils étaient animés??

    Poussiéreux, boiteux, lent et toujours inquiétant, à défaut d’un peu trop de larmes par moment, fort d’une réalisation toutefois soignée, le film s’en sort ainsi, sa direction artistique étant trop minutieuse pour nous pousser à détourner le regard, même quand il se veut le plus énervant par ses silences. En plus, Marco Beltrami, apparemment le nouveau représentant officiel des films d’horreur alors qu’il est associé à la franchise Scream depuis le départ et que tout récemment il a collaboré au prequel de The Thing ainsi qu’à Don’t be afraid of the Dark, signe à nouveau une trame sonore appropriée.

    Bien sûr, le film n’atteindra jamais le niveau de son hypnotisante scène d’ouverture, fort d’un montage effectué à la quasi-perfection, à défaut d’une longue séquence-hommage aux meilleurs films de maison hantée, se dirigeant droit devant en une montée aussi étouffante qu’insupportable d’une efficacité pratiquement démentielle. On regrettera également que Radcliffe se montrera aussi faible face au grand Ciaran Hinds qui ne sera pas assez présent, et on trouvera plusieurs détours scénaristiques vers le drame trop tirés par les cheveux ou classiques pour s’en montrer impressionnés. De plus, au contraire du récent Paranormal Activity 3 qui jouait avec nos appréhensions avec une inventivité et une créativité déroutante, le film ici n’est pas tant audacieux à défaut de faire dans le très cliché, nous relançant encore au visage des vieilles madames qui crie, nous foutant la trouille une seconde, avant d’être vite oubliée l’autre d’après.

    Puisqu’il est plus efficace que la grosse moyenne (ce n’est pas tant dire après tout), on encensera certainement beaucoup trop et à tort le long-métrage présent. Oui, ceux cherchant quelque chose de classique qui a assez d’éléments pour stresser, faire sursauter et crier en auront pour leur argent, mais pour leur reste, on préfèrera concentrer tout notre intérêt sur le plus aventureux Ti West (House of the Devil) qui s’est montré beaucoup plus impressionnant avec son The Innkeepers, alors qu’il a livré comme il aime si bien le faire, une sorte d’ode moderne de comment faire du neuf avec du vieux, sans jamais nier son lien avec le présent.

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