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Moi, dans les ruines rouges du siècle

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  • AuteurOlivier Kemeid
  • Metteur en scèneOlivier Kemeid
  • DistributionRobert Lalonde, Sophie Cadieux, Geoffrey Gaquère et Annick Bergeron
  • GenreThéâtre, Théâtre français (création)
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  • 12 janvier 2012 · 12h48 pierre dubois

    Abracadaberrant!

    Que peut l’homme contre la vérité? Que peut-il pour elle dans ses brusques variations? Comment la démasquer et la réintégrer légitimement dans sa vie au-delà de toute perception illusoire? Hors du jugement inéluctable, il lui faut « pèresévérer » dans sa quête polymère.

    Naître et connaître, renaître et reconnaître. Telle serait alors la célébration singulière du théâtre dans toute son instabilité dérangeante, comme une manifestation hypertrophique du pouvoir des mots cachés sous la mine, mine de rien explosive. Sphinx ou phénix? Ou marionnette réclamant son droit d’actionner ses propres fils pour laver ses mains de toutes ces duperies cramoisies? Sasha, le chat aux neuf vies, le tigre aux neuves vies, qui, grâce à sa grande résistance au danger, a pu survivre à la mort séculaire et à ses tristes prédateurs, loin de la Russie et si près du Québec, terre d’asile heureuse. Un autre bel « incendie » à étreindre pour construire la ville neuve en l’Eldorado, à l’heure des leurres et de leurs malheurs.

    On pourra toujours reprocher à Sasha Samar, personnage de sa propre vie, cet accent gauche et timide, mais surtout pas sa sincérité, son émerveillement et son optimisme candide. Et il est si bien entouré : Annik Bergeron qui s’affirme en mère russe libérée et en commentateur de hockey délirant sur petit écran rougeoyant, Sophie Cadieux qui exulte en Nadia, en Donna et tralala, Geoffrey Gaquère qui se surpasse en Yuri et lénineries, et Robert Lalonde qui, à l’extrême, perd son fils pour mieux l’aimer. Sans oublier l’équipe de production qui travaille dans l’ombre lumineuse de la vérité mensongère et si profondément humaine. Quant à Olivier Kermeid, il a su raconter, dans un texte émaillé de détails loufoques, l’homme dans le personnage et en saisir toutes les subtilités dignes du théâtre d’aujourd’hui. Vive la résidence!

    Tout abracadaberrant dans un espace lénifiant!

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