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	<title>Hugo Prévost &#187; radio-canada</title>
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		<title>L&#8217;arbre qui cache la forêt</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Apr 2012 16:21:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hugo Prévost</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un mot, tout d’abord, sur l’impact des compressions à Radio-Canada, qui ont été détaillées mercredi dans de nombreux médias – [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un mot, tout d’abord, sur l’impact des compressions à Radio-Canada, qui ont été détaillées mercredi dans de nombreux médias – et par la SRC elle-même, bien entendu. Loin de moi l’idée de m’appesantir sur la question, puisque mon avis dans ce domaine est déjà connu (voir mon billet de la semaine dernière). Non, plutôt que de vous faire part de ma tristesse et de mon grand sentiment de solitude à l’annonce des réductions d’effectifs à Radio-Canada (et à l’ONF, même si on dépasse là le cadre journalistique), je vous ai trouvé le petit extrait vidéo suivant, tiré du deuxième Indiana Jones, qui semble correspondre, selon moi, à la situation actuelle dans le milieu de la culture et des médias au pays :<br />
<iframe src="http://www.youtube.com/embed/KBIdcUxdgo0" frameborder="0" width="420" height="315"></iframe></p>
<p>***<br />
Sinon, passons à un sujet portant davantage à réfléchir, si vous le voulez bien, histoire de ne pas sombrer dans la déprime. Le 26 mai prochain aura lieu, au Cœur des sciences de l’UQAM, l’anticonférence médiatique Media Camp, qui en sera alors à sa troisième édition. Se présentant comme une occasion d’informer, mais également d’échanger, la journée est divisée en ateliers lors desquels des présentateurs donnent souvent très rapidement l’occasion aux participants de s’exprimer et de partager leurs opinions sur des sujets touchant de près ou de loin les médias, le marketing et les réseaux sociaux.<br />
Si je vous parle de cet événement, c’est parce que j’hésite à débourser les 22 dollars et des poussières pour acheter mon billet.<br />
Pourquoi? Hé bien, pour la même raison qui me pousse à repenser, depuis quelques années déjà, ma participation aux congrès de la FPJQ, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec; tout simplement parce que j’ai l’impression que les idées n’y circulent pas assez.<br />
Oh, n’allez pas croire que les deux événements comme tels ne sont pas intéressants, au contraire. Il s’agit d’ailleurs, dans les deux cas, d’occasions inespérées pour faire du réseautage, en particulier pour les jeunes journalistes qui ont tout à gagner en remplissant leurs carnets de contacts.<br />
À mes yeux, toutefois, il s’agit moins là l’occasion d’échanger de nouvelles idées et d’y développer de nouveaux concepts que de résumer l’actualité journalistique et médiatique de la dernière année. Au-delà des conférences, des poignées de mains et des retrouvailles, je n’ai pas le souvenir qu’une ou plusieurs idées de génie aient été présentées lors de ces événements.<br />
Il s’agirait pourtant d’une occasion en or de tenter de refaire le monde médiatique, de déconstruire les modèles, voire de proposer des façons révolutionnaires, ainsi que de produire, diffuser et vendre de l’information.<br />
Les sommets du G8 et autres G20 ont leurs homologues altermondialistes, alors pourquoi ne pas mettre sur pied des rencontres entre jeunes acteurs du journalisme et membres des médias traditionnels désirant renouveler leur offre de contenus en marge des grands congrès du Québec? Ou, mieux encore, pourquoi ne pas créer une plateforme en ligne où les gens pourraient discuter, échanger et diffuser leurs points de vue et leurs idées sur le journalisme de demain?<br />
Que les grands noms du domaine travaillent chacun de leur côté en silos, cela peut se comprendre pour des raisons de concurrence, mais que les petits joueurs du milieu ne se parlent pas entre eux pour discuter des meilleurs pratiques à adopter pour développer leur lectorat et maximiser leurs revenus publicitaires est quelque peu aberrant. À quand la création de ce lieu, virtuel ou non, où il fera bon avoir des tempêtes d’idées?</p>
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		<title>À la moulinette, tiens !</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Mar 2012 21:46:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hugo Prévost</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Il fallait s&#8217;y attendre, forcément, mais la mesure a de quoi faire hurler. C&#8217;était donc jour de budget, jeudi, et les citoyens les plus pessimistes craignaient déjà la grande faux budgétaire conservatrice, l&#8217;effrayant taux de compressions de 10 pour cent se profilant à l&#8217;horizon, telle une figure maléfique. Plus de peur que de mal, à l&#8217;arrivée, avec des réductions élevées, certes, mais dépassant seulement six pour cent, si l&#8217;on peut le dire ainsi.</p>
<p>Les grandes victimes sont toutefois, comme l&#8217;on s&#8217;y attendait, les organismes culturels et médiatiques. Archives Canada, l&#8217;Office national du film et Radio-Canada sont parmi ceux qui écopent le plus durement du tour de vis financier administré par le gouvernement Harper. La SRC, bien entendu, se voit amputée du dixième de son budget (environ 295 millions $ sur trois ans, écrit ProjetJ sur Twitter), elle qui avait déjà dû se départir d&#8217;une centaine de millions de dollars &#8211; et, accessoirement de plusieurs centaines d&#8217;employés &#8211; il y a quelques années.</p>
<p>Ce qu&#8217;Ottawa vient confirmer, en continuant de saigner à blanc la société d&#8217;État, c&#8217;est que les arguments bassement électoralistes destinés à contenter les quelques électeurs de droite soi-disant ulcérés de verser moins de 100 $ par année par personne pour Radio-Canada ont davantage d&#8217;importance que l&#8217;idée de disposer d&#8217;un média national offrant des services à l&#8217;ensemble de la population. Hors de ma vue, organisme journalistique réputé au code d&#8217;éthique fouillé et solide; laissez plutôt la place, en réduisant le budget de la SRC, aux entreprises privées, de loin moins redevables envers l&#8217;État et ses organismes de régulation, à la fois en matière de dépenses et de normes éthiques.</p>
<p>Hors de ma vue, également, intégrité journalistique faisant école partout au pays, avec des moyens pancanadiens souvent irremplaçables en région reculée, place à l&#8217;idéologie, le plus souvent de droite, au sein d&#8217;un environnement où il est considéré normal d&#8217;habiller ses stagiaires en poulet pour insulter un ministre et où la propagande prends le pas sur les informations véridiques.</p>
<p>Hors de ma vue, enfin, une institution fondée il y a 75 ans sur des principes d&#8217;accessibilité, de multiculturalisme et de diversité, où la langue, la religion et l&#8217;orientation sexuelle des populations visées n&#8217;influent en rien sur l&#8217;intégrité et le professionnalisme.</p>
<p>Si Radio-Canada n&#8217;est pas à l&#8217;abri des erreurs, en journalisme comme dans d&#8217;autres domaines, la société d&#8217;État est toutefois un pilier de l&#8217;information au Québec comme ailleurs au pays, un organisme qui peut se permettre d&#8217;innover autant en matière de couverture culturelle et sociale qu&#8217;au niveau de l&#8217;information et de ses canaux de transmission, et ce justement parce que ses revenus ne dépendent pas, en majeure partie, des recettes publicitaires, et donc de l&#8217;audimat. En faisant passer le bien-être de l&#8217;individu avant le bien-être du peuple, les conservateurs sacrifient un géant médiatique de la façon la plus discrète qui soit : en lui creusant sous les pieds, petit à petit, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il s&#8217;effondre.</p>
<p>Lors d&#8217;une émission d&#8217;Infoman, Jean-René Dufort visitait justement Radio-Canada lors des portes ouvertes de l&#8217;institution dans le cadre des célébrations du 75e anniversaire. Dans une boîte de suggestions demandant aux passants d&#8217;inscrire de quelle façon ils voyaient la SRC dans 25 ans, M. Dufort a inscrit : &laquo;&nbsp;Fermée par les conservateurs&nbsp;&raquo;.</p>
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		<title>Plaidoyer pour une SRC branchée… et seulement branchée</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Mar 2012 16:32:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hugo Prévost</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<description><![CDATA[Petite note : chers lecteurs, le texte de cette semaine est passablement long. Vous me pardonnerez, je l&#8217;espère, cette logorrhée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Petite note : chers lecteurs, le texte de cette semaine est passablement long. Vous me pardonnerez, je l&#8217;espère, cette logorrhée bien involontaire. Bonne lecture!</em></p>
<p>Il est temps pour Radio-Canada / CBC de laisser tomber la télévision. La proposition n’est toutefois pas de moi; l’idée appartient plutôt à Kai Nagata, cet ancien journaliste télé de CTV affecté au bureau de Québec et ayant démissionné avec fracas à l’été dernier.</p>
<p>Cet ex-confrère, donc, émettait à la fin janvier une proposition renversante dans le cadre de la campagne <a target="_blank" href="http://reimaginecbc.ca/" ><em>Ré-imaginons la SRC</em></a>, campagne dont j’ai déjà traité dans un billet de blogue précédent. Dans <a target="_blank" href="http://kainagata.com/2012/01/31/reimagine-cbc/" >son propre billet de blogue sur la question</a>, M. Nagata estime que le moment est venu de changer les méthodes de production de l’information – et du divertissement – télévisuel au sein de la société d’État.</p>
<p>L’idée a du bon, et est même franchement séduisante. Après tout, comme le précise l’ex-journaliste, la SRC n’a pas l’obligation de dégager des profits comme les chaînes privées, et l’importance de ses moyens (avant que les conservateurs n’y mettent la hache avec un plaisir certain) lui permet d’innover et de développer des idées qui seraient autrement mortes et enterrées avant même un premier essai.</p>
<p>Les chroniqueurs média et les journalistes spécialisés en télévision et en presse télévisée nous rappellent également que la « grande messe » du Téléjournal n’existe plus depuis de nombreuses années. Les statistiques le prouvent : TVA domine outrageusement les cotes d’écoute, soir après soir. Au lieu de se battre contre l’empire Quebecor – et les principaux concurrents au Canada anglais –, Radio-Canada devrait donc prendre le taureau par les cornes et forcer un changement de paradigme.</p>
<p>Allons-y donc, si vous le permettez, avec quelques suggestions en rafale :</p>
<ul>
<li>Ramener RDI dans sa version web : décision incompréhensible s’il en est une, le retrait de la retransmission en direct du signal de RDI sur le site Internet de Radio-Canada donne l’impression de payer pour la moitié d’un diffuseur télévisuel public si l’on n’est pas abonné au câble. En laissant tomber la télévision, de toute façon, RDI pourrait retrouver ses lettres de noblesse sur le web. Il est d’ailleurs déprimant de devoir se tourner vers des sites d’information étrangers pour obtenir une couverture en direct d’un événement majeur sur la scène internationale lorsque, comme moi, on en est resté aux oreilles de lapin. Ce n’est pas comme si Radio-Canada n’avait pas les ressources journalistiques nécessaires, après tout…</li>
</ul>
<ul>
<li>Poursuivre l’intégration des différentes plateformes : il est déjà possible, sur le site Internet de Radio-Canada, de consulter les reportages vidéo liés à certains dossiers, et ce en cliquant directement sur le bouton « marche » qui remplace la photo habituelle qui coiffe normalement les articles. Les plus malins d’entre vous feront remarquer que l’on pouvait déjà consulter les reportages liés à certains articles depuis plusieurs années, et ce en cliquant sur des liens savamment disposés, dans la plupart des cas, à la fin desdits articles. À cela je répondrai que le travail est quasiment complété. Ne reste qu’à…</li>
</ul>
<ul>
<li>Se débarrasser de Silverlight (le logiciel utilisé pour accéder au contenu multimédia) : pour l’amour de tout ce qui est bon, dirigeants de Radio-Canada, brûlez cette horreur aussi vite qu’il vous sera possible de le faire ! Non seulement la plateforme est horriblement lente et mal conçue, mais il aura fallu beaucoup de temps pour l’adapter à tous les systèmes d’exploitation. Je peux comprendre que Flash soit lui aussi lourd et encombrant, mais pourquoi ne pas migrer vers le HTML 5 ? Les possibilités du nouveau langage sont particulièrement intéressantes, vidéoclips fantastiques d’Arcade Fire à l’appui, et seul Internet Explorer résiste encore et toujours à l’envahisseur. Ce serait l’occasion, pour les internautes, de s’éduquer un peu sur le plan informatique et apprendre que Firefox et Chrome sont de loin supérieurs à la « patente à gosse » de Microsoft dans le domaine.</li>
</ul>
<ul>
<li>Déconstruire le Téléjournal : qui dit abandon de la télévision traditionnelle dit abandon, également, des formats qui l’ont structurée pendant des décennies. Je ne suggère pas de sacrifier entièrement les bulletins de nouvelles, mais plutôt de permettre plusieurs choses : tout d’abord, de pouvoir réécouter plus facilement les bulletins, et ce à toute heure du jour ou de la nuit. Je ne sais pas pour vous, mais je ne suis pratiquement jamais devant un écran de télévision à midi, 18 ou 22 heures, à l’exception des moments où je suis au bureau. J’aimerais bien, cependant, pouvoir disposer d’une méthode facile pour réécouter le TJ, un peu comme Tou.Tv permet déjà d’écouter une émission n’importe quand.</li>
</ul>
<p>En poursuivant dans la même veine, pourquoi ne pas offrir un mode de sélection des reportages à la pièce ? À la manière d’une liste de diffusion, il serait alors envisageable de construire son bulletin avec les segments qui nous intéressent. Pourquoi ne pas y ajouter un accès rapide vers les archives, ou les contenus radio ? Sans oublier, peut-être, l’intégration avec Tou.Tv sur ordinateur, tablette ou télévision connectée ? De cette façon, je pourrais me programmer de la radio l’après-midi, par exemple, le bulletin de nouvelle (en entier ou en partie) en début de soirée, pour ensuite clore le tout avec quelques épisodes d’une télésérie.</p>
<ul>
<li>Revoir les codes publicitaires : il s’agit là forcément d’une étape essentielle. Au lieu de rejoindre 700 000 téléspectateurs potentiels à l’heure du bulletin de 22 heures, par exemple, les compagnies pourraient en rejoindre un million, mais sur une période de 18 ou 24 heures. Une déconstruction des bulletins permettrait également d’insérer des séquences publicitaires de 15 ou 30 secondes en début ou fin de séquence. Pourquoi ne pas non plus tirer profit des techniques de publicité ciblée ? Si Google et Facebook en tirent des milliards de dollars, Radio-Canada doit bien être en mesure d’en tirer quelques huards. L’autre solution, advenant une soudaine illumination du gouvernement conservateur, ou l’élection du NPD ou des libéraux au pouvoir, consisterait à obtenir suffisamment de subventions fédérales pour se débarrasser entièrement des publicités.</li>
</ul>
<ul>
<li>Que faire avec les autres émissions ? Il ne faut pas oublier, en effet, que Radio-Canada est bien plus qu’un service de l’information, même si celui-ci occupe un espace très important autant sur le plan physique qu’en ondes. Hé bien, la réponse est simple : rien, ou à peu près rien, si ce n’est de rendre tous ces jeux questionnaires, ces émissions d’intérêt public, humoristiques ou culturelles entièrement accessibles en ligne, encore une fois via Tou.Tv. Puisque la plupart d’entre elles sont enregistrées plutôt que diffusées en direct, le changement ne devrait pas être trop compliqué.</li>
</ul>
<p>L’audimat se fragmente, Kai Nagata l’a compris, et le diffuseur public doit impérativement s’adapter, sinon il risque de se transformer en une énorme machine coincée dans un cadre datant de plusieurs décennies, et sans aucun doute extrêmement mal adapté aux réalités du web, surtout en ce qui concerne l’information. Radio-Canada doit se libérer des contraintes actuelles et redevenir le joueur audacieux qu’il a déjà été. Ce serait logique, non ?</p>
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