27 avril 2012 20h50 · Ianik Marcil
Depuis le point de presse du premier ministre et de sa ministre de l’Éducation, je ressens une grande lassitude. Grosse fatigue.
Pour la première fois depuis des semaines, Jean Charest a choisi de prendre les devants: conférence de presse ce midi, téléjournaux ce soir. Signe classique d’élections sont à nos portes. Jean-François Lisée explique mieux que je ne pourrais le faire: les élections sont imminentes. Alors que le premier ministre a l’odieux de prétendre que cette idée est grotesque.
Nous sommes donc menacés de retourner rapidement à une conversation électoraliste et clientéliste. Une conversation entre le PLQ et le PQ – à laquelle tenteront de se joindre, tel des enfants qui sautillent dans une réunion d’adultes pour prendre la parole, la CAQ, ON et QS.
Notre système électoral uninominal à un tour – dans lequel les élections se gagnent à la marge – nous ramènera à un dialogue de sourds. Ou plutôt à un dialogue de hurleurs. Le PLQ fera de la hausse des droits de scolarité son cheval de bataille, le PQ essaiera de hurler plus fort en tentant de ramener la discussion sur les questions de corruption, le Plan Nord, les gaz de schiste, etc.
Un dialogue de hurleurs. Une conversation inutile.
Une dynamique qui risque d’encore plus polariser le Québec. De ne pas aborder les questions fondamentales qui préoccupent des milliers de personnes qui descendent dans la rue quotidiennement. Quotidiennement ! Du jamais vu au Québec.
Des questions qui dépassent largement la question de la hausse des droits de scolarité.
Une conversation inutile. Une occasion ratée de débattre véritablement de notre avenir collectif à long terme.
Qui me rappelle cet échange dans 2001: Odyssée de l’espace de Kubrick:
Dave Bowman: Hello, HAL. Do you read me, HAL?
HAL: Affirmative, Dave. I read you.
Dave Bowman: Open the pod bay doors, HAL.
HAL: I’m sorry, Dave. I’m afraid I can’t do that.
Dave Bowman: What’s the problem?
HAL: I think you know what the problem is just as well as I do.
Dave Bowman: What are you talking about, HAL?
HAL: This mission is too important for me to allow you to jeopardize it.
Dave Bowman: I don’t know what you’re talking about, HAL.
HAL: I know that you and Frank were planning to disconnect me, and I’m afraid that’s something I cannot allow to happen.
Dave Bowman: [feigning ignorance] Where the hell did you get that idea, HAL?
HAL: Dave, although you took very thorough precautions in the pod against my hearing you, I could see your lips move.
Dave Bowman: Alright, HAL. I’ll go in through the emergency airlock.
HAL: Without your space helmet, Dave? You’re going to find that rather difficult.
Dave Bowman: HAL, I won’t argue with you anymore! Open the doors!
HAL: Dave, this conversation can serve no purpose anymore. Goodbye.
Comme dans 2001, la porte n’est pas et ne sera pas ouverte, n’en déplaise à monsieur Charest.
Cette conversation ne sert plus à rien désormais. Goodbye.
Je suis fatigué de ce paternalisme et de ce clientélisme grotesques.
Grosse fatigue.









Allons, allons, faut pas prendre ça comme ça.
Vous avez raison, des élections signifient un concours de comm. politiques et une conversation politique réifiée, aride sinon stérile.
Mais inutile? Non. On parle quand même des élections, là. Ceux qui nous gouvernent vont y être nommés. J’ai vu avec effroi, en 2008, les médias répéter à plus soif « ah non, pas encore des élections! On est tannés de la politique! » pendant les provinciales. Je trouve cette attitude regrettable.
Cynisme, désarroi, colère, refus de s’identifier aux forces en présence? Je le comprends et j’en suis. Mais on doit continuer notre propre conversation, on doit continuer à discuter. Les étudiants nous ont aussi montré ça: malgré une classe politique sourde à leur combat, ils ont continué, entre eux, par leur propre désir de faire mouvement à discuter, parler, s’instruire.
On est aussi capables de faire ça pendant une élection, je l’espère. Et vous pouvez certainement contribuer à cette discussion. Je souhaite donc simplement que cette fatigue n’est que passagère.
Vous êtes bien gentil Olivier. Je ne sais pas si cette fatigue est temporaire. Mais comme bien des gens, le retour brutal au cynisme habituel est bien lassant… Évidemment les étudiants – mais pas qu’eux: des citoyens qui sont de plus en plus nombreux dans la rue – apportent de l’espoir dans tout ça…
S’il déclenche des élections après avoir dit que c’était grotesque comme idée et qu’il a même traité Pauline d’ignoble pour avoir évoqué ce scénario, ce fera de JJ Charest un menteur.
Par contre, qu’il ne s’en prive pas, qu’on le remplace au plus vite!
Ça ne serait pas nouveau, cela dit. Ni de la part des libéraux, ni de quelconque parti.
Je me rappelle qu’en 2008, il avait affirmé (et martelé pendant des jours) qu’une bonne partie du Québec sortait d’.élections municipales, qu’on venait d’avoir une élection fédérale et que tout le monde était tanné des élections, que personne n’en voulait et qu’il serait irresponsable d’en déclencher. Donc qu’il n’en déclencherait pas à moins qu’on le renverse.
Pour déclencher des élections une semaine ou deux plus tard. Sous le prétexte qu’il « n’avait pas le choix ».
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S’il déclenche des élections après avoir dit que c’était grotesque comme idée et qu’il a même traité Pauline d’ignoble pour avoir évoqué ce scénario, ce fera de JJ Charest un menteur.
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Ecoutez depuis 8-9 ans… faire l’inventaire de tous les mensonges serait une oeuvre collossale. Prenez seulement les promessesde la campagne « je suis pret » …. si on se rend jusqu’a chacun des petits mensonges des entrevues de ministres ici et la… vous finirez jamais….
J’écoutais j’entrevue avec la ministre avec Dutrizac et regarder vers la minute 8-9…. la raison maintenant que la négociation a échoué c’est l’intransigeage des étudiants qui bougeaient pas … alors que lundi et mardi le spin c’était que c’était respectueux puis quelqu’un a pensé que ce serait une bonne idée d’utiliser une manifestation sur le site web de la CLASSE comme prétexte du bris de la trève.
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Concernant la réponse de Jean Charest…
Avez vous vu la manière dont il a répondu a cette journaliste concernant des élections.. en gros… si vous comprenez pas vous comprendrez jamais… demandez a vos collègues je crois qu’ils ont compris eux…
Imaginez le respect maintenant qu’il a derrière les portes closes…
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« Je suis fatigué de ce paternalisme et de ce clientélisme grotesques.
Grosse fatigue.
»
La réalité c’est que ils ( ou eux…) veulent en plein ca… c’est cynique mais des gros débats de fond sur la mission et le financement des université le gouvernement a jamais été intéressé par ca.
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http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2012/04/27/004-etudiants-droits-manifestation.shtml
Envoyé par **** de Montréal
28 avril 2012 à 11 h 28 HAE
Les étudiants… Vous voulez des études gratuites? La formation professionnelle! Comme cela vous allez travailler… au lieu de faire un doctorat en histoire de l’art…. c’est pas mieux ça?
Envoyé par **** de Shawinigan
28 avril 2012 à 11 h 36 HAE
Des petits bébés gâtés pourris. Voilà ce que sont ces étudiants pour pas dire fainéants. Qu`on applique la loi des mesures de guerres contre ces petits bébés gâtés communistes, ça presse.
la réalité c’est que le debat se fait a ce niveau la…
Moi des fois j’ai envie de me faire congelé un petit 2-3 milles ans… mais le livre préféré de Jean Chares tl’art de la guerre et Machiavel nous montre que ca transcende les époques
Ne vous inquiétez pas, j’étais très conscient que j’écrivais une lapalissade!
N’accordez pas plus d’importance aux propos démagogues, envieux que ce qu’ils représentent ( des aboiements ). Surtout que souvent ces gens là ne votent même pas.
Une anecdote comme ça:
Un ministre français avait trouvé la solution pour régler les problèmes en France:
« Il faut éliminer tout les cons! »
Le président ( De Gaulle, Mitterrand, aucune importance, ça transcende les époques) de répondre:
« Beau programme!!! »
Nous sommes de plus en plus nombreux à partager cette fatigue, Ianick. On aimerait pouvoir choisir un parti qui propose de réformer ce système…
Très chère Véronique,
Pourquoi ne fondez-vous pas un parti si vous ne considérez pas être représentée dans un enjeu qui, visiblement, vous affecte tant?
quelles réformes souhaites-tu, véronique, et quels sont les partis politiques que tu connais?
Je ne me reconnais pas totalement dans aucun des partis en présence moi non plus. Mais c’est la vie démocratique. Quant à fonder un parti, Jonathan, ça n’est pas l’unique solution. Il y a de l’action politique possible hors partis, particulièrement si on se limite à certaines questions. Peut-être que la nouvelle politique s’en va vers là? Je ne sais pas. Je ne sais encore moins si c’est le bon ou le mauvais chemin.
Personnellement, je penche pour Québec Solidaire, qui vise justement à réformer le système en profondeur.
Le slogan « faire la politique autrement » que tout le monde reprend ça vous dit de quoi ? C’est Québec Solidaire qui l’avait lancé le jour même de sa fondation.
Tout son programme vise justement ;a renverser les paradigme néo-libéraux et à démocratiser le système ( http://quebecsolidaire.net/le_programme_de_quebec_solidaire ).
Je ne sais pas à long terme, mais je suis convaincu qu’au moins le premier mandat sera aussi exceptionnel que le premier mandat du PQ en 76.
Et que Québec Solidaire changerait beaucoup les choses, pour le mieux.
A voir le travail extraordinaire qu’Amir Khadir a fait depuis 3,5 ans en chambre avec des moyens risibles (presque pas de budget, une question par semaine, etc.), imaginez ce qu’il pourrait faire avec une équipe de 4-5 députés solidaires à ses côtés. Dont Françoise David (dont les talents d’organisatrice et d’analyste sont méconnus parce que c’est moins flamboyant devant les caméras).
J’espère qu’il y aura assez de députés solidaires pour brasser la cage. (L’idéal serait, à défaut, qu’ils détiennent la balance du pouvoir).
Les étudiants arborant un «carré rouge» pourront-ils aller voter à mains levées?
En empêchant les autres de voter dans l’isoloir?
Et les casseurs, eux? Auront-ils quelque chose à casser?
(Mais faudra plus vraisemblablement attendre au moins à l’automne avant de lever la main, ou de griffonner un X en secret, ou de tout casser ce qui sera à notre portée…)
Et si on en faisait un référendum?
Et si les « pro-hausses » gagnent, à la largeur de la province?
Que feraient les étudiants devant cette démocratie?
si les pro-hausse gagnait un tel référendum, c’est que la désinformation du triumvirat demaraie/pédalo/jonathan aurait fonctionné. conséquemment, les étudiants devraient continuer à manifester.
La question du référendum n’est pas simple. Je milite, pour ma part, pour un système comme celui que nous avons – i.e. basé sur la représentation. Avec tous les défauts qu’il a.
Mr Teddy Bear,
Quoi?
Encore cet argument dépassé. Tous les votes de reconduction de grève l’ont été par vote secret.
Et presque tous les votes rejetant la grève comme moyen de pression l’avaient été à mains levées.
Alors, où est la légitimité ?
M. P. Lagassé, à la lecture des commentaires de M. Perrier sur les nombreux autres articles, ce dernier semble avoir une fixation, plutôt une obsession sur les votes secrets, et sur la prétendue intimidation qui accompagnerait systématiquement, semble-t-il, les votes à mains levées.
Les votes secrets sont souvent gagnés plus fortement en faveur de la grève que les votes à mains levées.
Au début, j’étais en faveur des votes secrets. Maintenant, je comprends la valeur et la portée des votes à mains levées. Une assemblée générale est un lieu de débat, de discussion, d’échange, de délibération. Il est tout à fait normal de voter à même ces assemblées à mains levées. Il faut avoir le courage de ses opinions. Le vote secret empêche de participer aux débats, de peut-être avoir un regard critique sur notre décision. Un geste individuel, qui élève une fois de plus l’individualisme en mieux que le collectivisme. Les assemblées délibérantes avec votes à mains levées, ça c’est de la politique!