Le sous-développement des idées d’Alain Dubuc

11 janvier 2013 14h12 · Ianik Marcil

Dans sa chronique de ce matin, Alain Dubuc collige en à peine 600 mots l’ensemble des préjugés les plus paternalistes et condescendants qui soient sur les chômeurs en plus de faire la démonstration éloquente de son incompréhension totale – si ce n’est sa pure incompétence – en matière de politiques économiques. Il semble bien loin et révolu, le temps où ce monsieur étudiait à la maîtrise en sciences économiques.

Il affirme que la réforme de l’assurance-emploi, entrée en vigueur depuis le 1er janvier, est la « fin d’un cadeau empoisonné. » L’une des dispositions les plus importantes de cette réforme consiste à restreindre drastiquement l’accès aux prestations pour les travailleurs saisonniers. La thèse centrale de Dubuc repose sur le sempiternel fantasme de la motivation individuelle à travailler que saperaient les mesures de soutien étatiques héritées du keynésianisme d’après-guerre : « ce système est désastreux parce qu’il n’incite pas les gens à travailler. Pourquoi chercher un job si on a ses prestations d’assurance-emploi ? » questionne-t-il. En fait, « des régions entières vivent à ce rythme depuis des décennies, » pratiques qui « deviennent une forme d’organisation de la société » – l’assurance-emploi, un symbole qui revêt « presque un caractère identitaire, » « l’assurance-chômage comme mode de vie, » une « une tradition débilitante. » Au final, ces dispositions du régime d’assurance-emploi a « certainement contribué à maintenir ces régions dans un état de sous-développement. »

Attends un peu. Nos concitoyens de la Gaspésie, par exemple, seraient des débiles tétant les mamelles de l’État pour se maintenir dans un mode de vie ne les incitant pas à travailler ? Tu les achètes à quel prix tes poissons pêchés en Gaspésie, toi chose ?

Cette réforme inique, énième itération de l’entreprise de destruction des acquis sociaux par le gouvernement Harper repose précisément sur cette idée erronée : la volonté et l’action individuelles sont seules garantes du développement économique et social. Les structures communautaires et – encore moins – étatiques les interfèrent et découragent. Au mieux.

D’une part, Alain Dubuc se rabat sur une vision simpliste du comportement humain. Il serait tout à fait libre de contraintes – un libre-arbitre pur et éthéré sur lequel les institutions ne devraient avoir aucune prise. Mais pourtant, à le lire, elles en ont. Donc, il faut les détruire, puisqu’elles interfèrent sur nos décisions individuelles.

D’autre part, il fait preuve d’une méconnaissance absolue de la réalité de la dynamique économique de ce qu’on appelait jusqu’à récemment les « régions-ressources. » Celles-ci, dont l’économie est basée sur l’exploitation de la nature (la foresterie et les pêcheries, principalement), vivent au cycle des saisons. Exploitant la nature, elles en sont tributaires, par définition. Raison pour laquelle le régime d’assurance-emploi s’était adapté à leur rythme. Des poissons, cher confrère, ça se pêche mal en hiver.

Mais surtout, Alain Dubuc ramène un débat macroéconomique à des considérations individuelles – ce qui est la marque de commerce de tous les populismes. Comme l’ensemble des politiques de soutien social imaginées au 20e siècle, l’assurance-emploi (autrefois l’assurance-chômage) participait d’une volonté très simple : à la fois juguler les excès d’un capitalisme débridé et triomphant (généralement suite à des luttes sociales importantes) et à la fois réguler les aléas d’un système économique créant par essence des dysfonctionnements profonds. Les blancs ont habité la Gaspésie pour deux raison : exploiter la ressource halieutique et exploiter la ressource forestière. Deux activités par nature saisonnières. On a donc offert à ces travailleurs la possibilité de vivre de leur métier à l’année longue en bénéficiant d’un régime d’assurance-emploi couvrant la saison morte – qui était, historiquement, consacrée à la préparation de la prochaine saison active.

La réforme Harper renie complètement cette logique en coupant les prestations d’assurance-emploi de ces travailleurs, en exigeant de leur part de se trouver un emploi entre temps qui n’a aucun lien avec leur expertise (un pêcheur qui va vendre des téléphones cellulaires), payé de 30% à 40% moins que leur salaire habituel et jusqu’à 100 km de leur résidence.

Cette réforme n’a que très peu d’effets économiques. On encourage le « cheap labour » tout en n’aidant en rien des régions chroniquement victimes de la consommation outrancière de citadins, heureux de trouver sur les étals du Marché Jean-Talon le poisson, le homard ou le crabe des neiges frais des Maritimes qu’ils arboreront sur leur nappe souillée d’indifférence offerts à leurs convives tout aussi imbus de leurs idées reçues qu’est rempli leur verre de vin de bonne cuvée.

Ce que Monsieur Dubuc oublie complètement, c’est que ces mesures constituent autant de mécanismes de régulation de l’économie régionale – et donc, au final, pour l’ensemble du pays. Elles permettent de nous assurer – pas pour rien qu’il s’agit d’une assurance – collectivement que le rythme de la vie économique soit un peu moins tributaire des aléas des saisons et du marché. Il ne s’agit pas d’un luxe, mais, au contraire, d’une nécessité collective que le gouvernement Harper désire détruire au nom d’un pseudo engagement individualiste dans la vie économique.

En reniant ce principe avec mépris et condescendance, Alain Dubuc fait preuve d’une ignorance crasse de la réalité économique de régions entières du Canada et du Québec en particulier.

J’imagine que c’est en dégustant son délicieux crabe des neiges des Îles-de-la-Madeleine dans un petit bistrot outremontais qu’il a écrit sa chronique. Or il y a effectivement un « cadeau empoisonné »: offrir à ces idées une tribune aussi large que celle de La Presse laissant les Québécois qui la lisent dans un état de sous-développement intellectuel inique.


Post-scriptum (13 janvier)

Ayant reçu quelques commentaires critiques constructifs, je précise ici certains éléments:

1.- Il semblerait que mon allusion à la « consommation citadine » des fruits de la pêche ait été mal perçue. D’une part, je ne vois pas en quoi cela soit condescendant, comme on me l’a reproché. Au Québec, 80% de la population vit en milieu urbain – là réside donc le plus gros de l’activité économique, et donc de la consommation, de la province. Sans compter que ce sont les zones urbaines qui sont le moteur du développement économique marchand et productif (cf. à cet égard le toujours pertinent ouvrage de Jane Jacobs, Les Villes et la richesse des nations, Montréal, Boréal, 1992). D’autre part, il importe de noter que c’est effectivement la soif de consommation à bas prix qui a alimenté la surpêche et les problèmes que des régions comme la Gaspésie vivent. On m’a fait remarquer qu’on ne mangeait plus beaucoup de poissons ou fruits de mer pêchés dans l’Est. C’est en partie vrai, particulièrement à cause de la concurrence incroyable de poissons et crustacés venus d’un peu partout dans le monde (crevettes ou pangasius asiatiques) qui a fait chuter les prix.

2.- La critique fondamentale sous-jacente à mon coup de gueule est très simple: les nouvelles contraintes à l’assurance-emploi reposent sur le postulat idéologique selon lequel ces mesures gardent artificiellement les travailleurs dans un état de dépendance à un mode de vie économique qui ne serait plus viable – la « tradition débilitante » dont parle Alain Dubuc. En retirant ces privilèges, apparaitraient comme par magie de nouvelles activités économiques remplaçant celles-là. Or il s’agit là d’une logique perverse: les travailleurs n’ayant plus le soutien de l’État comme c’était le cas auparavant créeraient ex nihilo de nouvelles industries ? C’est insensé. « Nous » avons habité ces régions-ressources pour les exploiter. L’exploitation des ressources naturelles est de plus en plus impossible. Je ne prône pas le maintien dans un état de dépendance chronique ces régions. Cependant: (1) Nier la spécificité du travail saisonnier, caractérisé par des efforts intenses sur une courte période (au cours de laquelle ces travailleurs sont occupées 12h par jour sinon plus à leur boulot) et une période de jachère destinée, entre autres, à préparer la prochaine saison, fait preuve d’une méconnaissance et/ou d’un mépris profonds de leur réalité économique. (2) Ces régions ont probablement besoin de se renouveler, de se diversifier – pensons à l’industrie agrico-touristique de niche qui s’est développée dans Charlevoix ou en Estrie. Cela fait plus de 15 ans que j’œuvre en développement économique régional et je suis le premier partisan de la transformation économique de ces régions, afin de les soustraire à une dépendance asservissante à quelques ressources qui ne génèrent que très peu de richesses pour leurs communautés. Cependant, ça n’est pas en punissant ces travailleurs et en leur demandant d’accepter des emplois sous-payés à des dizaines de km de leur résidence qu’on y réussira, mais bien en investissant temps et ressources dans cette diversification, avec les acteurs économiques locaux. La réforme de l’assurance-emploi n’a aucun effet structurant, bien au contraire: elle n’aura que des effets destructeurs d’un tissu économique extrêmement fragile.

3.- L’assurance-emploi, comme son nom l’indique, est une assurance. Une assurance obligatoire, comme l’est l’assurance-automobile. Il ne s’agit pas d’une subvention de l’État mais bien d’un espèce de « contrat social » entre les travailleurs et les employeurs. Les deux sont obligés d’y souscrire et ce régime appartient – devrait appartenir – aux travailleurs, pas à l’État. Le gouvernement Harper ne fait que poursuivre l’entreprise de destruction amorcée par les libéraux en s’accaparant indument (voire illégalement) le contrôle du régime d’assurance-emploi à des fins purement idéologiques.

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 38

  • 11 janvier 2013 · 14h49 jcp

    Si je comprends bien, vous favorisez donc le statut quo M Marcil?

    Que proposez-vous pour diversifier ces économies locales, pour motiver l’entreprenariat ou les investissements? Il doit bien y avoir moyen de créer des emplois locaux qui ne soient pas que saisonniers non?

    Si la solution Harper s’apparente à un électrochoc, le statut quo actuel me fait penser à une vie artificielle sur respirateur.

    • 11 janvier 2013 · 18h05 Ianik Marcil

      Où avez vous bien compris que j’étais en faveur du statu quo? Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je suis tout à fait en faveur de la diversification du tissu économique régional, où que ce soit – c’est incidemment le sens de mon travail depuis des années. Mais je ne vois aucunement en quoi cette réforme le favorise – c’est exactement le contraire, on enlise les travailleurs en les contraignant à accepter des emplois sous-payés plutôt qu’à appuyer le développement économique local.

    • 12 janvier 2013 · 11h27 Jean-Christophe Pagé

      Faux dilemme.

    • 12 janvier 2013 · 13h07 Val66

      C’est un connard comme plusieurs autres !

    • 12 janvier 2013 · 21h42 BG

      à JCP: C’est pas si simple, euh, simpliste que ça! Un régime d’assurance emploi est-il forcément en opposition au développement économique d’une région? N-O-N!!! C’est ce que veut vous faire croire le monsieur Dubuc. Mais vous devriez relire M. Marcil. C’est comme de la bouffe santé, ça prend plus de temps à s’habituer mais à un moment donné, on est content de voir la lumière!

  • 11 janvier 2013 · 15h56 Manon Deschamps

    « On encourage le « cheap labour » tout en n’aidant en rien des régions chroniquement victimes de la consommation outrancière de citadins, heureux de trouver sur les étals du Marché Jean-Talon le poisson, le homard ou le crabe des neiges frais des Maritimes qu’ils arboreront sur leur nappe souillée d’indifférence offerts à leurs convives tout aussi imbus de leurs idées reçues qu’est rempli leur verre de vin de bonne cuvée. »

    Visiblement, Alain Dubuc n’a pas le monopole des préjugés et des idées grossières!

    • 11 janvier 2013 · 18h10 Ianik Marcil

      La surpêche due notamment à la concurrence débile qui fait baisser les prix est un de mes «préjugés et idées grossières» ? Eh ben, faudrait que vous m’expliquiez ça.

  • 11 janvier 2013 · 16h12 Pierre

    J’habite une ville, et lorsque je paye plus cher pour des produits de la Gaspésie, c’est pour aider mes concitoyens québécois, par pour me masturber devant mes invités.

    Selon votre article, nous devons nous sentir mal d’aider financièrement cette région en achetant leur production locale.

    Si ces gens ne veulent pas pêcher, qu’ils ne pêchent pas. La demande « des citadins » (parce que j’imagine que les gens des régions ne mangent jamais des produits de la mer provenant du Québec) n’enlève aucune volonté individuelle à ces gens et à la capacité de nouvelles industries à se développer dans ces régions. À moins que vous les considérer comme des imbéciles sans volonté et sans ambition, bien entendu.

    Franchement, votre article est pire de clichés que celui d’Alain Dubuc.

    Je me ferai un plaisir de ne pas lire la prochaine édition « citadine » du Voir.

    • 11 janvier 2013 · 18h08 Ianik Marcil

      Vous pouvez m’indiquer où j’ai écrit qu’il était mal de consommer les produits de la pêche gaspésienne en ville ? Bien vous fasse de ne pas lire le Voir, ça n’est pas moi qui imposerait une quelconque lecture à quiconque, encore moins la mienne.

    • 11 janvier 2013 · 18h48 Jean Naimard

      L’assurance-chômage n’a pas été créée pour les beaux yeux des travailleurs, loin de là.

      Non, l’assurance-chômage sert avant tout aux compagnies en leur permettant de mettre au rancart la main d’œuvre hors-saison en leur assurant qu’elle sera de nouveau disponible la bonne saison revenue.

      En fait, couper l’assurance-chômage comme le fait Harper ne fera que nuire à la portion saisonnière de l’Économie.

    • 11 janvier 2013 · 23h17 Philippe Landry

      Bonjour,
      L’assurance-chômage a bel et bien des effets pervers, mais ce n’est pas nécessairement ce dont parle Dubuc.
      En voici quelques-uns :
      Sur les quais du Québec maritime, il n’y a pas beaucoup de vie, et il est même difficile d’y acheter du poisson, parce que le pêcheur fait ses « timbres » de chômage en allant faire peser son poisson à l’usine. Résultat, il ne veut pas vendre sur le quai car ce poisson vendu sur le quai ne l’aiderait pas à faire ses timbres. Aussi…
      Normalement le travail pour l’entretien du bateau, la mise en état de l’équipement devrait faire partie des coûts de la pêche, ce qui augmenterait la valeur de la prise. Le pêcheur devrait donc sans assurance-chômage demander plus. Comme on le sait le bas prix favorise quelquefois le gaspillage de la ressource. À cause de l’assurance-chômage nous avons mangé de la morue ou du maquereau à un prix bien en bas de ce que ça valait réellement. La morue pendant un temps a même été vu comme la bouffe du pauvre… ce qui n’aurait pas dù être le cas.
      Le revenu minimum garanti pour faire que l’argent circule en permanence même pendant les mois de vaches maigres aurait probablement moins d’effets pervers. Mais c’est un sujet complexe qui demande réflexion.

  • 11 janvier 2013 · 16h35 Richard Gauthier

    Ce n’est pas le texte de monsieur Marcil qui m’étonne. C’est qu’il n’a pas poursuivi la résultante de la logique de monsieur Harper. S’il n’y a pas de travail en Gaspésie que du travail saisonnier (plus ou moins bien payé) et de l’assurance chômage «peau de chagrin» quittons toutes les régions ressources. Vidons les régions pour venir concurrencer les citadins et les mettre aussi au chômage!!!

    Dans ce qui existe actuellement, existe également un contrat social entre les citadins et les autres. Moi citadin, pour bien manger et profiter de vous les chômeurs de Gaspésie, j’accepte de contribuer à votre chômage. Vous les gaspésiens, vous acceptez de vivre à la limite de la pau
    vreté. Disons que je me sens un peu gêné déjà bien assez, sans en rajouter!!!

  • 11 janvier 2013 · 16h49 Gaétan Myre

    Je suis Gaspésien et spécialiste de la pêche. Monsieur Dubuc sait-il que les pêcheurs de crevettes, par exemple, lorsqu’ils sont en mer, travaillent jusqu’à 18 heures par jour? Avec le résultat qu’après 5 mois de pêche, ils ont travaillé sensiblement le même nombre d’heures qu’un travailleur terrien en une année. Ce sont les urbains qui font les lois sans comprendre souvent les réalités vécues par ceux qui exercent le noble métier de les nourrir. Il faut se soulever contre les politiques de Harper, valet des 5%. Voilà!

    • 11 janvier 2013 · 18h51 Frédéric Maltais

      Je suis tout à fait d’accord avec l’argument des heures travaillées. Moi même étant « travailleur saisonnier » oeuvrant dans le millieux événementiel, je peux vous dire que la majeur partie de mon été est consacré exclusivement au travail. Plusieurs semaines de 7 sur 7 et des journée d’au moins 12 heures. Il y là des sacrifices et un mode de vie qui est probablement loins du métier de chroniqueur.

    • 11 janvier 2013 · 23h28 Philippe Landry

      Bonjour,
      S’il y a du travail saisonnier, c’est parce que au Canada il y a des saisons ! C’est pourtant pas difficile à comprendre. C’est pas tout le monde qui peut être pêcheur l’été aux Îles, et joueur d’hockey dans la LNH l’hiver ! Chacun s’arrange comme il peut pour gagner sa croûte en relation avec l’endroit où il se trouve. On devrait envoyer Dubuc faire la pêche ou travailler comme bûcheron… ça l’aiderait à comprendre !

  • 11 janvier 2013 · 20h51 Jocelyn Lagace

    J’habite en Gaspésie et je travaille sur une ferme laitière. Travail à plein temps l’été et je tombe temps partiel l’hiver. M Dubuc a t’il déja tenter de récolter le foin, réparer des clotures etc pendant l’hiver? Avoir de l’assurance emploi ne signifie pas être en vacance comme certaines personnes veulent bien faire croire! M Dubuc ainsi que nombres de bien pensants ne feraient même pas ce travail….. Ils ne doivent pas savoir qu’un steak ne vient pas au monde dans un paquet! À quoi bon leur dire, ils semblent connaître la vérité absolue du haut de leur petit monde……

  • 11 janvier 2013 · 23h46 Jacques Morissette

    L’assurance emploi de Harper, une réforme pour rendre encore plus dépendant tous les travailleurs qui devront apprendre à nager dans une mer d’iniquité et d’abus de la part des entreprises qui, en règle générale, vont s’arranger pour se servir de cet autre atout du général Harper pour abuser encore plus dans le sens qu’il le veut.

    Les entreprises ont le don de suivre facilement quand il s’agit de leur intérêt, si étroit soit-il. Par contre, elles ne savent peut-être pas que le temps risque de leur mettre à dos les travailleurs si elles abusent trop d’eux. D’autre part, elles ne peuvent pas exiger d’une main plus de productivité des travailleurs et de l’autre les réprimer s’ils revendiquent trop pour récompenser leur productivité.

  • 12 janvier 2013 · 13h09 Val66

    Connard

  • 12 janvier 2013 · 21h50 BG

    L’assurance-emploi, c’est un régime d’ASSURANCE qu’on s’est bâti collectivement. De l’assurance… Mettons que la CSST te disait qu’y faut que tu r’viennes travailler quant ta blessure est guérie à 70%.

  • 12 janvier 2013 · 22h17 Victor Beauchesne

    Il ne reste aucune notion d’assurance dans ce que nous appelons l’assurance emploi. Quand tu collectes de l’assurance salaire pendant toute une vie ce n’est plus de l’assurance. Si tu as un accident d’auto à chaque année pendant 20 ans, combien tes primes vont-elles augmenter ? Si ta maison passe au feu à chaque hiver, quel con va t’assurer ? Mais pour l’assurance emploi, aucun problème, t’as un emploi saisonnier alors tu peux en profiter toute ta vie et il y a plein de gens qui trouvent cela normal et logique que tous les employeurs et employés paient pour ceux qui ne vont JAMAIS travailler toute l’année.

    Si votre emploi saisonnier est assez rémunérateur pour vous garder en vie 12 mois p.a. tant mieux pour vous, pourquoi que les autres devraient payer pour votre skidoo, sinon trouvez-vous autre chose à faire. Mais de grâce cessez de pleurnicher et de crier à l’injustice.

    • 6 février 2013 · 14h41 Réjean

      Alors à quoi sert une assurance-santé si t’es jamais malade ? Oh je ne suis jamais malade, que vous allez dire, alors je ne veux pas payer pour ceux qui sont tout le temps malade, etc. etc.

      De la foutaise ton commentaire… bien digne d’un mini-harper.

  • 13 janvier 2013 · 14h58 Jacques

    Le problème des régions c’est qu’elles vivent aux dépends des centres. Quand ça va bien les centres ne se plaignent pas trop. Quand ça va moins bien et que les centres doivent se serrer la ceinture ça chiâle pas mal plus.

    En théorie un employé ne devrait pas être rémunéré plus que la valeur de ce qu’il produit. Si un employé effectue un travail qui a une valeur de 5000$ son employeur ne devrait pas le payer 6000$.

    Mais le gouvernement vient changer cette analyse. Un pêcheur qui produit pour 5000$ de poissons pourrait être payé 4000$ par son employeur (qui veut faire un profit) et 2000$ en assurance-emploi. Il reçoit donc 6000$ de la part de la société pour un travail qui en vaut 5000$.

    Tant que ceux qui paient le 2000$ ne se plaignent pas, ça va. Mais s’ils décident qu’ils veulent avoir un service en retour de cet argent donné à ne rien faire?

    Bien sûr que c’est gentil de donner de l’argent à des personnes qui en veulent. Mais si cela crée un système éternellement déficitaire il est peut-être bon de se poser la question.

    • 13 janvier 2013 · 21h47 Gaétan Myre

      Et avec une telle logique, qui va nourrir les urbains?

    • 14 janvier 2013 · 11h04 alain a

      « En théorie un employé ne devrait pas être rémunéré plus que la valeur de ce qu’il produit. »
      La théorie et la réalité sont deux choses bien différentes. Vous connaissez la tactique qui vise à subventionner grassement un secteur d’entreprise afin de le rendre compétitif le temps qu’il faut pour faire mourir la concurrence. Les États-Unis ont fait mourir les producteurs de riz en Inde de cette manière. La stratégie, en plus d’éliminer les concurrents, permet de les racheter à rabais et d’obtenir un monopole sur le prix des denrées.
      Moi je trouve que l’AE est une manière respectueuse et reconnaissante de maintenir et d’assurer la présence au pays de secteurs d’activités locaux dont les retombées profitent à tous. À long terme, elle permet aussi d’éviter que ce type d’activités tombe entre les mains de monopole (si ce n’est pas déjà fait. C’est peut être ce que vise Harper).

    • 14 janvier 2013 · 21h57 Daniel Moulin

      Le regime croule sous les surplus il me semble?

  • 13 janvier 2013 · 16h38 Hugues Tremblay Manigouche

    Les travailleurs payent cette assurance eux-mêmes, ils y ont donc droit. À ce que je sache, le fonds de « l’assurance-emploi » (bel euphémisme! tu touches des prestations quand t’as plus de job) est financé à 100% par les travailleurs – et aucunement par les contribuables réguliers. Qui plus est, le fédéral a déjà pigé dans ce fonds – qui appartient au travailleurs, et pas au gouvernement – en en transférant une partie dans ses revenus généraux. Je ne comprends donc pas l’indignation des gens pour ce qui est essentiellement une affaire interne: tu contribues à l’AE, tu peux donc recevoir de l’AE, c’est un no-brainer, d’autant plus que le fonds n’accuse pas de déficit.

    Pour ma part, j’ai toujours été travailleur autonome, et je n’ai jamais reçu d’AE. Cela dit, je ne comprends pas pourquoi les gens défendent la répression (re. couper les programmes) plutôt qu’au contraire défendre ce programme qui s’auto-finance… Ça fait pitié d’entendre des gens égaler ‘recevoir de l’AE = paresseux, etc’…. Coudonc, c’est fait exactement pour ça: tu contribues, tu touches au besoin, qu’est-ce qui est compliqué? Finalement, c’est dans la tendance inquiétante de souhaiter moins pour nos concitoyens – comme si c’est ça qui allait nous donner plus, que de couper les autres!

    • 13 janvier 2013 · 17h06 Victor Beauchesne

      Les employeurs et les employés contribuent à l’AE. Les employeurs saisonniers sont donc financés indirectement par les employeurs qui fonctionnent toute l’année. À la longue ça cause une distorsion économique qui n’a pas sa raison d’être. Dans les entreprises syndiqués qui réduisent leur personnel l’hiver sans cesser leurs opérations, on permet aux plus anciens de « prendre leur hiver » avant les plus jeunes. Vous trouvez ça logique ? Si vous voulez « prendre votre hiver » vous devrez renoncer à votre rémunération. Alors qui si vous vivez dans une région avec une forte économie saisonnière, vous allez partager vos « timbres » afin de permettre à tout le monde de collecter de l’AE. Autrement dit, la durée du travail ainsi que le nombre de travailleurs est directement fonction de la période requise afin de collecter. C’est ce qu’on appelle une économie de quêteux.

      D’ailleurs le Canada avait même perdu son litige contre la France sur les pêches au large de St-Pierre et Miquelon. La Canada arguait que l’économie locale était en jeu. Les Français ont répliqué que le système 10-42 ( on exigeait alors 10 semaines de travail pour 42 semaines de prestations) ne pouvait en rien être considéré comme un système économique fondé sur seulement 10 semaines de travail par an. Jugez pour vous-même.

    • 13 janvier 2013 · 21h02 Marjolaine

      À ce que je sache, le chômage se calcule en nombre d’heures travaillées et non en nombre de semaines. Les ouvriers ont travaillé les 420 heures requises par l’AE en cours de saison, probablement en travaillant des 60-70 heures/semaine pour une grande part d’entre eux, et ce, à très haut taux d’imposition (pour citer ce cher André Dubuc : « Mieux vaut cuisiner chez soi que faire des heures supplémentaires », Les Affaires, 13 mars 2010).

      Il est paradoxal de miser collectivement sur le développement des ressources naturelles du Québec, mais de demander aux travailleurs qui exploitent ces ressources de se trouver un autre emploi. Et si on fait venir des Mexicains ou Colombiens pour faire ce travail durant la haute saison (ce qui est déjà le cas dans de nombreuses entreprises saisonnières où les employeurs ne peuvent trouver de travailleurs locaux), eh bien on les critiquera qu’ils prennent notre argent pour le dépenser dans leur pays au lieu de faire tourner l’économie locale.

    • 13 janvier 2013 · 21h39 Marjolaine

      Je l’admets, j’ai mal calculé mes heures, puisque 420 h à 40 h/semaine correspond à 2,5 mois de travail, mais comme les travaux saisonniers ont généralement une durée de 4 à 6 mois…

  • 13 janvier 2013 · 20h29 Véronique

    Aujourd’hui un madelinot sur trois est descendu dans la rue car il comprend mieux que quiconque ce que représentent la réforme Harper. Je suis de ce nombre et je suis fière des citoyens d’ici.

    • 15 janvier 2013 · 14h42 Victor Beauchesne

      Avec respect, c’est probablement parce que la population des Îles est 33 % trop élevée pour subvenir à ses propres besoins sans l’aide extérieure. Payer du monde à rien faire chaque hiver éternellement n’est aucunement une solution, ce n ‘est qu’un pansement sur une plaie qu’on refuse de soigner.

  • 15 janvier 2013 · 10h57 Marc-André

    J’ai été travailleur saisonnier pendant plus de 5 ans et j’était très content d’avoir l’assurance-emplois lorsqu’arrivait la saison froide. Je suis maintenant travailleur autonome depuis 2 ans et je suis payer en fonction de ce que je travail.

    Avec du recul, lorsque j’analyse la façon que je pensait lorsque j’avais l’assurance-emplois, je me rend bien compte que c’était bel et bien un incitatif à rester à la maison. Quel fou va vouloir se trouver du travail s’il est payé pour rester à la maison. Je gagnais presque le même salaire net à rester à la maison qu’à aller travailler car je n’avais pas toute les déductions à payer, pas de facture d’essence, etc etc. J’aurais très bien pu me trouver du travail à ce temps la de l’année mais à quoi bon! C’était bien plus agréable de vacquer à mes occupation et à mes loisirs en étant payer pour le faire!!

    Maintenant que je suis à mon compte, j’ai hâte d’aller travailler. Je me sent presque coupable de prendre une journée de congé car je sait qu’une journée de moins c’est de l’argent de moins. Je me creuse la tête pour être plus efficace, pour développer mes affaires, etc etc. J’augmente ma créativité et c’est moi qui crée mon emplois. Si je veux prendre des vacances, je les prévoie, et j’économise en prévion de ces vacances.

    Si tu fait ton 2000 heures en 6 mois au lieu de 12, ben faut que tu t’arrenge pour que ce que tu as gagné te dure 12 mois. Si tu gagne 1000$ net par semaine l’été mais que tu travail 6 mois par année, ben divise par 2 ta paie et garde la pour le reste de l’année.

    Par définition, l’assurance est une protection collective qui nous protège en cas de perte ACCIDENTELLE. On paie de l’assurance habitation au cas où on passerait au feu, l’assurance auto au cas où on se la ferait voler ou en cas d’accident, etc etc. Lorsqu’une personne représente un plus gros risque pour un assureur (dans ce cas si c’est la collectivité…), cette personne doit payer une surprime pour compenser le risque qu’elle représente. Puisqu’elle a plus de chance de récolter que les autres, il est normal que cette personne paie plus.

    Pour l’assurance emplois, la prime est payé par l’employeur et l’employé. Je crois que la surprime devrait être payé par l’employeur et non par l’employé. La compagnie ajustera le prix de ses produits pour compenser la perte que crée la surprime d’assurance et continuer à faire du profit.

    Une autre solution serait d’obliger les compagnie déclarée saisonnière à mettre une portion du salaire d’une personne de côté pour lui distribuer de manière égale tout au long de l’année. Encore la, les employés vont demander d’être payé à un taux horaire plus élevé mais ça ne sera qu’un rebalancement normal des choses. Il faut s’arrenger pour que chaque secteur et industrie s’autofinance d’elle même. Oui il peut y avoir de l’aide au démarrage, différentes subventions, et de l’assurance emploie pour les fermetures d’usine (fermeture définitive!), mais ces aides ne doivent en aucun temps devenir un automatisme essentiel tel un respirateur artificiel car en cas de panne de courant, c’est la mort assurée!

    Je ne suis pas au courant de chacun des articles de la lois qui ont été modifiés mais je suis d’accord sur le fond. Il est temps de faire des changement de société. Nous avons une dettes collective hors de contrôle, des infrastructures mal entrenues par manque de financement, des hopitaux sous-financés (et mal gérés…). Plusieurs changement comme ceux la arriverons dans les prochaines années et pas nécéssairement par choix mais plutôt par obligations!

    • 15 janvier 2013 · 11h42 Marc-André

      Que diriez-vous si on avait le même programme mais pour les compagnie au lieu des employés! Voici ce que donnerai ce programme.

      Le chiffre d’affaire annuel de la compagnie X est de 120 000$/an. Cette compagnie fait 50% de son chiffre d’affaire en décembre puique que son produit se vend énormément durant la période de noël. Elle fait donc 60 000$ en décembre et seulement un maigre 5454$ le reste des 11 mois. Nous allons donc assuré 60% de sa perte mensuelle pour les 11 mois de vaches maigres. 60% x (60 000$ – 5454$) = 32 700$ de subvention mensuelle.

      Elle se retrouve avec un revenu annuel de 60 000$ plus 5454 x 11 plus 32 700 x 11 pour un total de 419 674. WOW!!! Quelle compagnie rentable. Les actionnaires sont très content et recoivent un beau dividente chaque année.

      La le monde y chialerai! Ben la, elle a juste à bien gérer ses affaires pis de prendre son revenu de 120 000$ pis de le divisé en 12 pis quelle s’arrenge avec ça!! Pis si a veux augmenter ses revenus, ben qu’elle diversifie ses produits, quelle ouvre d’autre marché!

      Pourquoi est-ce que ce qui s’applique à une situation ne s’appliquerai pas à une autre. J’ai juste inversé les rôles mais c’est comme ça que fonctionne l’assurance emplois.

    • 15 janvier 2013 · 14h39 Victor Beauchesne

      Bon enfin quelqu’un qui a du vécu et qui donne son exemple personnel qui ne fait qu’appuyer ce que je disais ci-haut. Si on garde le système il devrait s’appeler taxe sur l’emploi non saisonnier ou subvention aux industries saisonnières au lieu d’assurance emploi car de n’est aucunement de l’assurance.

  • 15 janvier 2013 · 14h44 Claude Perrier

    Un vague souvenir… Félix Leclerc n’a-t-il pas écrit et chanté une chanson à l’effet que c’est une très mauvaise idée que d’être payé à ne rien faire? Il me semble que si. Et puis, en voilà un qui savait de quoi il parlait à cet égard vu le coin de pays où il habitait.

    Dans le cas du travail saisonnier, je ne crois pas que l’assurance-emploi soit appropriée. Surtout qu’une «assurance» ne doit servir à protéger qu’en cas d’imprévu. Pas lorsque la même situation revient continuellement!

    Un autre arrangement devrait donc être élaboré pour veiller aux intérêts spécifiques des travailleurs saisonniers.

    Ce qui ferait du coup en sorte que ces prestataires à répétition ne prendraient plus largement au delà de leur part normale du fond collectivement payé par tous ceux et celles qui y contribuent. Et les contributions de l’ensemble des personnes couvertes par le régime pourraient alors baisser. Ou bien, ce serait les prestations qui pourraient augmenter si les contributions demeuraient inchangées.

    Quoi qu’il en soit, je terminerai en écrivant que l’on pourra toujours faire dire des tas de choses à quiconque soit parce que l’on n’aura rien compris à son propos ou parce que l’on désire le faire mal paraître pour diverses raisons.

    Pour ma part, je considère qu’Alain Dubuc est un très bon chroniqueur et analyste des questions économiques. Et cela depuis fort longtemps.

  • 6 février 2013 · 10h27 PL

    Je comprends très bien la problématique de l’emploi dans différentes régions spécifiques notamment, lorsqu’on parle de pêche et que les semaines travaillées représentent des heures et un labeur énormes. Et de plus, après, il n’y a effectivement à peu près rien comme possibilité d’emploi. Là où je suis moins d’accord ce sont les travailleurs qui de façon volontaire, se trouvent un emploi dont ils savent saisonnier. C’est pour certaines personnes, évidemment tentant de faire par exemple, carrière dans l’entretien d’un terrain de golf pendant 25 ans. On est assuré d’avoir six mois de vacances par année. L’impôt payé par le travailleur lui est directement remis en chômage. Quelle économie!!. C’est évidemment mieux que de travailler chez Walt-Mart avec deux semaines de vacances par années et dont on ne peut même pas choisir ses semaines.

  • 7 février 2013 · 05h53 Hugues Tremblay Manigouche

    @ PL: il y a sans doute des gens qui ont une stratégie comme celle que vous décrivez, mais est-ce la norme ou l’exception? Est-ce pour toute leur vie ou en attendant? etc.

    De plus, rappelez-vous toujours ceci: les travailleurs et les compagnies payent l’AC (i.e. y contribuent), et non pas l’ensemble des travailleurs, donc ‘L’impôt payé par le travailleur », en fait, ne « lui est PAS directement remis en chômage », non, l’impôt du travailleur va dans les coffres de l’état, les 2 caisses sont séparées.

  • 12 février 2013 · 19h58 Bob

    Dubuc est un serviteur de serviteur un débile qui s’ignore.

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