Leçon d’économie à Agnès Maltais

5 mars 2013 13h50 · Ianik Marcil

Le niveau de connaissances économiques dans la population est déplorable, comme on le sait. La ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, en fait malheureusement l’éclatante démonstration en proposant des modifications au régime de l’aide sociale.

Je me permets donc d’informer madame la ministre de quelques principes élémentaires d’analyse économique.

1. La motivation derrière ce changement réglementaire est de « renforcer l’incitation au travail ». Cela sous-entend que si l’État se montre « trop » généreux, les prestataires d’aide sociale ne sont pas incités à se trouver un emploi. Autrement dit : si l’État vous donnait 5000$ par mois, par exemple, vous n’auriez aucune envie de vous trouver du boulot. Donc, inversement, si on réduit le soutien financier aux prestataires, ils se botteront le cul pour se trouver une job. Tout à fait logique, intuitivement. Or en matière d’économie, il faut se méfier de ce qui semble à la fois logique et intuitif. Car si cette logique peut, bien entendu, se vérifier dans certains cas particuliers, elle est fausse en réalité pour l’ensemble de la population. Nombre d’études empiriques démontrent, ici comme ailleurs, que réduire les prestations n’incitent pas ceux qui en bénéficient à se trouver un emploi, au contraire, même. Est-il nécessaire de rappeler que l’aide sociale constitue un soutien de dernier recours ? Que nous avons décidé, collectivement, de soutenir les plus démunis qui ne sont pas, pour la très, très vaste majorité d’entre eux, des gens qui vivent joyeusement aux crochets de l’État, par souci d’assurer le strict minimum à nos semblables ? Lorsqu’on reçoit la somme faramineuse de 604$ par mois, on n’est pas seulement pauvre : on est en situation de survie. Or, en situation de survie, on n’est pas incité à se chercher un emploi. L’essentiel de notre énergie est destinée à nous rendre au premier jour du mois suivant. Quand 5,50$ pour un aller-retour en autobus-métro à Montréal grève un budget bouclé au sou près, une simple entrevue d’embauche constitue un sacrifice.

2. Un autre principe économique de base que madame Maltais ne semble pas maîtriser est celui de la propension marginale à consommer décroissante. Quésako ? L’idée est simple : plus on a un revenu élevé, moins la proportion destinée à la consommation est grande (cette proportion c’est le « marginal » dans l’expression citée). Inversement, donc, moins on a un revenu élevé, plus on l’utilise à consommer. Si vous gagnez 100 000$ par année, le 500$ supplémentaire que vous recevez a davantage de chance d’être épargné ou consommé en biens et services de luxe produits à l’extérieur du pays (gadgets électroniques ou voyages, par exemple). Lorsque votre revenu se limite à 604$ par mois, il y a fort à parier qu’il soit dépensé en totalité. Logement, transport, nourriture – rapidement cet argent aura circulé dans le système économique.  Qui plus est, cette somme sera injectée dans l’économie de proximité. Soutenir les plus démunis d’entre nous profite économiquement à l’ensemble de la société. Diminuer leur soutien fait en sorte que nous nous privons collectivement d’un apport économique fondamental. En camouflant une mesure d’austérité budgétaire derrière le paravent de « l’incitatif à l’emploi », la ministre Maltais prive, de fait, la société québécoise d’un multiplicateur économique formidable.

3. Car effectivement, et c’est le troisième argument que je souhaite mettre en lumière, en camouflant – contrairement à ses déclarations publiques – une mesure d’austérité budgétaire derrière une réforme visant le retour au marché du travail des prestataires d’aide sociale, la ministre ignore totalement le fait que le nombre de prestataires (et donc les coûts) de ce programme a constamment diminué depuis le milieu des années 1990. Cela s’explique, malheureusement, en partie par des règles plus contraignantes mais, aussi, par l’accroissement de l’employabilité des prestataires d’aide sociale. Car, si ce ne sont pas des prestations plus faibles qui incitent les gens à se trouver un emploi, ce sont, en revanche, de meilleures capacités à répondre aux « besoins du marché du travail » qui font en sorte qu’elles les libère de la nécessité de recourir à l’aide sociale. Et cela ne se crée pas comme par magie, en réduisant leurs prestations. Cela se crée par de meilleurs programmes de formation professionnelle, par un soutien véritable à leur développement personnel et par une humanité dont la réforme réglementaire de la ministre Maltais semble dépourvue.

Le régime d’aide sociale est le soutien de dernier recours que notre collectivité offre à nos concitoyens. La ministre Maltais, non contente de faire preuve d’une ignorance crasse de certains principes économiques élémentaires ajoute l’insulte à l’injure en adoptant une posture idéologique et morale indigne d’une formation politique s’affichant à la défense des plus fragiles d’entre nous. Laquelle situation peut tous nous menacer, un jour ou l’autre. Y compris madame la ministre.

 

En complément de lecture :

Sur le blogue de Jeanne Emmard, « La non réforme de l’aide sociale »

Sur le blogue de Josée Legault, « La souricière »

De l’IRIS, « Les prestations d’aide sociale sont-elles trop généreuses? »

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 37

  • 5 mars 2013 · 14h16 Pascale A. Cormier

    Les gens ne voient jamais le portrait global. On leur dit « 3 % de plus pour les frais de scolarité », ils pensent : « Bof, ce n’est pas la mer à boire! » On va leur dire « 3 $ de plus par jour pour les CPE », ils vont encore penser que ce n’est pas la fin du monde — un latté de moins chez Starbuck’s et le tour est joué. On va leur présenter les hausses de tarifs d’électricité en les minimisant et ils vont réagir de la même manière. Quant aux coupures dans l’aide sociale, ça ne concerne que les assistés sociaux, n’est-ce pas? Même si ça veut dire des millions de moins dans l’économie, des millions de moins à dépenser pour faire vivre des petits commerces et créer ou maintenir des emplois. Et après, ils se demanderont pourquoi ils ont de plus en plus de mal à boucler leurs fins de mois. Pourquoi ils ne sont pas capables de payer des études au petit dernier. Pourquoi on annonce des compressions de personnel à leur travail et leur poste est le prochain sur la liste. Il faut relier les points pour voir le portrait global; mais l’information est présentée par flashes, sitôt zappés, sitôt oubliés. Et les plus démunis sont toujours la cible la plus facile, ça ne coûte pas cher politiquement de s’en prendre à eux puisque les pauvres votent très peu… et les commentateurs libertariens font un excellent travail de désinformation et de propagande haineuse anti-pauvres.

  • 5 mars 2013 · 14h53 Éric Boivin

    Malheureusement des politiciennes comme Madame Maltais sont de la vieille école de l’action politique où TOI tu sais ce qui est bon pour les autres. Une approche infantilisante. En entrevue ce matin à la radio de Paul Arcand elle nous suppliait presque de la croire qu’elle voulait « vraiment leur bien » aux assistés sociaux de plus de 55 ans et qu’elle était certaine qu’il y avait des bons emplois pour eux. Et que maintenant il y a de la demande pour embaucher…des 55 ans et plus…et bla-bla. Elle voulait vraiment les aider, elle l’a répété 4 fois qu’elle veut les aider. C’était pathétique j’avais le goût de pleurer..et puis à un moment donné je me suis dit si elle veut vraiment tant que ça les aider..pourquoi qu’elle leur « crisse » pas la paix!

    • 13 mars 2013 · 09h10 Julie Nadeau

      D’accord avec toi que le discours d’Agnès Maltais n’est pas crédible du tout.
      Depuis 9 ans la situation de l’emploi est-elle devenue si favorable que ça aux personnes sur l’aide sociale qui atteignent presque l’âge de la retraite? Non, sûrement pas. Mais depuis ce temps-là, Agnès a bien changé son discours. Voici une vidéo qui nous prouve que ses convictions sociales sont d’un style plutôt « caméléon »:

      https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=HLl-axRaPio

  • 5 mars 2013 · 15h01 Laurent Desbois

    Agnes Maltais explique les « bonifications » proposées…

    http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2013/CBF/CestBienMeilleurLeMatin201303050710_2.asx

    Effectivement… Commence à sentir comme un autre coup monté de Gesca, Radio-Cacane…

    Aide sociale : les critiques fusent de toutes parts??? 30 personnes???

    • 6 mars 2013 · 20h47 Laurent Desbois

      Une belle coalition PLQ-CAQ….. et QS !!!! MDR
      Je regarde Françoise David dénoncer le fait que la taxe santé n’est pas totalement abolie. Elle dénonce le gouvernement alors que c’est l’opposition libérale et caquiste qui ont bloqué la première proposition Marceau. Je me souviens que lors du débat sur la taxe santé, QS est resté dans son coin sans défendre la proposition gouvernementale. Maintenant elle dénonce le gouvernement. C’est comme Bachand qui dénonçait l’abolition de la taxe santé et maintenant il dénonce sa non abolition complète. Il y a des coups de pied au cul qui se perdent!

  • 5 mars 2013 · 15h32 Bruno Perreault

    Effectivement, ils étaient quoi, 20-30 au max hier?!

    J’imagine que la faible mobilisation est du aux « ticket de metro trop cher »…!!!

    La vérité, c’est qu’on as affaire à des « pas de coeur ». Donc, mobilisation il n’y aura point.

    Et ne me sortez pas l’argument de la mono-parentale qui fait pitié. Une personne sur le bs avec enfants devrait se faire enlever ses enfants, jusqu’à ce qu’elle soit en emploi. Pareil pour le père.

    C’est tout.

    • 5 mars 2013 · 15h37 Ianik Marcil

      «Une personne sur le bs avec enfants devrait se faire enlever ses enfants, jusqu’à ce qu’elle soit en emploi. Pareil pour le père.»

      Vous êtes sérieux, là ou c’est de l’ironie ?

    • 5 mars 2013 · 15h50 EricBoivin

      Quand tu dis des « pas de coeur »… c’est drôle comme j’ai l’impression que tu parles de toi

    • 5 mars 2013 · 16h55 Pascale A. Cormier

      Monsieur Perreault, vous trollez pour attraper des points Godwin? Je ne vous ferai pas ce plaisir… mais je n’en pense pas moins. :-p

    • 5 mars 2013 · 22h38 Alain Myrand

      J’ai lu votre commentaire et j’ai envie de vous dire que je trouve lamentable votre discours.Cracher sur des gens qui un jour peut etre vous porterons secours.Je vous propose de visionner le film Gandhi qui raconte sa vie ou de lire quelques citations du Dalai Lama vous pourrier etre etonné de ces enseignements. Eux comme plusieurs autres ne jugent pas et ont beaucoup de compassion.. Faite le pour vos enfants,ils vous seront reconnaissant.

    • 5 mars 2013 · 23h31 Ianik Marcil

      Eh ben ! Si déjà vous étiez en mesure d’écrire avec une grammaire adéquate je pourrais peut-être vous comprendre. Ce qui n’est pas le cas. Et en passant je n’ai pas d’enfants et je ne vois vraiment pas en quoi cela change quoi que ce soit à mon opinion. Si vous n’aimez pas ce que j’écris vous avez deux solutions: (1) proposer des arguments qui s’y opposent; (2) ne pas me lire.

  • 5 mars 2013 · 16h10 Miguel Lemieux

    La réforme propose d’abolir la bonification automatique de 129 $ par une bonification de 195 $ si la personne concernée entreprend une démarche de réinsertion à l’emploi. Qu’arrivera-t-il si, malgré sa formation, la personne n’arrive toujours pas à se trouver un emploi? Elle sera déclarée comme ayant une contrainte à l’emploi et recevra donc encore son 129 $. À moins de refuser les mesures d’aide à l’emploi, personne ne peut être perdant. Où est le problème?

  • 5 mars 2013 · 16h25 REVENU UNIVERSEL GARANTI

    Il serait temps que les gens pensent à opter pour un revenu universel garanti pour tous comme il y a déjà dans plusieurs pays et même il y a déjà eu en 1970 au canada dans le Manitoba. Il est fort probable que les gens voudraient cette argent pour aller à l’école et passer d’une qualité de vie meilleur. Les gens resteraient pas assis à rien faire comme plusieurs vont répondre à ce que je dis.

    La réforme de l’aide sociale actuelle cause problème a bien des égards si on pense que les gens sont couper au moindre revenu gagné après un certain montant.

    Les gens courent les banques alimentaires avec de la nourriture moisi avec de la mousse ou du vert bien souvent. Ils sont souvent mal nourris.

    Ils n’ont pas d’argent pour le linge et le transport. Allez constatez par vous-même et demandez-leur comment ça roule après 6 mois seulement niveau revenu. Il n’ont soit pas de cable ou soit pas d’internet pour se tenir au courant. C’est le K.O.

    La plupart des dites « Fraudeurs » sont pas tous fraudeurs comme les médias nous les perçoivent car, souvent c’est de petits détails qui sont manquant dans la fiche de questions pour le suivi du dossier mensuel. Ce qui fait que les chiffres sont gonflés.

    Autre chose, les assistés sociaux compte les enfants, les handicapés mentaux et physiques, les prisonniers et les itinérants.

    C’est bien sûr qu’il y aura toujours du travail au noir sur l’aide sociale comme dans toutes les couches de la société. Que ce soit banquier, ingénieur,politicien,gens de la construction,… Il y en aura toujours.

    Avec la réforme de l’assurance-emploi, ce sera sur l’aide sociale qui se tourneront mais, sur l’aide sociale c’est la descente…

  • 5 mars 2013 · 17h42 Jean Ducharme

    Article naïf et uni-dimensionnel qui sera sans doute débouté par quelqu’un avec moins de paresse que moi. Ce qui impressionne le plus c’est de témoigner à quel degré les écrits sur Voir manquent maintenant de profondeur. Au moins ça sert de « contenu » pour les amis
    Facebook qui se contentent de partager sans gêne : une autre forme de paresse ? Similaire à ne pas vouloir prendre le temps de partager ses propres opinions, mais peut-être encore pire ; le partage d’un billet comme celui-ci, sans prendre le temps de vraiment penser à la chose, n’est-ce pas là un trait de paresse des plus flagrant ? Comme dirait Kurt : whatever, nevermind.

    • 5 mars 2013 · 17h56 Ianik Marcil

      Il y a manifestement pire que la paresse, monsieur: prendre le temps d’écrire un gros rien comme vous le faites. Si vous contestez mes idées, écrivez des contre-arguments, cela aidera au débat, contrairement à ce que vous faites.

  • 5 mars 2013 · 20h38 Geneviève Morin

    Les avis sont plutôt mitigés…en fait, il est facile de s’indigner aussitôt que le gouvernement fait des coupures mais quand le précédent n’a pas mis ses culottes, le suivant se retrouve en culottes courtes! Il est vrai que le « move » de Mme Maltais semble surgir de nulle part et manque de professionnalisme. Encore faut-il prévoir les répercusssions d’un tel geste et amenuiser les coups en renforcant le soutien aux organismes communautaires! Pourtant, tout l’monde veut sa part du gâteau et notre société devient de plus en plus exigeante; le gouvernement est la vache à lait de tout l’monde. NOUS SOMMES cette société devenue capitaliste et individualiste. Maintenant, ça prend des gros diplômes, de l’argent, des belles manières pis il faut être beau en plus! Dans ces conditions et avec peu de moyens, ce ne sont pas tous les individus qui rebondissent de façon charismatique. Alors que faire? À mon avis, il serait important que nos dirigeants revoient leurs priorités et investissent davantage dans la santé mentale, la toxicomanie et le décrochage car le problème vient de là. Évidemment, faut comprendre aussi qu’il y a du monde qui ne veulent pas se prendre en main peu importe l’aide; travailler, c’est trop dur…Une chance qu’il y en a qui sont assez courageux et motivés pour se lever le matin!

    • 9 mars 2013 · 11h53 Maurice

      Y-a-t-il quelque chose qui n’est pas le fait du gouvernement précédent dans tous les pirouettes de haute voltige de ce présent gouvernement? Ce gouvernement gagne la médaille d’or du patinage à reculons sur toutes ses politiques. Gagnons qu’il en fera de même avec cette sortie.

  • 5 mars 2013 · 23h20 Gerard Donaldson

    Trouvez moi une liste d’emplois disponibles… Le PQ doit couper pour alimenter ses porcheries.
    Il est raisonnable de croire qu’il n’y a pas de futur pour ceux qui ne sont pas des travailleurs.
    Seul des amis de l’Administration sont les véritables travailleurs.
    Au Québec, c’est le carnaval. Le Québec des vendu, aux services des puissances étrangères. Le Québec des traites, payer pour détruire tous les projets qui se présentent pour son développement économique.
    Les importateurs de pétrole pour le Québec, paient nos journaux, nos organes d’informations, nos UNIVERSITAIRES pour contrecarré la venu du pétrole albertain.

    Construisons des ILOTS VOYAGEUR pour donner du BS au BS

    PAUVRE QUEBEC

  • 6 mars 2013 · 19h07 Johanne Bernier

    Merci pour ce texte M. Marcil.

    Que Madame Maltais croit – ou qu’elle essaie de nous faire croire – que réduire les prestations des assistés sociaux puisse les inciter à travailler, est de la malhonnêteté, sinon de l’incompétence.

    En lien avec votre 1er principe élémentaire, j’ajouterais que les études sur la motivation humaine sont éloquentes à ce sujet… On a effectivement pu démontrer que les récompenses (ex. un montant d’argent en bonus) ou les punitions (ex. le retrait d’un montant d’argent) sont des sources de motivations extrinsèques efficaces lorsqu’un demande à une personne d’exécuter une tâche SIMPLE et routinière. Par exemple, travailler à faire “plus” de la MÊME CHOSE ou “plus vite” la même chose.

    Par ailleurs, retirer un montant d’argent à une personne pour l’inciter, par exemple, à adopter un nouveau comportement, ou à “penser autrement” a pour effet de RÉDUIRE sa performance à une tâche COMPLEXE. Vous avez bien lu : réduire son efficacité.

    Pour un assisté social, qui bien souvent a un estime de lui-même au plancher, des difficultés financières et sociales importantes, et eu des expériences négatives dans le monde du travail et la société, S’INTÉGRER en emploi est une tâche COMPLEXE. Impliquer une source de motivation externe (l’argent) pour inciter la personne à faire un changement en profondeur ou innover est non seulement inefficace, c’est pratiquement impossible! On pourrait en dire tout autant des gestionnaires à qui l’on demande d’être créatif dans leurs décisions en leur faisant miroiter des bonus au rendement. Non, seulement c’est inutile, ça peut même nuire à leur efficacité! C’EST PROUVÉ.

    Alors, la prochaine fois que la ministre Maltais ou le PM Harper vous diront que c’est pour inciter les assistés sociaux ou les chômeurs à travailler qu’on leur enlève de l’argent, soyez assurés que ÇA NE PEUT PAS MARCHER. Nos élus font simplement ce qu’ils savent le mieux faire, pelleter le problème en avant…en espérant récolter leur bonus après : être réélu.

    • 10 mars 2013 · 19h16 Martin Clément

      Je suis entièrement d’accord avec vous. Si je me puis partager une expérience personnelle, j’ai moi-même eu recours à l’aide sociale alors que je souffrais d’une dépression suite au décès d’une personne proche. Du jour au lendemain, ma vie a basculé. Lorsque l’incident s’est produit en 2006, j’étais alors prestataire de l’assurance emploi suite à la fermeture de l’entreprise qui m’avait embauché pendant de nombreuses années. Ma dépression a servi de moteur à la chute de mon estime personnelle. Je n’avais plus envie de rien, je ne bougeais plus de mon lit. Lorsque j’ai dû m’inscrire, à contre-coeur, à l’aide sociale, j’avais l’impression que j’étais devenu une faillite ambulante. Ce n’est pas bien vu d’être sur l’aide sociale, et on se le fait dire chaque jour. Les remarques que l’on entend quotidiennement n’aident en rien notre estime de soi. Je touchais un montant de 576$ par mois et la totalité de ce revenu prenait le bord à peine le versement effectué. J’ai eu quand-même la chance d’avoir dans mon entourage quelques membres de mon cercle social qui ne se sont pas découragés de me voir sombrer encore plus dans ma dépression et qui m’ont motivé suffisamment pour que je puisse reprendre ma place en société. Faute d’argent pour me déplacer en métro/bus, j’ai marché des centaines de kilomètres à travers Montréal pour déposer des CV et me présenter aux entrevues, tout celà grâce à ces gens qui m’ont poussé à retrouver le meilleur de moi. Mais ce n’est certes pas le cas de bien des assistés sociaux. L’isolement est un facteur important qui joue en défaveur de l’estime de soi. Il nous faut bien plus motiver les assistés sociaux que les punir, leur démontrer notre appui, leur dire que nous sommes concernés. Moi, j’avais de bonnes jambes pour me déplacer, et grâce à mes amis, la motivation pour affronter les employeurs. L’argent est un mal nécessaire pour permettre la réinsertion sociale et à l’emploi, il peut remplacer ces jambes que j’avais et que d’autres n’ont pas, de même que la motivation fournie par mon entourage que les autres n’ont pas.

  • 7 mars 2013 · 11h13 Alain Soucy

    Une fine analyse économique de la réalité que vivent les prestataires !

    Je ne crois pas que les Marois et Maltais soient les chevaliers du néo-libéralisme qu’on décrit souvent.

    Je préfère donner une chance à leur programme de réinsertion sur le marché du travail et attendre d’en savoir plus avant de porter un jugement non-partisant.

  • 7 mars 2013 · 13h25 sylvain

    Souvent c’est l’estime de soi qui est malmené, par une perte de l’emploie qu’on aimait, femme, décès famille. On devrait les aider parcequ’un jour, qui sait, ce sera vous ou quelqu’un que vous aimez. Sommes-nous tous frère humain ? Ou on vit comme des unités sur deux pattes ???
    Le texte plus haut en dit long, je sais que les gens jugent par leur propres vécus, mais ne faut il pas plus se fier aux grands penseurs humanistes socio économiste, qui on profondement scruter la question !!!! ???? Non, on retourne avec nos propres argument de fond d’usine !!! « Moé j’ai jamais eu besoin de BS dans vie, j’travaille pis je vois pas pourquoi je devrai payer pour ces crottés là » Le problème c’est qu’il y a corruption chez certaine pauvre et aussi corruption au gouvernement et c’est toujours les travailleurs qui payent… » ça je comprend pas faut pas s’en prendre à tout le monde.

  • 7 mars 2013 · 14h15 Éric Boivin

    Y pas qu’Agnès Maltais qui a besoin d’une leçon d’économie en matière de politique sociale…Hier son principal appui le ministre du Conseil du Trésor Stéphane Bédard s’est pourtant déclaré intraitable sur les coupures qu’il préconise lui aussi à l’Aide sociale. Cependant Monsieur Bédard a une solution concrète pour venir en aide aux enfants défavorisés…. http://www.journaldequebec.com/2013/02/25/atchoum-le-clown-et-stephane-bedard-unis-pour-les-enfants

    • 7 mars 2013 · 16h29 Pierre Leblanc

      Trop drôle comme situation et surtout comme contradiction (un début de dédoublement de personnalité?) ha ha. Du style: Je suis au Conseil du trésor aujourd’hui et je coupe! Demain je suis dans mon comté et là.. j’aurai pitié des enfants des assistés que j’ai coupé! Elle est bonne!
      p.s. Au fait qui est le vrai clown sur la photo, celui de droite…

  • 7 mars 2013 · 16h17 patou

    bon petit defoulement ceux qui rste a la maison a jouer a des jeux video ou ceux qui consomment ou reste a la maison sans rien faire et sans enfant je crois quil devrait aller travailler cela na pas de sens moi maintenant je suis en couple et un de nous est sur lassurance emploie et je suis sur la rqap car notre enfant est trop jeune mais en plus je recommence a aller aux etudes donc jai besoin du pere et supposement 1075 pour un couple caline comment faire pour arriver et en plus on declare pq ceux qui sont juste tout simplement en couple et capable daller travailler ny vont pas moi je crois quil devrait quitte faire une verification de ques se que les gens ont a payer et laisser une chance a ceux qui veulent sans sortir vraiment et un jour aller travailler mais a partir de 40 ans au moins avoir droit a laide sociale car franchement 1075 c pas gros en plus des allocations surtout a montreal en tout cas fallait je me defoule donc bref le monde devrait au moins essayer de se trouver du travail mais ceux qui viennet davoir des enfants et vivent en couple et qui en a un des deux qui vont aux etudes ou au moins qui mettent plus de garderie a 7$ par jour car c pas toute les famille qui peuvent se payer une garderie a 30 $ par jour tout en attendant les prestation pour la garde denfants pi en lus la marite des travails sa prend un cours pi les cours sont dispendieux donc vraiment pas de sens caline dans quel monde on vit on est pas senser avopir de laide au quebec y a du monde qui savent pas gerer largent je suis pas la seule dans cette situation donc le monde devrait arreter dabuser du bs mais assistance sociale reverifier plus et sajuster au cout de la vie ou trouver une methode pour que les gens puisse vivre mieux de jours en jours

  • 7 mars 2013 · 16h58 Peter

    Bon, je ne suis pas d’accord avec l’affirmation suivante de monsieur Marcil: « Lorsqu’on reçoit la somme faramineuse de 604$ par mois, on n’est pas seulement pauvre : on est en situation de survie. Or, en situation de survie, on n’est pas incité à se chercher un emploi. »

    À mon avis, c’est tout simplement faux, et ce pour plusieurs raisons. La principale étant qu’il est possible de vivre et de subvenir à ses besoins avec 600$ par mois. La preuve: je le fais moi-même sans être sur l’assistance sociale, mais plutôt pour pouvoir étudier à temps plein. Voici comment je me budgète:

    - Le loyer, le téléphone et l’électricité sont payer à deux (avec mon colocataire): ma part me coûte 302.50$ par mois.
    - La passe d’autobus me coûte 77$ par mois.
    - Mon épicerie me coûte environ 40$ par semaine (en réalité moins, parce que je n’achète que ce qui est en spécial, beaucoup de légumes et de produits considérés « santé »), ce qui fait 160$ par mois.
    - Je dépense environ 20$ par mois pour l’hygiène (je me lave à tout les jours évidement!).

    Ce qui fait un total de 559.50$ par mois. Mon divertissement je le trouve gratuitement à la bibliothèque, j’ai une antenne pour la télé et l’internet est disponible gratuitement dans les bibliothèques de mon quartier. J’écoute beaucoup de films, je visite des musées gratuits et je sort un peut dans les restaurants avec le crédit de solidarité du Québec et le crédit pour la taxe sur la vente du Canada.

    Je réussi mes études universitaires avec d’excellentes notes et je manque de rien. Je suis organisé. Je considère donc que ce qui fait que quelqu’un est pauvre à peu à voir avec ses revenus, ça serais plutôt des problèmes d’organisation. Sinon, pourquoi je réussi à bien vivre avec peu alors que d’autre en arrache avec le double des mes revenus?

    • 7 mars 2013 · 17h45 Pierre Leblanc

      T’es sérieux là…559.50 $…mais t’es vraiment parfait… et bien organisé..Bravo et en plus tu as de belles notes à l’université. Et en plus tu consacres 20 $ à ton hygiène. (T’es propre c’est une belle qualité).
      Mononcle est ben content ! je pense que ça vaut une belle petite récompense, je pense que tu peux garder le 45.50 $ que tu as su épargner pour arriver à moins de 604 $… ce que l’espèce de gaspilleux de BS n’a pas su faire… Je te permets de t’acheter des petites friandises comme des jujubes avec ce $ 45.50, tu le mérites bien. Je veux pas que tu t’achètes une caisse de bières comme les méchants BS le font avec leur 604 $…
      Non, mais je rêve… j’hallucine… moi qui croyait qu’il y avait de la pauvreté au Québec.
      Mononcle va envoyer ton budget idéal pour que tu obtiennes le prix du Gala Excellence de la Presse!

    • 7 mars 2013 · 18h21 Alain Soucy

      Un prestataire qui partage son logement voit sa prestation diminuée d’environ $150/mois.

    • 7 mars 2013 · 18h46 Peter

      Pour ce qui est du commentaire infantilisant, c’est plutôt médiocre comme réponse. Il est tout à fait possible de contre argumenter mon commentaire, j’y apporterai les nuances et précisions nécessaires. Sa sert à rien de s’insulter…

    • 8 mars 2013 · 21h16 Stephie

      Je réponds au commentaire de Pierre Leblanc. Pourquoi répondre au commentaire de Peter avec autant d’ironie qui ne mérite pas d’être appliqué? Ne pas être d’accord, c’est ton droit mais le démontré avec si peu de respect et de considération, c’est de la pure imbécillité.. Peter a su très bien s’organisé et savoir vivre avec un si peu montant (ce que peu savent bien faire en Amérique du nord vue que qu’on vit dans une société que la surconsommation est très valorisée) Je crois que les Pierre Leblanc et les 13 personnes ont aimer son commentaires n’ont pas s’aisit les options différentes et les avantages de la simplicité volontaire. Ils préfèrent se plaindre du système et ne pas changer son mode de vie. Ce n,es pas facile de vivre avec 607$ par mois mais ce n,est pas impossible.

    • 8 mars 2013 · 23h13 Marie-Laurence

      Pas surprise que le commentaire de Peter ait provoqué « une montée de lait » de Pierre Leblanc qui l’a poussé à l’ironie. Le commentaire de Peter est truffé de chiffres inutiles. Ce n’est pas important que quelqu’un puisse se vanter de réussir à s’en tirer pour 559.00 par mois. Faut pas en faire un concours du style: « regardez comme je suis bon, je suis capable de faire mieux avec tel montant, etc.. La simplicité volontaire ce n’est surtout pas une course pour que le plus vertueux s’en tire le moins cher possible. C’est un mode de vie modéré mais ça ne doit jamais devenir Pauvreté volontaire. On pourrait trouver une autre personne qui s’en tire à 499.00 par mois parce qu’elle accepte de vivre chez ses vieux parents qui ne lui demande aucune pension.Chaque situation est différente. Une chose est sûre cette situation de privation extrême et l’étiquette de « maudit BS » méprisé par la société, ce n’est pas un choix volontaire. Et surtout il y a beaucoup d’isolement et de souffrance là-dedans.

    • 9 mars 2013 · 12h27 Peter

      En quoi c’est chiffres sont inutiles? Moi je pense plutôt que ça montre qu’il est objectivement possible de vivre avec peu. Dans la société consumériste dans laquelle on vie, on oublie qu’on a pas besoin de iPhone, de faire des voyages dans le sud deux fois par années, d’avoir la télé HD et l’internet TGV pour bien vivre, c’est pas essentiel à la vie! Non seulement ce n’est pas essentiel, mais en plus c’est ce mode de vie qui génère toute la pollution environnementale dont nous sommes (supposément) les témoins impuissants.
      Et en quoi c’est de la vantardise? Si je n’aurais pas dit que je le fais moi-même, on aurais pu me répondre que c’est impossible, alors que là c’est un peu dure de me dire le contraire puisque mon affirmation est appuyé par ma propre expérience. Résultat: pratiquement aucun contre argument (à part celui de Marie-Laurence, merci!).
      Ce à quoi je peux répondre: l’assistance sociale pour les gens qui peuvent travailler est une mesure temporaire. Dans cette optique, faire de la simplicité volontaire et s’organiser de façon logique avec ce qui est donné pour s’en sortir, c’est possible.

      Par ailleurs, la stigmatisation des assistés sociaux est réelle et je n’affirme pas le contraire. C’est un problème de société lié aux mentalités et qui touche les plus fragiles d’entre nous. Mon commentaire ne concerne pas ce problème, il concerne une affirmation tirée de l’article, affirmation qui selon moi est fausse.

    • 9 mars 2013 · 12h42 Peter

      Fausse parce que les gens qui « survient » avec leur 604$ ont d’autres problèmes qui causent leurs malheurs. Je sais de quoi je parle puisque j’en suis témoin à tout les jours, car pratiquement tout mes proches sont sur l’assistance sociale. L’aspect monétaire est un irritant, mais ce n’est pas la cause principale de leurs problèmes. Parmi les causes, ont trouve la maladie, la dépendance à l’alcool, la dépendance au tabac, les troubles anxieux et des problèmes d’ordre neurologiques et psychologiques qui viennent avec une variété de troubles (organisationnelles par exemple!).

      Au niveau du gouvernement, ce qu’il manque pour aider c’est gens c’est des services de santés spécialisés. Au niveau social, ce qui manque c’est un support moral et de l’empathie pour ces gens qui sont souvent exclus. Sa sert à rien de donner de l’argent de plus à des gens qui ont des problèmes d’organisation, car cette argent va passé dans des choses inutiles (tabac, alcool, télé câblée, etc.).

  • 7 mars 2013 · 18h43 Peter

    Ce prestataire doit louer la chambre, la location de la chambre peut coûter 300$. Ce qui règle le problème.

  • 9 mars 2013 · 23h52 Greg

    «Parmi les causes, ont trouve la maladie, la dépendance à l’alcool, la dépendance au tabac, les troubles anxieux et des problèmes d’ordre neurologiques et psychologiques qui viennent avec une variété de troubles (organisationnelles par exemple!).» Tous n’ont pas la chance d’avoir une bonne santé mentale, et après tout, vous seriez probablement vous-même surpris de jeter un coup d’oeil au DSM et de vous reconnaître dans certains traits de personnalité ou troubles mentaux. Je ne vous conseille pas de vérifier, ça secoue parfois :D

    Et ils viennent d’où ces problèmes ? Être malade rend pauvre, être pauvre rend malade. Un petit exemple type 580$ par mois — à Sherbrooke, c’est ça le montant de base — donc je disais, 580$ par mois moins 385 de loyer moins 100 dollars d’épicerie = 17 dollars pour le mois.

    La fraude à l’aide sociale, selon Emploi Québec, peut être aussi banale que de ne pas avoir rempli une case correctement dans le formulaire, de n’avoir pas déclaré avoir un conjoint… malgré que oui il y a de réels fraudeurs, c’est bas de s’attaquer à des personnes qui sont rendues à la retraite et qui doivent encore donner un coup pour que ce système de merde qui ne travaille que pour lui même continue de rouler tout croche.

    En autant qu’on donne un vrai suivi aux personnes sur l’aide sociale, autre que de les stigmatiser, mais bien de prendre le temps à les écouter, identifier leurs forces, leur fournir la base pour qu’ils aient assez pour acheter des bottes de travail, des vêtements convenables afin de se présenter à une entrevue d’emploi.

    Mais l’État se désengage et se déresponsabilise en donnant un chèque sans pour autant mettre des programmes viables adaptés à l’individu. Selon leur vision, c’est à l’individu de se conformer à un système malade plutôt qu’au système à s’adapter aux conditions particulières des individus.

    Et oui, l’État c’est nous tous ! À voir les présupposés d’une tonne d’ignares un peu partout sur le net, je vois qu’il y a encore beaucoup d’éducation populaire à faire.

  • 10 mars 2013 · 16h44 Gilles Bousquet

    Conclusion : À la place d’avoir coupé fallait augmenter les BS afin d’aider l’économie. Grand principe économique.

  • 10 mars 2013 · 17h44 mike

    Merci monsieur Marcil pour cet article fort intéressent.
    Je suis cependant en partiel désaccord avec votre deuxième point et ce pour deux raison. Vous comparer ici des extrêmes entre une personne sur le BS et une personne gagnant plus de 100 000$ par année. Pour une famille de la classe moyenne inférieur, avec des enfants et payant des impôts, la grande majorité de leur consommation se fera localement car avec des frais, taxes et coûts en croissance et des salaires qui stagne la vie n’est pas constitué de voyage et de dépense folle. C’est surtout chez les gens bien nantis que la proportion marginal a consommé localement va changer significativement. Pour la classe moyenne ce n’est donc pas réalistement un facteur important.
    Deuxièmement il est important de noter que de manière purement économique c’est de l’argent prélevé auprès de d’autre contribuables qui est donné au BS et réinjecté dans le système. Donc on restreint la consommation d’autrui pour la redistribué au plus pauvre. Cela augmente t-il vraiment la consommation local global?

    Je ne suis pas ici entrain d’argumenter en faveur du changement au BS car je m’y oppose et approuve parfaitement que socialement nous aidons les plus démunie mais me questionne plutôt sur l’analyse.

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