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Économiste spécialisé dans le domaine des transformations économiques, industrielles et technologiques. Passionné de culture, d’esthétique et d’arts visuels. Pratique l'indignation depuis au moins trois décennies. Punk à cravate. | Site web. | Twitter. | Page Facebook. | Chronique en arts visuels. | Punkonomie (définition). |

Le terreau de l’espoir d’une vie meilleure

25 mai 2013 · Humeur, Société · Ianik Marcil
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Le terreau de l’espoir d’une vie meilleure

Depuis plusieurs jours, les quartiers défavorisés des principales villes de Suède sont le théâtre d’émeutes qui ne sont pas sans rappeler celles des banlieues de France en 2005. Des affrontements d’apparence motivés par des tensions entre communautés culturelles attisés par un incident malheureux – ici, l’assassinat par la police d’un citoyen de 69 ans, à Husby, une banlieue pauvre de Stockholm. La libéralité notoire des politiques d’immigration de la Suède est aussitôt pointée du doigt: la difficulté d’intégrer un flot important d’immigrants à la société et créer, ce faisant, des frustrations de toutes natures – identitaires, notamment. De manière prévisible, certains contempteurs des politiques multiculturelles se sont insurgés sur les médias sociaux. Des esprits un peu plus critiques et nuancés y vont pourtant de la même association. Ainsi hier, sur sa page Facebook, le sociologue Mathieu Bock-Côté, se commet par le sibyllin, mais lourd de sens, commentaire: « Les symptômes de la crise du multiculturalisme européen se multiplient ». Ce à quoi je questionne: s’agit-il d’une crise du multiculturalisme ou de la crise économique? Sa réponse: « Fascinante cette réduction des problèmes sociaux et culturels à leur dimension économique que nous proposent généralement marxistes et libéraux, dans une étrange convergence explicative. » [...]

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Plus ça change plus c’est pareil

4 mai 2013 · Société · Ianik Marcil
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Mon ami Éric Robertson, un militant de la première heure, publie aujourd’hui cette récapitulation d’événements récents qui (notamment le 1er mai) ressemblent tous à des abus de langage, de pouvoir ou de bêtise… Je me permets de les partager avec sa permission:   Tandis que La Presse lance sa nouvelle plateforme de publicités interactives, que Lysiane Gagnon étend sa bêtise sur la place publique sans la moindre retenue et que TVA vous informe sur un rassemblement de roux, les médias alternatifs démontraient cette semaine leur nécessité indéniable en faisant… ce qu’ils font chaque semaine. Le soir du 30 avril avait lieu, peu après 23h à la Place Émilie-Gamelin, un rassemblement dansant à l’occasion de la journée internationale des travailleurs et travailleuses. Mario Jean/MADOC y a réalisé ce magnifique court-métrage. Biron Desbois, militant et reporter indépendant, y a capté ces scènes illustrant bien l’ambiance festive de la soirée, la réaction prévisible du SPVM et leur refus de respecter leur propre code de déontologie, dans cette vidéo. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas M. Desbois, je vous invite à lire ce témoignage particulièrement marquant qu’il a signé suite à son arrestation, et torture, par [...]

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Bonnes sanculottides !

1 mai 2013 · Société · Ianik Marcil

Le 1er mai est la fête internationale des travailleurs. Un peu partout dans le monde on souligne l’apport des travailleurs à l’économie et à la société. On souligne également leurs luttes passées et on revendique pour l’avenir des conditions plus justes en accord avec cette contribution à la collectivité. La première « fête du travail » officielle est fort probablement celle instituée par la toute jeune République française en 1794. Elle avait été proposée par Fabre d’Églantine, député de Paris à la Convention Nationale dans son Rapport sur le calendrier républicain. Au cours du mois de nivôse – correspondant grosso modo au mois de janvier dans le calendrier républicain – cinq jours étaient consacrés à célébrer « la joie et l’esprit du peuple français » et à honorer les idéaux républicains d’égalité, de liberté et de fraternité. Ces cinq jours étaient dédiés, respectivement, à l’intelligence, au travail, aux bonnes actions individuelles, au mérite individuel et à l’opinion du peuple. L’idéologie révolutionnaire en cherchant à tout réinventer – y compris les symboles unifiant le peuple – avait nommé ces cinq journées les « sanculottides ». Les sans-culottes étaient le nom donné par mépris aux manifestants révolutionnaires, qui portaient des pantalons plutôt [...]

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Il y a un an, le désir de la délibération

7 avril 2013 · Société · Ianik Marcil

Dans ma vie personnelle, le 7 avril est sans aucun doute la journée la plus importante de toute l’année 2012. Pour l’une des premières fois, moi qui suis économiste et, donc, ai l’habitude du discours neutre, je parlais au « Je » en réfléchissant, pourtant, à nos liens collectifs. Il y a donc exactement un an aujourd’hui se déroulait l’événement NOUS ? au Monument National à Montréal (et partout sur le web). De midi à minuit, 75 intellectuels et artistes prenaient tour à tour la parole sur scène pour favoriser la réflexion sur notre vivre-ensemble. Nous étions au plus fort de la grève étudiante, deux semaines après la première grande manifestation du 22 mars. À mon sens, cet événement a marqué un tournant du printemps québécois. Les assemblées populaires autonomes de quartier multipliaient les débats et les échanges sur les problèmes sociaux auxquels nous faisons face. Étudiants, professeurs, citoyens de toutes origines et de tous parcours se réunissaient dans un élan quasi inédit, un désir profond de se retrouver au cœur d’une discussion commune. Des voisins de palier qui ne s’étaient jamais adressés la parole se retrouvaient à chanter et à discuter dans les rues. Le 7 avril 2012 a marqué, pour [...]

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Partager l’horreur

3 avril 2013 · Humeur, Société · Ianik Marcil
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Les médias soi-disant « sociaux » nous permettent de partager dans notre réseau de contacts des photos de chatons, des citations fleur bleue sur fond d’arc-en-ciel et de licornes, des vidéos rigolo ou des articles et billets de blogue. Ce faisant, nous donnons, dans nos cercles, un écho plus ou moins important à des propos qui auraient, autrement, mérité aucun intérêt notable. Lorsque je partage un article complètement débile, est-ce que je participe à la diffusion d’idées qui ne mériteraient que le silence ? C’est la question que je me pose à chaque fois. Dénoncer en diffusant ces propos ? Ou : simplement porter à la lumière du jour l’existence d’une réalité autrement passée sous silence et partagée par une fange de la société ? Je me pose la question depuis que ces réseaux existent. Trois postures morales sont possibles : (1) je donne du crédit à des imbéciles finis, (2) je dénonce, en « partageant » ces publications leur caractère malsain et je contribue, ainsi, à une certaine indignation vouée à faire évoluer les choses ou (3) j’amplifie une espèce de chasse aux sorcières inversée et je conforte ma gang dans ses certitudes. À preuve deux petits événements qui ont fait du bruit sur les médias sociaux ces [...]

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Ensemble

1 avril 2013 · Scène, Société · Ianik Marcil

De toutes les loteries de la vie, celle de la naissance est probablement l’une des plus cruelles. Mes grands-parents paternels étaient peu scolarisés et à toutes fins pratiques illettrés. Mon grand-père était un ouvrier de la voirie et ma grand-mère a travaillé toute sa vie à tenir maison et à éduquer ses enfants. Grâce aux sacrifices de sa famille, mon père a pu faire son cours classique puis accéder à l’université. Né dans une famille de la classe moyenne, avec des parents universitaires, n’ayant jamais manqué de rien, surtout pas de livres, de musique ou de théâtre, ce contraste entre les parents de mon père et mes propres parents m’a frappé très jeune. En grande partie grâce à l’éducation que j’ai reçue, l’injustice de cette loterie à la naissance m’habite profondément depuis lors – et a orienté l’essentiel de ma carrière et de mon engagement social. Dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal se voisinent deux organismes qui cherchent à amoindrir les effets de cette loterie de la naissance. Par le théâtre. En collaboration avec le Carrefour Parenfants, la compagnie Absolu Théâtre* offre aux adolescents du quartier, pour la deuxième année, des activités hors du commun autour du théâtre : [...]

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Le plus grand des maux et le pire des crimes

28 mars 2013 · Société · Ianik Marcil

La semaine dernière, le Journal des Alternatives a publié ce texte s’opposant à la réforme de l’aide sociale de la ministre Maltais, que j’ai eu l’honneur de voir co-signé par près d’une quarantaine d’artistes et d’intellectuels. Je me permets de le republier à nouveau, en ajoutant quelques signatures qui me sont parvenues trop tard pour que je puisse les intégrer avant la publication originale. Avec le dépôt jeudi dernier de la « mise à jour économique » du gouvernement Marois, qui continue à se soumettre aux diktats de l’austérité budgétaire et à l’idéologie lobotomisée du déficit zéro, je crois important que l’opposition à ces idées devenues lieux communs soit répétée. Les événements récents à Chypre – et un peu partout en Europe – démontrent que ces idées mènent tout droit à la catastrophe. La réforme de l’aide sociale du Parti québécois va exactement dans le même sens: compresser au maximum les dépenses de l’État et s’en remettre à la volonté des individus à se débrouiller seuls, sans le soutien de l’État ni de la communauté. Pourtant, cette semaine l’OCDE mettait en garde les pays de l’Union européenne contre les mesures d’austérité, le jour de la réouverture des banques [...]

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La machine à soupape

25 mars 2013 · Société · Ianik Marcil
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Dans l’un de ses plus importants romans, Un grand homme de province à Paris (1839), deuxième volet des Illusions perdues, Balzac décrit les désillusions d’un provincial aussi ambitieux que vaniteux, Lucien de Rubempré, « monté » à Paris pour y connaître la gloire. Fréquentant les cercles littéraires, il devient journaliste. Ne refusant aucune compromission pour réussir dans la vie mondaine et politique, il passe d’un journal libéral à un journal royaliste – signant ainsi son arrêt de mort « médiatique » et mondain. Ce roman demeure d’une actualité stupéfiante. Dans un célèbre passage, Balzac fait dire à Claude Vignon, un intellectuel cynique et désabusé, « Plus la loi sera répressive, plus l’esprit éclatera, comme la vapeur dans une machine à soupape. » La machine à soupape va finir par péter au Québec. Non pas tant par la multiplication de lois et règlements répressifs, mais par l’indifférence du pouvoir face aux abus de leur application. Les actions policières des trois dernières semaines ne feront que polariser davantage l’opinion publique, croître la haine et donnera, au final, toute la légitimité au pouvoir exécutif de réprimer de manière encore plus ferme les mouvements d’opposition. Je n’aurais pas cru écrire ces mots pour décrire la vie politique du Québec – [...]

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Je suis en colère

23 mars 2013 · Humeur, Société · Ianik Marcil
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Hier, j’étais à un lancement de deux livres publiés par Écosociété. Nous avons appris que plusieurs de nos amis très chers étaient pris en souricière par les policiers au même moment, avant même de commencer à manifester. D’une part je ne suis pas particulièrement en faveur des manifestations, présentement. Je ne crois pas que cela soit tactiquement favorable. Ça se discute, bien sûr. Cela dit, pour n’importe qui a habité une ville comme Paris, par exemple, manifester pour mille bonnes et mauvaises raisons peut très bien se vivre. Dans cette ville, il n’y pratiquement pas moyen d’aller acheter une typique baguette sans tomber sur une manif. Manifester fait partie du droit d’expression de l’opinion. En revanche, je ne vois pas le problème avec le fait de le faire dans la légalité; ici: donner l’itinéraire. Arracher sa chemise sur ce simple règlement est une perte d’énergie inutile. Car le problème est ailleurs. Ce simple règlement permet aux policiers, comme c’était le cas hier, d’arrêter des centaines de personnes avant même qu’ils aient entonné quelconque chant ou slogan. C’est ce qui est arrivé à mes amis hier. C’est la raison pour laquelle Blandine Parchemal, Éric Martin, Gabriel Nadeau-Dubois, moi et d’autres avons [...]

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Limiter les dégâts

17 mars 2013 · Société · Ianik Marcil

« Il faut que tout change pour que tout puisse rester comme avant » Giuseppe Tomasi di Lampedusa, Le Guépard (1958)   C’est un compliment sous forme d’insulte. Ou l’inverse. Marie-Christine Lemieux-Couture me lance régulièrement : « espèce de social-démocrate » – généralement sur un ton mi-excédé, mi-amusé. Cela sous-entend que j’adopte une posture idéologique fade, consensuelle et, surtout, qui avalise le statu quo et perpétue les structures de domination économique et politique du capitalisme. À l’inverse, j’ai eu parfois la maladresse de ridiculiser, du moins aux yeux de Marie-Christine, une « certaine gauche » radicale (l’anarchisme, par exemple) en la qualifiant d’utopique et d’irréaliste. Ces propos ont parfois blessé Marie-Christine car ils semblent condescendants et méprisants envers sa propre pensée politique. Au-delà de ces (petits) différends entre deux amis, cela illustre des oppositions fondamentales dans la philosophie politique des transformations sociales et économiques. Depuis deux ans – avec l’apparition des mouvements des indignados et de Occupy Wall Street – les mouvements de protestation divers et variés se sont multipliés un peu partout dans le monde. Rêvent-ils au Grand Soir révolutionnaire ou cherchent-ils simplement à réformer le capitalisme, plus ou moins profondément ? Les carrés rouges du printemps dernier au Québec, conspués par certains chroniqueurs, [...]

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