Blogue de Ianik Marcil Punkonomie RSS

Économiste spécialisé dans le domaine des transformations économiques, industrielles et technologiques. Passionné de culture, d’esthétique et d’arts visuels. Pratique l'indignation depuis au moins trois décennies. Punk à cravate. | Site web. | Twitter. | Page Facebook. | Chronique en arts visuels. | Punkonomie (définition). |

Anovulants : violence de la marchandisation

8 mars 2013 · Société · Ianik Marcil
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Dans les années ’60 et ’70, la pilule contraceptive était un symbole de la libération sexuelle de la femme – du contrôle sur sa sexualité et son corps. Un demi-siècle plus tard, est-elle devenue le symbole de la violence de la marchandisation ? Sarah Labarre a publié il y a quelques jours dans son blogue chez Urbania un texte troublant qui se répand depuis comme une trainée de poudre sur les médias sociaux : « La fois où j’ai servi de cobaye. » Elle y relate les conséquences funestes qu’elle a subies de la prise d’anovulants dits de « 3e génération » (les couramment prescrits). Les témoignages d’autres femmes – souvent très jeunes – glacent le dos. Phlébites à la jambe, thromboses et autres embolies pulmonaires semblent monnaie courante, sans compter cette femme, début vingtaine, qui a fait un AVC : problèmes directement liés à la prise d’anovulants. Des conséquences extrêmement graves, donc, qui laissent dans plusieurs cas d’irréversibles séquelles. À lire les dizaines de témoignages qui s’accumulent sous ce billet, on n’est manifestement plus dans l’anecdotique mais face à une accumulation inquiétante de problèmes graves. Certes, tout médicament peut potentiellement causer des effets secondaires néfastes ou présenter des incompatibilités majeures avec l’état de santé de [...]

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Leçon d’économie à Agnès Maltais

5 mars 2013 · Humeur, Société · Ianik Marcil
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Le niveau de connaissances économiques dans la population est déplorable, comme on le sait. La ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, en fait malheureusement l’éclatante démonstration en proposant des modifications au régime de l’aide sociale. Je me permets donc d’informer madame la ministre de quelques principes élémentaires d’analyse économique. 1. La motivation derrière ce changement réglementaire est de « renforcer l’incitation au travail ». Cela sous-entend que si l’État se montre « trop » généreux, les prestataires d’aide sociale ne sont pas incités à se trouver un emploi. Autrement dit : si l’État vous donnait 5000$ par mois, par exemple, vous n’auriez aucune envie de vous trouver du boulot. Donc, inversement, si on réduit le soutien financier aux prestataires, ils se botteront le cul pour se trouver une job. Tout à fait logique, intuitivement. Or en matière d’économie, il faut se méfier de ce qui semble à la fois logique et intuitif. Car si cette logique peut, bien entendu, se vérifier dans certains cas particuliers, elle est fausse en réalité pour l’ensemble de la population. Nombre d’études empiriques démontrent, ici comme ailleurs, que réduire les prestations n’incitent pas ceux qui en bénéficient à se trouver un emploi, au contraire, même. [...]

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L’appel humain

3 mars 2013 · Société · Ianik Marcil
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À la mémoire de Claude Beaudoin-Bégin, 10 septembre 1973 – 3 mars 2013. À l’avenir et au bonheur de ceux qui l’ont aimé.     Devant les cris et la fureur du monde j’ai souvent cherché à me réfugier dans la fuite et le silence. C’est Camus qui m’a apaisé, adolescent, en me faisant comprendre que l’absurde constituait l’essentiel de notre condition humaine, l’absurde qui « naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde ».[1] Ce silence assourdissant de violence. J’avais 14 ans. Je croyais en Dieu et j’étais à la limite mystique. Pourtant fils d’un homme anarchiste dans l’âme, féroce anti-clérical, et d’une femme naguère croyante mais qui avait abandonné l’église à force de sermons d’un curé pro-apartheid, mes origines familiales ne me destinaient pas à la foi. J’avais 14 ans et il y avait profondément ancré en moi un désir de sens qui ne trouvait réponse qu’en l’existence de Dieu. Quel chemin de sens serait plus simple que celui du divin ? Quel accès au sublime plus direct et profond que la musique sacrée ou l’iconographie chrétienne ? J’avais 14 ans, cela fait presque trente ans – j’ai dû compter, j’allais écrire « vingt [...]

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Économie politique de l’éducation

27 février 2013 · Société · Ianik Marcil
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Il est extrêmement déplorable que ce Sommet sur l’Enseignement supérieur n’ait accordé à peu près aucune place au rôle de l’université dans l’économie. Quoi ? Vous croyez le contraire, compte tenu de ces interminables discussions sur l’indexation, le gel, l’indexation gelée, le gel indexé des frais de scolarité, dignes des débats scolastiques du 13e siècle sur le sexe des anges ? Ou encore ces vifs échanges consensuels sur l’investissement individuel des étudiants qui renflouera, par leurs impôts, le trésor public dans un futur radieux au déficit zéro ? Non. Il s’agit là de comptabilité familiale ou de fiscalité publique. Pas d’économie. Depuis le déclenchement de la grève étudiante il y a un an, on a à toutes fins pratiques oblitéré de l’espace public les questions essentielles de l’éducation supérieure : son rôle dans le développement global de notre société, sa mission de rempart de la liberté, la place centrale qu’elle occupe dans la création et la recherche, son devoir à former des citoyens à l’esprit critique et sa capacité à outiller les universitaires à faire face aux réalités futures de l’économie. À une époque où les salles de classe font office de voie de passage direct vers les tours à bureaux ou les usines, [...]

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Vie économique et identité collective

21 février 2013 · Société · Ianik Marcil
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NB: ce texte a été rédigé à partir de notes pour un exposé présenté aux Lundis de l’indépendance du Nouveau Mouvement pour le Québec, le 18 février 2013.   Une des problématiques fondamentales présente dans plusieurs projets d’indépendance politique est qu’inévitablement ils s’appuient sur le tracé d’une frontière géographique plus ou moins arbitraire, hérités des arrangements et des dérangements de l’Histoire. Je ne suis ni indépendantiste ni anti-indépendantiste pas plus que je suis fédéraliste ou anti-fédéraliste. Je suis un athée (ou, plutôt, un agnostique) constitutionnel. [1] Mon « athéisme » constitutionnel repose en partie sur cette définition territoriale du nationalisme. Pourquoi le « nous » légitime serait, par exemple, le Québec plutôt que le Canada (« eux », ceux qui prennent des décisions qui seraient néfastes pour « nous » comme on l’entend souvent de la part des indépendantistes) ? Si l’indépendance du Québec se réalisait, y aurait-il de nouvelles oppositions ? Est-ce que les citoyens de la Gaspésie auraient alors l’impression que le reste du Québec, le nouveau « eux », prend des décisions néfastes pour ce nouveau « nous », les Gaspésiens ? La question de l’identité d’un peuple ou d’une nation repose sur bien des facteurs. Je soutiens dans ce bref exposé qu’une partie de cette identité collective [...]

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L’élan vers l’autre

14 février 2013 · Société · Ianik Marcil
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Avant-hier, à son arrivée au Touski, un restaurant coopératif vaguement hippie du Centre-Sud de Montréal, Alain s’est exclamé : « Où je suis, bon dieu ?! » Il venait de quitter le confort de sa voiture dans laquelle il écoutait son poste favori, Radio X. Notre rendez-vous lui fera rater « Duhaime le midi. » C’est moi qui a proposé à Julie et Alain, son mari, qu’on lunche au Touski. Mais c’est Julie qui est à l’origine de cette improbable rencontre. Elle lit régulièrement mes textes, s’intéresse à mes prises de position. Il y a peu de temps, j’ai demandé ici quels sont les sujets qui intéresseraient mes lecteurs. Julie m’a alors envoyé un courriel dans lequel elle affirme que même si « nos positions sont diamétralement opposées, » elle me lit « avec toute l’ouverture d’esprit possible. Parfois, je suis totalement en accord avec toi. Mais, la plupart du temps, non. » Du même souffle, elle affirme que « le dialogue est le seul moyen d’arriver à quelque chose de concret. Quelque chose qui va bien finir par transformer cette société. » D’où sa proposition : partager un repas avec elle, son mari et moi afin de dialoguer – notamment sur la grève étudiante, à laquelle le couple était fortement [...]

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Dévier de la norme est révolutionnaire

12 février 2013 · Société · Ianik Marcil
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Without deviation from the norm, progress is not possible. Frank Zappa [1]   NB: J’ai lu ce texte à l’émission « Dans le champ lexical » à CIBL le 12 février 2013.   Pendant plusieurs années, je descendais tous les matins de la semaine à la station de métro Square-Victoria. Une des sorties donne sur la rue Saint-Jacques, aux pieds d’un gratte-ciel, le siège social de Quebecor. Pour atteindre cette sortie, on doit emprunter un très long corridor, très large aussi, qui monte en pente douce. À cause de sa largeur, le plafond semble démesurément bas. À l’heure de pointe du matin, la foule dense se dirige d’un pas lourd et le dos vouté vers la sortie. À de nombreuses reprises, je me suis arrêté à l’entrée de ce corridor pour regarder mes semblables qui, comme moi, marchaient quotidiennement avec automatisme vers leur travail. Tous ces gens trottant comme des robots afin de gagner leur vie me rappelaient les scènes de Métropolis de Fritz Lang dans lesquelles on voit les ouvriers opprimés gagner l’usine dans la ville basse en rangs ordonnés. Des automates qui considèrent normal de se trainer ainsi péniblement tous les matins vers un boulot qui [...]

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#IanikVousRépond

29 janvier 2013 · Société · Ianik Marcil

On me demande régulièrement de donner mon opinion sur divers sujets et/ou d’expliquer certaines notions. L’économie est souvent perçue comme une affaire mystérieuse et compliquée – du coup on fabrique des opinions et des explications parfois alambiquées à propos de sujets qui devraient pourtant simples. Je fais donc un petit sondage – je vous serais très reconnaissant d’y répondre. J’ai colligé les cinq thèmes sur lesquels on me pose le plus souvent des questions. Vous pouvez évidemment en ajouter un autre. Vous pouvez cocher plus d’une réponse. Merci de votre aide ! –

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La pagaille

27 janvier 2013 · Société · Ianik Marcil
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On croit que, lorsqu’une chose finit, une autre recommence tout de suite. Non. Entre les deux, c’est la pagaille. Duras, Hiroshima mon amour.     Jeudi dernier à son émission, Marie-France Bazzo posait à Pierre-Yves McSween et moi la redoutable question : peut-on réformer le capitalisme ? Sous-entendu : quatre ans et demi après la débâcle financière de 2008, qu’est-ce qui a changé ? Où en sommes-nous ? Où allons-nous ? Alors que les principales économies mondiales, à commencer par celles de l’Europe et des États-Unis, stagnent plutôt que de retrouver le chemin de la croissance, on peut se demander si le capitalisme n’est pas en train de s’essouffler voire de s’effondrer. On annonçait même cette semaine que la Grande-Bretagne risquait de tomber en récession pour une troisième fois depuis le début de la crise – une troisième fois ! – alors qu’elle a tout de même l’une des économies les plus solides au monde.   Une machine à bouffer le pouvoir politique La critique, plus ou moins radicale, du capitalisme semble être à la mode depuis le début de la crise. On y accorde beaucoup de place dans l’espace public – ce qui a fait apparaître nombre de sottises sur la nature [...]

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Radio-Canada est un bien public

24 janvier 2013 · Humeur, Société · Ianik Marcil
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Texte d’un discours que j’ai prononcé le 23 janvier 2013 au Lion d’Or à Montréal, dans le cadre d’une soirée en faveur d’un financement stable et adéquat pour Radio-Canada, organisée par le député de Longueuil-Pierre-Boucher, Pierre Nantel (NPD).   Radio-Canada n’est pas un service public. Radio-Canada est un bien public. Un service public, comme une route ou les pompiers, n’a de valeur sociale que lors qu’il est utilisé. Un bien public a une valeur en soi. Un bien public n’appartient pas à ses utilisateurs ou à ses clients. Un bien public appartient à l’ensemble de la communauté. Radio-Canada est un bien public qui a une valeur culturelle, patrimoniale, communautaire mais aussi démocratique. L’accès à une information rigoureuse, à des analyses en profondeur, à une connaissance qui ouvre les horizons permet à une communauté d’être meilleure, de débattre avec plus d’intelligence et de progresser. Radio-Canada n’est pas une business pas plus qu’un bien public au simple service de son auditoire. Radio-Canada a une valeur pour l’ensemble des communautés au pays. Le gouvernement fédéral a un devoir civique, politique et culturel d’assurer la protection de ce bien public qui n’est en aucune façon sa propriété mais appartient à l’ensemble des [...]

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