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Économiste spécialisé dans le domaine des transformations économiques, industrielles et technologiques. Passionné de culture, d’esthétique et d’arts visuels. Pratique l'indignation depuis au moins trois décennies. Punk à cravate. | Site web. | Twitter. | Page Facebook. | Chronique en arts visuels. | Punkonomie (définition). |

Les billets doux du mois d’avril

22 octobre 2012 · Société · Ianik Marcil
1

Ce soir c’est une chanson d’automne / Dans la maison qui frissonne / Et je pense aux jours lointains Que reste-t-il de notre printemps ? Six mois après la manifestation monstre du 22 avril, qu’en conservons-nous ? A-t-il transformé durablement le Québec ? A-t-on semé des germes d’une transformation politique et sociale profonde ? Que reste-t-il de ces beaux jours ? Ces jours du printemps étaient beaux en ce qu’ils participaient d’un idéal qui nous transcende. On a souvent reproché au mouvement étudiant et à ses suites de charrier un lyrisme et un utopisme de mauvais aloi. Pourtant, il en faut bien, du lyrisme et de l’utopisme pour bâtir l’espoir. Les jours du printemps québécois étaient radieux parce qu’ils brillaient d’espoirs et d’utopies lyriques. Que reste-t-il des billets doux / Des mois d’avril, des rendez-vous ? Dans ce que le printemps a légué d’héritages porteurs de cet espoir, la redécouverte de notre capacité à converser, à débattre – à investir l’espace public de la délibération politique – est probablement la plus importante. Ces manifestations familiales, nocturnes, nues, ces charivaris de casseroles, ces assemblées populaires de quartier, ces discours, ces fils de discussions interminables sur Facebook, ces billets de blogues, [...]

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Ton burn-out t’appartient

15 octobre 2012 · Humeur, Société · Ianik Marcil
7

On apprend dans La Presse de ce matin que le burn-out est « le ‘fléau de l’heure’ pour les entreprises » – un problème croissant, année après année. Pauvres entreprises. Nous lisons: Florent Francoeur, de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, confirme la tendance. «Il y a 15 ans, 30% des absences étaient liées à la maladie mentale, note le PDG. Aujourd’hui, le pourcentage se situe entre 50% et 60%. La maladie mentale est le fléau de l’heure pour les organisations en Amérique du Nord. Leur budget médicament augmente de 10% par an. Par ailleurs, les antidépresseurs sont la deuxième catégorie de médicaments la plus vendue au Québec. Pauvres entreprises. La faute à quoi ? Un expert l’a découvert: « les exigences de la vie professionnelle sont de plus en plus fortes et qu’elles mettent les salariés sous pression. » Spécifiquement: « Les nouvelles technologies de l’information, le chômage de masse qui dure, de nouvelles organisations du travail aggravées par l’exigence de rentabilité, des objectifs de moins en moins réalistes et une gouvernance non-respectueuse de l’humain. » Pauvres entreprises. Euh attendez deux secondes monsieur l’expert. Vous êtes en train de me dire que c’est l’entreprise qui est responsable de son « principal fléau »? Pauvres [...]

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La volonté de soumission

5 octobre 2012 · Humeur, Société · Ianik Marcil
6

La perquisition chez le maire Vaillancourt, la commission Charbonneau, le PQ qui râle sur un déficit appréhendé plus grand que prévu qui aurait été caché par le PLQ (comme toujours lors de changements de régime), la CAQ qui hurle au scandale face au démantèlement de Gentilly-2, les petits esprits des chambres de commerces qui s’énervent sur la hausse des impôts… Tout cela est épuisant, au final. Et, étonnement, je tombe sur un de mes textes, publié en septembre 2011, il y a à peine un an, après la publication du le rapport Duchesneau. Oui, oui, celui-là même qui se voyait le vice-premier ministre des années 2010, le Pax Plante d’un temps nouveau, le candidat de la CAQ. Où est-il aujourd’hui, incidemment? Devant ce déferlement de cynisme, de bassesse éthique, de petitesse politique me reste que l’envie de sombrer dans le désenchantement. Je vous propose de relire avec moi La Boétie, tel que je le voyais il y a à peine un an, alors que j’ai l’impression que j’ai rédigé cela il y a dix ans:   ——————   Ceux qui s’occupent d’une partie des citoyens en négligeant les autres introduisent dans la cité un mal qui doit la [...]

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Eric Hobsbawm, 1917-2012

1 octobre 2012 · Société · Ianik Marcil

On apprend que le grand historien britannique Eric Hobsbawm est décédé ce matin à l’âge de 95 ans. D’origine juive, il est né juste avant la révolution de russe d’octobre 1917, à Alexandrie, et a grandi à Vienne et à Berlin en pleine montée du nazisme. Sa famille s’est installée à Londres en 1933, alors qu’il avait 15 ans. Dès 1936, à l’âge de 18 ans, il devient membre du Parti communiste anglais. Sa vie et son œuvre seront marquées par cet engagement politique. Marxiste jusqu’à la fin, il fut durement critiqué pour cette prise de position sans compromis – en grande partie avec raison. Obnubilé par la possibilité d’une révolution prolétarienne, Hobsbawm a soit minimisé des événements marquants de l’Histoire (par exemple, la prise du pouvoir par Hitler est pour lui un fait parmi d’autres de la montée du fascisme dans l’entre-deux-guerres), soit tout simplement défendu des actes injustifiables de l’empire soviétique par son attachement inviolable au grand rêve communiste (par exemple, en justifiant la répression soviétique de 1956 en Hongrie). Ces détestables justifications ne s’expliquent toutefois pas simplement par un aveuglement nourri par sa ferveur révolutionnaire. Elles sont aussi ancrées dans ses positions historiographiques. Fortement influencé, [...]

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Déconstruisons Guy Breton

21 septembre 2012 · Humeur, Société · Ianik Marcil
9

Le recteur de l’Université de Montréal, Guy Breton, a publié un « Message du recteur » aujourd’hui sur le site de l’université, intitulé « Une rentrée hors de l’ordinaire. » Il commence par « J’ai toujours aimé la rentrée. Temps de retrouvailles, de commencement, d’appel à l’étude » et se termine par « Bonne rentrée ! » – rien de plus normal, donc, de la part d’un recteur que de souhaiter une bonne rentrée aux étudiants, professeurs et membres du personnel du campus. Sauf que pas du tout. Entre son début et sa fin, il n’y a rien de normal dans ce message du recteur. Ou peut-être que oui, finalement: la nouvelle normalité du discours managérial, asservissant, arriviste et productiviste du monde universitaire contemporain. Amusons-nous à déconstruire ce message du recteur. 1. On manifeste, donc on jase La rentrée le 1er octobre sera « hors de l’ordinaire. » On s’en doute un peu. M. Berton souligne que: Nous avons beaucoup parlé d’enseignement supérieur et d’université ces mois derniers au Québec. Et c’est une bonne chose. Je ne peux pas dire que j’ai toujours été heureux de la tournure des débats sur le rôle des universités dans notre société. Mais je pense que les universités et les étudiants qui [...]

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Détournement de fond

18 septembre 2012 · Société · Ianik Marcil
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Le PQ nouvellement au pouvoir a détourné l’attention des véritables problèmes fiscaux du gouvernement lors de la campagne électorale en concentrant ses énergies à vouloir imposer les revenus des plus riches. C’est ce que je prétendais la semaine dernière. Ma critique vise principalement le PQ parce que c’est lui qui formera le gouvernement, mais en cela, il ne se distingue à peu près pas des autres principaux partis représentés à l’Assemblée nationale. À cet égard, la lecture des événements que je faisais dans les Inrocks (« Du pareil au même ») le lendemain des élections: le PQ autant que le PLQ et la CAQ se rapprochent du centre dans une valse-hésitation visant à rallier le maximum de consensus populaire. Résultat: on édulcore les visions idéologiques et on tombe facilement dans l’opportunisme facile qui s’apparente trop souvent au populisme. L’augmentation du taux marginal d’imposition pour les contribuables les plus « riches » en est un exemple. Sous des apparences d’équité envers les moins bien nantis, elle occulte les véritables problèmes de justice fiscale. La recherche de justice fiscale ne se résume ni ne s’épuise à augmenter les taux marginaux d’imposition, ni à combattre la fraude. En gros, on pourrait dire que le combat [...]

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Abécédaire pour le temps présent

16 septembre 2012 · Humeur, Société · Ianik Marcil

Le 5 septembre dernier inaugurait le début d’une période importante pour le Québec. Après le mouvement des carrés rouge du printemps, après les casseroles, après la grève étudiante, après l’amère campagne électorale, après le résultat mi-figue, mi-raisin des élections – après tout un brassage d’idées et d’émotions, débute le véritable travail vers une transformation sociale en profondeur. J’ai été invité, à la soirée électorale du 4 septembre dernier, sur la scène du La Tulipe au Show Rouge – réunissant les principaux acteurs du mouvement printanier. J’y ai présenté, en dialogue avec Jean Barbe, un abécédaire de notre printemps. Nous visions tous les deux à souligner le chemin parcouru depuis le début de la grève étudiante en février dernier. Mais plutôt qu’un abécédaire du temps passé, je préfère y voir un abécédaire du temps présent. Ce présent que nous avons réappris à construire, jour après jour – et dont je souhaite du fond du cœur la poursuite vers un futur à la recherche du juste, du beau et du vrai. Voici donc mon abécédaire pour le temps présent, un peu potache, plein de mauvaise foi, mais aussi plein de souvenirs et d’espoir.   Aussant – parce que c’est un des seuls [...]

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Piliers démocratiques

15 septembre 2012 · Société · Ianik Marcil

Texte d’un discours que j’ai prononcé au parc Émilie-Gamelin, à Montréal, le 15 septembre 2012, dans le cadre de la Journée internationale de la Démocratie, à un rassemblement organisé par le Mouvement pour une démocratie nouvelle. Je suis étonné. Étonné, lorsque j’affirme que le fondement de notre vie en commun repose sur un idéal d’égalité, de passer au mieux pour un doux rêveur. Au pire pour un dangereux séditieux. L’égalité en 2012 est un non sens. À ce point irréaliste qu’on ne peut même pas en parler. Pourtant. Pourtant, le fondement de nos démocraties repose sur l’égalité. Les quatre piliers de la démocratie sont l’égalité devant le vote, l’égalité devant la justice, l’égalité devant l’accès au savoir et l’égalité économique. Fragilisez l’un de ces piliers et c’est l’ensemble de l’édifice démocratique qui est fragilisé. Un système électoral plus juste assure une meilleure égalité devant le vote. Réduira l’asservissement populaire étouffé à un système clientéliste et ploutocratique. Mais il n’assurera pas une meilleure démocratie à lui seul. Tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas consolidé les quatre piliers de notre démocratie, elle ne sera pas solide. Réformer le système de vote est assurément nécessaire. C’est la base. Mais ça [...]

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Hernie fiscale

11 septembre 2012 · Société · Ianik Marcil
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Maintenant qu’il est au pouvoir, mais sous la haute surveillance des deux principaux partis d’opposition, le PQ s’empressera de faire adopter des mesures qui le démarqueront de ceux-ci. Dès le premier jour, il a promis d’annuler l’essentiel de la hausse des droits de scolarité et de suspendre l’application de la loi 12. Cette déclaration ne visait rien d’autre qu’à affirmer son positionnement sur l’échiquier politique et à afficher, sans qu’il n’en coûte grand chose, la teinte progressiste de sa vision politique. Il semble clair que le gouvernement Marois s’engagera rapidement à concrétiser sa promesse de hausser l’impôt sur le revenu des contribuables gagnant plus de 130 000 $ à un taux dépassant les 50%. Même si le budget ne sera déposé qu’au printemps prochain, il semble fort probable que le PQ essaiera de capitaliser médiatiquement sur cette question dès la rentrée parlementaire. Parce qu’il semble a priori noble et juste de taxer les plus riches de la société. Or, cette mesure n’est pas progressiste, elle est populiste. Elle fait miroiter deux faussetés. En s’attaquant à un faux problème, on détourne nécessairement l’attention des véritables. La taxation poursuit deux objectifs : financer les services publics et assurer une plus juste distribution des [...]

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Le client a toujours raison

5 septembre 2012 · Humeur, Société · Ianik Marcil
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Une certaine gauche un peu fruste s’obstine à condamner en bloc notre système économique en le qualifiant de «néolibéral». Ce type de diabolisation ne mène à rien d’autre qu’à une simplification à outrance de la réalité. Car au final, elle ne nomme rien. Or, l’idéologie soutenant le système économique dans lequel nous vivons est constituée d’un ensemble complexe de partages de pouvoirs, de référents symboliques et, surtout, de discours. Parmi ceux-ci, celui qui éclaire le mieux le résultat des élections générales du 4 septembre au Québec est sans contredit l’obsession managériale. Au cours des trois ou quatre dernières décennies, le discours propre au management s’est imposé peu à peu dans toutes les sphères de l’activité humaine. Il est possible, en ce début de 21e siècle, d’affirmer sans rire que les jeunes enfants doivent développer leur leadership ou d’évaluer les coûts-avantages – financiers, émotionnels, quand ce n’est pas environnementaux – d’avoir des enfants. On ne parle pas tant d’économie dans les débats politiques: on y discute des qualités de gestionnaires des partis et élus. Les engagements électoraux ne sont pas tant des propositions de politiques économiques qu’un portefeuille de produits offerts avec les techniques marketing les plus classiques. Il serait facile [...]

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