Gabriel Nadeau-Dubois, Gérald Tremblay et la désobéissance civile

1 novembre 2012 18h22 · Jean-Félix Chénier

(Je fais du coq à l’âne à partir de notre troublante actualité politique…)

Gabriel Nadeau-Dubois (GND) vient d’être condamné pour outrage au tribunal pour avoir déclaré alors qu’il était porte-parole de la CLASSE durant le conflit étudiant :

«C’est tout à fait regrettable qu’il y ait une minorité d’étudiants et d’étudiantes qui utilisent les tribunaux pour contourner la décision collective qui a été prise. Donc, nous, on trouve ça tout à fait légitime que les gens prennent les moyens nécessaires pour faire respecter le vote de grève, et si ça prend des lignes de piquetage, on croit que c’est un moyen tout à fait légitime».

Dans le contexte des injonctions qui pesaient contre plusieurs institutions d’enseignement supérieur durant ce printemps 2012, ceci constitue, aux yeux du tribunal, un outrage… Vous savez sans doute tout ce que je pense de la judiciarisation du conflit étudiant

Disons que l’acharnement contre GND est bien mal placé. Ce dernier proposait de désobéir aux injonctions pour respecter la légitimité des votes de grèves obtenus en assemblées générales étudiantes. Il faisait consciemment appel à une forme de désobéissance civile. Ce qui choque dans le contexte actuel, c’est qu’un jeune porte-parole qui respecte les mandats de l’association qu’il représente soit puni, pendant que partout ailleurs et particulièrement à Montréal, ceux qui nous volent littéralement demeurent à l’abri sinon prennent congé aux frais des contribuables… Les vainqueurs ne sont pas nécessairement du bon côté de la morale…

Il nous faut réaffirmer que la désobéissance est parfois légitime en société. Avant même de discuter du respect des lois, il faut poser la question de la légitimité des lois et décisions. Henry David Thoreau, Gandhi et Martin Luther King ont tous démontré qu’il pouvait être légitime de désobéir à l’autorité politique. Comme GND, je considérais que les injonctions étaient illégitimes. Je crois qu’avant de les appliquer, nous aurions dû nous assurer que tous les étudiants puissent participer sereinement aux assemblées générales étudiantes qui étaient appelées à reconduire leurs mandats de grève…

Ce qui m’amène à vous parler de Gérald Tremblay et de son prochain budget comme Maire de Montréal, qui propose une augmentation moyenne de 3,3% de la taxe foncière… Suivez-vous un minimum la Commission Charbonneau? On y apprend que la ville est corrompue à presque tous les niveaux de la voirie et des travaux publics; que le parti du Maire a une double-comptabilité; que l’on se tutoie à gros bras entre Maire, Président du Comité-exécutif de la ville et patrons du grand Cartel mafieux qui surfacture au maximum pour que les fonds publics servent des intérêts  privés, ETC.

(René Lévesque dont on commémore la mort aujourd’hui, vouvoyait tout le monde lorsqu’il était en poste d’autorité, pour maintenir une distance avec la familiarité qui favorise la corruption. Et toute sa carrière se résume à celle d’un homme au service du bien commun, travaillant à l’émancipation de son peuple…)

… Soupirs !

Alors, à partir de ce billet de Simon Jodoin, on le lance cet appel à la désobéissance?

Qui se joint maintenant à ceux et celles qui refusent l’augmentation de la taxe municipale, tant que preuve n’est pas faite qu’un ménage sérieux est amorcé à la ville de Montréal ?!

Seuls dans nos coins à refuser de payer cette augmentation de taxe, nous sommes petits et faibles. Mais ensemble, dans un grand tintamarre de citoyens qui s’insurgent contre une décision illégitime, nous pouvons faire reculer le comité exécutif de la Ville de Montréal!

Désobéir. Civilement.

Je compte sur vous, voisins du web, pour diffuser cette idée, le contexte nous est favorable… et la juste cause est de notre bord!

 

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 11

  • 4 novembre 2012 · 13h34 Denis Levert

    Gabriel Nadeau-Dubois a été trouvé coupable d’ outrage au tribunal. Gandhi,Nelson Mandela et plusieurs autres ont fait pareil…et en ont bien payé le prix par plusieurs années de prison. Nous vivons dans un état de droits.
    Les étudiants qui avaient décidés d’aller suivre leurs cours en avaient le droit individuel. Le vote de l’association (Du groupe ou de la majorité) ne doit jamais nous enlever nos droits individuels.
    Vouloir excuser ou pardonner M.Nadeau-Dubois parce qu’il y a d’autres politiciens ou administrateurs évidemment criminels et encore bien pire n’enlève en rien à sa faute.
    Ce serait un peu comme de dire que celui qui se fait attraper à faire de la vitesse ne devrait pas être condamné parce qu’il y en a d’autres qui allaient probablement plus vite…mais ne se sont pas fait prendre.
    La peine de prison de M.Nadeau- Dubois (Et de ceux qui ont suivi son conseil)devrait étre proportionnelle au nombre de jours étudiants perdus par ceux qui voulaient aller en cours mais en ont été empêchés par les étudiants anarchistes qui refusaient d’accepter l’ordre de la cours.
    Les profs qui ont refusé de suivre l’injonctioin devraient être congédiés -rien de moins!

    • 4 novembre 2012 · 15h35 le calinours bienveillant

      « …Gandhi,Nelson Mandela et plusieurs autres ont fait pareil…et en ont bien payé le prix par plusieurs années de prison. »

      ton raisonnement me laisse croire tu juges légitimes les peines de prisons infligées à ghandi et nelson mandela. non mais t’es complètement crackpot ou bien quoi?

      « Le vote de l’association (Du groupe ou de la majorité) ne doit jamais nous enlever nos droits individuels. »

      combien d’années de radio poubelle doit-on écouter pour en arriver à croire pareille niaiserie?

    • 4 novembre 2012 · 18h09 Anne-Catherine Sabas

      Une sorte de dictature ? C’est ça votre idéal ?

    • 4 novembre 2012 · 20h12 Daniel Dubé

      À Denis Levert! Je suis prof.J’ai appuyé la démarche des profs qui ont donné leur soutien au mouvement étudiant. M.Levert,vous êtes pour un état de droit, dites-vous. Non!! Décidément non! Pas un état gouverné selon des règles d’une justice réelle et humaine. Vous êtes plutôt pour la raison d’état. Ce n’est pas la même chose! Votre dernière phrase dit bien le fond de votre pensée. « Les profs qui ont refusé de suivre l’injonction devraient être congédiés -rien de moins! » – Les extrémistes, les anarchistes, les réactionnaires, les perturbateurs – votre dernière phrase vous démasque – ne sont pas ceux qu’on pense. Une phrase de trop qui dit votre trop plein de violence! – Et si on suit votre raisonnement tordu mais alors là tordu comme cela est indescriptible, l’emprisonnement injustifié des plus grands (Gandhi, Mandela) etc) dans le monde justifierait l’emprisonnement JUSTIFIÉ de GND. MAIS: 1.- l’histoire a démontré que ces emprisonnements étaient l’aboutissement d’une suite d’injustices avérées 2.- Et ce n’est pas à strictement parlé cet emprisonnement qui a fait la grandeur de l’action de ces 2 illustres personnages mais bel et bien leur dignité d’homme opposée à toute forme d’injustice 3.- D’ailleurs leur emprisonnement leur donnait raison contre leurs justiciers. Enfin, comme vouloir faire de GND une figure emblématique admirée (J’allais écrire martyre) du printemps érable est loin de vos préoccupations, comment interpréter vos références à des hommes politiques admirés de tous? C’est simple. Votre vision simpliste ne visait pas à glorifier les actions d’un jeune engagé dans son temps, mais bien plutôt à gonfler vos propresraisonnements captieux. Pitoyable!

    • 4 novembre 2012 · 22h31 PatDes

      Il faut être très masochiste pour venir publier un tel texte dans une chronique pro-désobéissance. Comme un témoin de Jéhovah qui clamerait haut et fort dans une église chétrienne que sa religion est la bonne tsk tsk tsk.

      Mais je lève mon verre ce soir à votre audace! En plus je pense comme vous même si c’est impossible de faire comprendre « à eux » (les pro-désobéissance) notre point de vue: ils ne reconnaissent pas l’état de droit ni que les problèmes peuvent se résoudre DANS le système. Ils ne croient qu’à la résolution HORS système… à travers un genre de chaos. Ça leur fait du bien de s’autoriser cette désobéissance, ça les libère!

      N’allez surtout pas leur dire que la « grève étudiante » n’existe pas au sens légal, ils ne le prendront pas. Ils sont incapables de gobber que dans le fond, leur seul pouvoir, c’est le boycotte de leur cours… et non la grève, qui demanderais une convention négociée avec… leur « employeur » inexistant dans le contexte.

    • 5 novembre 2012 · 08h41 Jocelyn Carpentier

      « Le vote de l’association (Du groupe ou de la majorité) ne doit jamais nous enlever nos droits individuels.»
      Ce qui a façonné le monde du travail aujourd’hui (syndiqué ou non) ce sont les moyens de pression collectifs, surtout sous forme de grèves. Or, une bonne part des individus impliqués dans ces moyens n’étaient pas d’accord avec la majorité. S’il aurait fallu que leurs droits aient prévalu sur ceux de la collectivité, nous n’aurions pas les conditions de travail minimales que nous possédons aujourd’hui. La collectivité, c’est aussi pour le bien individuel, mais un bien individuel plus juste, plus équitable et non pas nombriliste.

      Vous dénigrez les étudiants en faveur de la grève en les qualifiant d’anarchistes. Pour moi, la véritable anarchie débute lorsque les droits de certains individus priment sur ceux de la collectivité.

      Enfin, il y a les lois et il y a la Justice. Les deux ne riment pas toujours ensemble.

  • 4 novembre 2012 · 18h58 Marjorie

    Bonjour
    Je reviens sur le commentaire précédent. Peut-être que GND est allé trop loin dans ces actions… mais il ne faut pas oublier qu’il était le porte-parole de la CLASSE. Ceci dit, il aspirait à la mentalité de ce regroupement d’asso, mais il parlait au nom de plusieurs individus, il ne parlait pas seulement qu’en son nom. Seulement, dans les leaders étudiants, c’est lui qui parlait plus fort. Dans notre belle société, il faut un bouc émissaire pour tout, le gouvernement a trouvé son bouc émissaire. Je parle de bouc émissaire, pas pour victimiser GND, mais pour dire qu’ils ont choisi GND parce qu’ils ne peuvent pas mener tous les étudiants en justice.

    Également, je crois qu’il faut défendre GND. Je ne suis pas en accord avec tout ce qu’il a rapporté, mais si nous acceptons qu’il soit puni par la justice, nous créons un préjudice. QUi sait, si nous acceptons cela, le gouvernement pourra punir plus fort le prochain qui s’exprimera!!! pour beaucoup moins!!!

    Enfin, revenons sur le sujet du texte… Effectivement, nos vrais criminelles ont les poste de pouvoirs. Et c’est ces criminels qui nous volents, nous dépouilles de notre argent, mais aussi de nos droits de citoyens!!!!! Est-ce acceptable? Pas vraiment!! Il faut agir.

  • 6 novembre 2012 · 03h17 Moi

    Le vote des assemblés étudiantes n’a pas la force/le pouvoir d’empêcher le droit à la scolarité qui est clairement dicté dans la Chartes des droits et libertés… Les étudiants ont droit d’exprimer leur opinion, ils ont droit de sortir dans la rue et de manifester mais ils n’ont pas le droit de limiter ou d’empêcher un autre étudiant d’avoir accès à ses propre droits personnels dont le droit à la scolarité… Voici la raison pourquoi GND est COUPABLE… Il pronait le non respect d’un jugement de la cours BASÉ sur les DROIT INDIVIDUEL qui sont au delà des droits des assemblés étudiantes. Point Final…

    S’il y a une manifestation pour augmenter la vitesse maximale des autoroutes à 150kph aller donc tester si la police va vous arrêter ou pas à cette vitesse… Si elle vous arrête, dite lui donc qu’il y a 50000 manifestants qui pense comme vous pour voir si ça va changer quelques chose à votre ticket.

    • 6 novembre 2012 · 10h18 Jean-Félix Chénier

      Attention, il n’y a pas de droits à la scolarité dans la Charte canadienne des droits et liberté… Par contre, il y est question des droits à la liberté d’expression et d’association… Et ces droits ont été bafoués par les injonctions…
      Voir le document : http://publications.gc.ca/collections/Collection/CH37-4-3-2002F.pdf
      Et en ce qui concerne la Charte québécoise des droits de la personne, les libertés d’association et d’expression y figurent avant les droits économiques et sociaux qui ont démontré par le passé leur justiciabilité limitée…
      Voir le document: http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/C_12/C12.HTM

      Alors, vous êtes mal informés. Le droit à la scolarité n’existe pas en soi, et s’il existe, il n’est pas au-dessus de la liberté d’association… Ce à quoi nous avons assisté lors de ce printemps québécois, c’est à une politisation et une instrumentalisation du système judiciaire…

    • 6 novembre 2012 · 12h21 Marc Sauvageau

      Les injonctions étaient basées sur le droit contractuel. Un contrat n’est pas un droit individuel de prime abord, puisqu’on peut contracter collectivement (1). Quant au droit à la scolarité, il s’agit de l’article 40 de la charte québécoise de la personne, ce droit ne s’applique qu’à l’enseignement préscolaire et aux services d’enseignement primaire et secondaire jusqu’à l’âge de 18 ans.

      1- 1378. Le contrat est un accord de volonté, par lequel une ou plusieurs personnes s’obligent envers une ou plusieurs autres à exécuter une prestation.
      Il peut être d’adhésion ou de gré à gré, synallagmatique ou unilatéral, à titre onéreux ou gratuit, commutatif ou aléatoire et à exécution instantanée ou successive; il peut aussi être de consommation.

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