En 1863, Édouard Manet suscitait la controverse avec son tableau Le déjeuner sur l’herbe. Impensable de nos jours, une œuvre jugée trop osée? Il faut croire que non!

Le salon international du design de Montréal (SIDIM) considère les oeuvres de Denis Jacques trop osées pour être présentées aux montréalais et montréalaises. La direction de SIDIM demande à Denis Jacques de présenter des tableaux moins érotiques et plus abstraits, de manière à ne pas choquer les visiteurs. Comment la co-présidente d’un salon de calibre internationnal peut-elle oser demander à un artiste de renoncer à son intégrité artistique alors qu’il est question ici de l’expression d’une dangereuse fermeture d’esprit?

Si SIDIM est conçu pour les puritains, où puis-je donc aller, moi, une femme de quarante ans qui adore l’inusité, qui ose et qui pétille? Ma fierté montréalaise en prend un coup! Est-ce donc dire qu’en 2011 le vieux surnom de ma ville tient encore la route : la ville aux cents clochers?

La représentation du corps humain est le plus grand défi qu’un artiste puisse relever et peu nombreux sont ceux qui y excellent. Denis Jacques est la figure dominante dans l’art du portrait et du nu comme en témoigne son imposant parcours ; Maître académicien à l’Académie internationnale des beaux-arts du Québec, Maître pastelliste à la Société de pastel de l’est du Canada, Membre d’honneur à l’Institut des arts figuratifs.

Madame Gadoury, épargnez-nous vos scrupules. La censure et l’art n’ont jamais fait bon ménage. Cessez de faire taire les artistes en leur demandant d’exposer du coloriage insipide. Apprenez à lire une oeuvre d’art en mesurant le talent et le savoir faire de celui qui l’a concue. Cette attitude serait bénéfique et plus respectueuse envers la clientèle de Montréal que vous percevez à travers le filtre de vos préjugés. Nous sommes des gens ouverts et cultivés.

Chantal Pépin
Directrice de la galerie Le Pépin d’Art, Laval

Partagez cette page

+ Ajouter le vôtre Commentaires 17

  • 31 mars 2011 · 17h50 Caroline Cloutier

    Je n’en reviens pas.

    Cela me déçoit beaucoup de la part d’un tel événement… d’autant plus que je serai moi-même artiste exposante au SIDIM afin de faire la promotion du Festival d’Art Contemporain que je Préside.

    En effet je suis la Présidente-Fondatrice du nouveau Festival d’Art Contemporain de Sainte-Julie qui aura lieu en juin prochain (voir le lien ci-haut). Parmis les règlements que mes exposants doivent respecter il y en a eu qui se lit comme suit: « Les oeuvres à caractère sexuel trop explicite sont interdites… »

    Je peux vous assurer que les oeuvres de M. Denis Jacques seraient acceptées à mon Festival. Elles ne me choquent nullement et sont magnifiques.

    Caroline Cloutier, artiste peintre-sculpteure
    Présidente Fondatrice
    Festival d’Art Contemporain de Sainte-Julie

  • 1 avril 2011 · 06h24 Jacques sévigny

    L’Art du modèle vivant, du culte de la beauté féminine existe de tous les temps N’enlevons pas a la femme une de ces qualitées premiere la grâce et sa douceur quelle nous livre par sa féminité

  • 1 avril 2011 · 10h26 Claire Creamer

    Le Pouvoir quel « trip » pour certaines personnes…. Décider, censurer, obliger sont des verbes qu’ils conjuguent très bien….dommage!!! À cause de gens affamés de pouvoir nous sommes lésés dans nos droits, notre liberté de penser et d’agir…..

  • 1 avril 2011 · 11h18 France Trudel

    Je connais les œuvres de Denis Jacques:lorsqu’on a admire le rendu de la peau,l’intensité du regard,le mouvement de la chevelure,on ne peut qu’admettre tout le talent de ce maître dans l’art du portrait.
    Les fameux nus? SUPERBES! On parle ici de sensualité,pas d’érotisme.Un beau corps peint avec le respect évident de la femme n’a absolument rien de choquant.Je vois fréquemment bien plus « d’erotisme » dans ces publicités que l’on retrouve placardées un peu partout,parfois grand format,pour des annonces de vêtements ou de parfums entre autres,que dans les nus de Denis Jacques.Pourtant ces filles sont habillées mais voyez ces regards langoureux,ces moues calculées,ces poses (parfois acrobatiques).L’erotisme peut exister sous plusieurs formes sournoises…
    Pourquoi les nus de M. Jacques choqueraient plus que ceux des grands classiques pour lesquels nous parcourons les couloirs des musées a travers le monde?
    La beauté du corps du corps se célèbre et Denis Jacques est un très grand maître dans cet art.

    France Trudel

  • 2 avril 2011 · 12h27 Enaiviv

    Le 2 avril 2011 Bonjour amis Québécois, ouverts au MONDE…
    C’est à propos du SIDIM (Salon international du design de Montreal).
    Je viens de lire un article sur voir.ca Gatineau-Ottawa, je ne sais pas si je peux me permettre de le commenter car j’habite en France, mais suis inscrite à voir.ca depuis le printemps 2010 et apprécie la liberté de pensée et de parole de voir.ca – Ai habité à Montréal durant 10 ans.
    (Suis sur voir.ca car je représente un artiste Marocain Berbère résidant en Andalousie depuis + de 20 ans. Voir: HAKIM l’interprète par4elements Clic sur § par4elements 24mars-24 juin. Profitez-en pour le découvrir, parler de LUI dans votre entourage et aux PROFESSIONNELS ARTS de Scène).
    Vous voyez donc que nous sommes entre artistes! JE SUIS PERSONNELLEMENT UNE ANCIENNE DES BEAUX-ARTS. Savez-vous Madame la CONSERVATRICE SIDIM, qu’aux Beaux-Arts nous étudions le nu durant des heures, homme ou femme?
    Pourquoi voulez-vous brimer cet artiste (que je ne connais pas) qui peint d’aussi belle manière? Pas tout le monde y arrive Madame, même aux Beaux-Arts: cet ARTISTE est excellent. Laissez-le tranquille…je vais vous dire: les petits gosses de 10, 12, 14 et + ans, ne vont pas venir vous demander la permission pour voir des dessins ou peintures de nus.
    Vous savez très bien que ce qui est interdit, est ce qui tente le plus.
    Moi j’ai 70 ans Madame et j’apprécie l’excellence du tableau que je vois sur Internet. Vous savez très bien que les « vieux de la vieille » raffolent de ce genre de peinture ou photos ou dessins. Moi-même, j’ai dessiné de nombreux nus. Personne ne s’en est offusqué. Et je suis catholique, comme vous (sûrement) Madame et très croyante, Madame!
    Fichez-nous la paix avec vos histoires de morale mal placée.
    Madame, je ne connais pas votre âge, mais je pense que vous êtes adulte et vaccinée, comme l’on dit. Alors si vous avez des idées encore aussi étriquées à un âge certain, c’est que vous n’avez pas beaucoup évolué.
    Désolée Madame.Il faut vous ouvrir au monde, il a changé depuis 200 ans!
    Au lieu de regarder ces tableaux avec de faux arguments et prosélitisme, admirez plutôt le travail qu’a réalisé cet artiste (que je ne connais pas, je le redis). Et si par malchance vous ne savez pas apprécier ce splendide travail, c’est que vous n’êtes pas à la bonne place. Désolée!
    E.V.A.

  • 2 avril 2011 · 13h31 Martine Larochelle

    J’aimerais ajouter ce qui suit au propos de Madame Pépin. Les visiteurs du SIDIM ne sont-ils pas confrontés quotidiennement aux horreurs humaines que nous présentent les médias? Qui s’en offusquent en disant qu’il ne faudrait plus nous les faire lire, voir ou entendre sous prétexte qu’elles sont trop osées ou choquantes pour nos sens? Laissons donc la place à la beauté quand elle passe. L’expression très sensuelle de la beauté du corps de la femme par un maître tel que Monsieur Denis Jacques est un baume pour nos sens. Permettez donc au public montréalais de s’offrir ce rare privilège et, à certain, de peut être ouvrir leurs horizons culturels.

  • 3 avril 2011 · 04h21 CHARLES Jean-Paul

    DANS VOS OEUVRES. CONTINUEZ POUR NOTRE PLAISIR ET LE VOTRE…
    (Laissons cette brave dame avec un voile noire devant les yeux)

    jpc

  • 3 avril 2011 · 11h12 Francine Grimard

    Retour à l’âge de pierre pour nous, les Montréalais (Québécois) ?

    Comment peut-on s’approprier le « droit » de décider ce que les Montréalais peuvent ou ne peuvent regarder, admirer, apprendre, s’alimenter d’une œuvre d’art ?
    En 2011, vous n’avez plus ce droit !

    Comment peut-on « censurer » une œuvre d’art exécutée par Denis Jacques, un grand maître de l’art, reconnu comme tel, par ses pairs ?
    Non, vous n’avez pas ce droit !

    N’oubliez pas qu’à l’époque de la préhistoire, les fresques illustraient l’homme et la femme nus. Aujourd’hui, ce sont toujours des corps humains nus, mais quelque chose a changé. Ayant « évolué » l’artiste professionnel y ajoute, dans un premier temps de la technique de haut calibre. Par la suite, vient la créativité de l’artiste. Il ajoute à son travail, de la sensualité, du raffinement, de la beauté, du charme, de l’émotion, en fait de la chaleur humaine que l’on peut aussi appeler du « cœur ». Pour un grand maître, c’est une source de dépassement ardu et sans relâche.

    C’est, madame, ce qu’on appelle une œuvre d’art !

    Dans la publicité entourant le SIDIM, la porte-parole clame que la créativité doit se faire connaître. Elle parle même d’éducation. « … un public instruit fait évoluer les choses plus rapidement… » Alors là… j’aimerais bien comprendre ? Ce message exprimé publiquement ne reflète pas votre refus d’interdire les œuvres d’art de Denis Jacques !

    Comme Montréalaise (Québécoise), je vous dis NON !
    Sachez que l’art ne se limite pas ! La créativité ne se censure pas ! On ne peut museler un artiste !

    Francine Grimard
    N.B. pour le bénéfice de tous les visiteurs, et par respect envers tous les artistes, j’espère que votre décision d’interdire la présentation des œuvres de M. Jacques, sera révisée.

  • 3 avril 2011 · 11h23 Francine Grimard

    désolée, 5e paragraphe veuillez lire:
    Alors là… j’aimerais bien comprendre ? Ce message exprimé publiquement ne reflète pas votre refus de présenter les œuvres d’art de Denis Jacques !

    merci d’y apporter cette correction

  • 3 avril 2011 · 14h17 Mireille Bélisle

    Bravo ! Bravo !
    Merci Mme Pépin enfin quelqu’un qui a un opinion et qui la partage avec audace.

    Félicitations au journaliste qui n’a pas eu peur de montrer la beauté de l’art en publiant une des très belle toile de Denis Jacques.

  • 5 avril 2011 · 11h59 helene leblanc

    Précision-
    J’aimerais juste préciser que les oeuvres de Denis Jaques ont été acceptées sans problème.
    C’est seulement les oeuvres de Mme Chantal Pépin qui ne l’étaient pas par la direction du SIDIM

  • 5 avril 2011 · 12h01 Marine

    Ma chère dame,

    Il ne s’agit pas ici de censure, point du tout même. Il s’agit plutôt de la liberté d’un promoteur de Salon de sélectionner les exposants selon une ligne directrice établie et selon le profil de sa clientèle.
    D’autre part, à ma connaissance, ce ne sont pas les œuvres de Denis Jacques qui ont été refusées, mais celles de Chantal Pépin. D’ailleurs nous invitons monsieur Jacques à nous présenter un dossier de participation. Le SIDIM a demandé à la galerie Pépin de présenter des œuvres autres, qui répondent mieux aux besoins des visiteurs du SIDIM, comme nous l’imaginons, la galerie Pépin d’Art sélectionne ses artistes en fonction des besoins de sa clientèle.

  • 6 avril 2011 · 10h35 gdexart

    Malheureusement encore de nos jours certains esprits tordus percoivent le nu comme etant pornographique.
    Quand le pouvoir est sous controle d’esprits reculés le progres s’arrete net.
    Quand aux 100 clochers de Montreal je les adore.
    Personnellement je deteste la fermeture d’esprit.

  • 6 avril 2011 · 20h24 Chantal Pépin

    Aux gens de Sidim,
    Je n’ai soumis aucun de mes tableaux mais, merci pour la pub! Je constate néanmoins que vous n’avez rien compris! Ce n’est pas tant le pardon de Denis Jacques que vous devriez rechercher que celui des Montréalais et des Montréalaises que vous traitez comme des gens immatures et naifs. Laissez les gens établir leur propre censure. Ils sont grands, cultivés et ils ont déjà une mère. Ils ont peut-être même envie de voir autre chose que des peintures de fleurs et de jolis coqs.
    Chantal Pépin

  • 3 mai 2011 · 17h13 xavier cazenave

    je viend de visionner quelques travaux des artistes figurants dans cet email. et personnellement en dépit de mon age 68 ans et d une formation proche de la religion, je ne vois rien de malhonnete, rien d offensant non plus aux bonnes moeurs, je vois le travail d artistes talentueux, qui nous ouvrent les yeux sur la beauté du corps féminin, en faisant ressortir la douceur, la tendresse et le reve a son meilleur.

  • 16 mai 2011 · 15h42 Caroline Bruens

    Comment juger d’une telle oeuvre, d’une telle exécution en 2011, d’une telle façon en 2011? Nous sommes fiers de Denis Jacques, maître en beaux-arts de l’Académie, nous n’avons jamais même été effleurés par la moindre pensée de censure. Si nous censurons les artistes nous vivrons dans la société que nous aurons construit et mérité…une dictature culturelle. Nous soutenons à 100% la qualité, et l’excellence du travail de maître Denis Jacques et son oeuvre parle d’elle-même. Chapeau Denis Jacques, créateur émérite. Caroline et Louis Bruens, fondateurs de l’Académie Internationale des Beaux-Arts du Québec

Ajouter un commentaire

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel

jepenseque.voir.ca, c'est la section opinions et lettres ouvertes du portail voir.ca. Nous y publions chaque semaine un texte portant sur un sujet d'actualité ainsi que des lettres de nos lecteurs. Vous pensez à quelque chose? Vous voulez le publier? N'hésitez pas à nous écrire!

jepenseque[AT]voir[DOT]ca