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Au royaume des garderies: la question qui tue

 

Rendu public hier, le rapport du Vérificateur général fait état d’un système d’octroi de permis et de places en garderies chaotique, arbitraire et dont la qualité et la sécurité de certains services destinés à des ENFANTS ne sont même pas assurées.

Bref, ce rapport confirme, à quelques détails près, ce que l’opposition officielle péquiste avance depuis des années. Dont lors du passage mémorable de Tony Tomassi au ministère de la Famille.

Ce «système» chaotique et arbitraire a donné lieu, sous la gouverne de la ministre Michelle Courchesne – aujourd’hui présidente du Conseil du trésor – à des choix impossibles à expliquer ou justifier. De quoi inquiéter bien des parents et bien des contribuables.

Qui plus est, selon le Parti québécois, sur 38 garderies privées ayant obtenu leurs permis sans avoir été recommandées par le ministère de la Famille, 25 d’entre elles étaient dirigées par des promoteurs qui, en tout, auraient versé $300 000 dans les coffres du PLQ depuis 2003.

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LA QUESTION QUI TUE: pourquoi le gouvernement Charest avait-il retiré le pouvoir d’analyse et de recommandation des projets aux comités régionaux non partisans – comme cela se faisait sous le gouvernement péquiste précédent –  pour remplacer le tout par un  système où l’arbitraire de la ou du ministre serait la règle?

Et après, on s’étonnera au gouvernement que les mots «scandale», «favoritisme» et «copinage» soient associés non seulement à la construction, mais aussi, à la garde des enfants…

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Quant au fond du problème, le vrai, voici ce qu’en écrivais ici en avril 2010:

«Le problème, c’est celui d’un gouvernement qui, depuis 2003, multiplie l’ouverture et la sous-traitance au privé dans une brochette de domaines. De la santé aux garderies, en passant par les PPP. En fait, ce sont carrément de nouveaux «marchés» que le gouvernement a ouverts ainsi pour l’entreprise privée à même les deniers publics.

On peut évidemment croire que cela ne serait qu’un choix idéologique. Et ça l’est en bonne partie, c’est certain.

Mais il semblerait aussi que pour les coffres du PLQ – lequel a amassé plus de 8 millions de dollars l’an dernier seulement-, ce choix «idéologique» ait également des avantages d’un autre ordre.

Dans la mesure où plus l’État sous-traite au privé, plus des entrepreneurs intéressés auront tendance à contribuer généreusement au parti au pouvoir. Soit en pensant, à tort ou à raison, que cela facilitera l’obtention d’un contrat ou d’un permis. Soit en contribuant après, en reconnaissance pour le contrat ou le permis. Soit en faisant les deux.  

Et il fera, soit seul comme individu. Soit aussi par des amis et membres de sa famille. Soit par l’usage connu de «prête-noms». Ou soit de toutes ces manières.

À l’intérieur de cette problématique plus large, il y aussi les questionnements qui s’accumulent à savoir si d’être «proche» du PLQ, d’une manière ou d’une autre, faciliterait également l’obtention de subventions, de contrats ou de permis?

Bref, avec ou sans Tony Tomassi, ces questionnements et ces allégations demeureront.

Il est plutôt là, le vrai problème.»

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DERNIÈRE HEURE: Et voilà qu’au lendemain du dépôt du rapport du VG, le patron de l’Unité permanente anti-corruption «songe» aussi à enquêter sur le processus d’octroi de permis des garderies, mais s’en s’y engager pour autant.

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